Art contemporain

En partenariat avec Gallery Japanesque Paris

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Avec le photographe Yasuo Kiyonaga dans les ruelles d’Hanoï

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Il possède sa propre galerie à Paris, Japanesque à Saint-Sulpice. Travaillant par séries, le photographe japonais Yasuo Kiyonaga nous entraîne cette fois-ci dans les ruelles d’Hanoï, au Vietnam… Rencontre.
Yasuo Kiyonaga, Torrent33_8449
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Yasuo Kiyonaga, Torrent33_8449, 2023

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Impression pigmentaire numérique sur papier. Japonais traditionnel Papier KYOKUSHI • 32,9× 48,3 cm • © Yasuo Kiyonaga

Yasuo Kiyonaga (né en 1948) aime la ville. Il a consacré à Paris un ouvrage entier d’images de ses rues, de ses passants, de son atmosphère si singulière, qu’il a tâché de saisir au tournant des années 2010 (Paris Sketch, 2012). Cette fois-ci, c’est à Hanoï qu’il nous mène. En plans resserrés, dans un face-à-face intime avec les ruelles les plus étroites de la capitale aux huit millions d’habitants. Un après-midi de juin, juste avant le vernissage de son exposition, le photographe nous explique : il existe à Hanoï de très nombreuses venelles, d’un mètre de large pas plus, où se pressent les Vietnamiens pour y afficher toutes sortes d’informations : offres de crédit, meubles à vendre…

Yasuo Kiyonaga, Torrent26_8248
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Yasuo Kiyonaga, Torrent26_8248, 2023

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Impression pigmentaire numérique sur papier. Papier traditionnel japonais KYOKUSHI • 32,9 × 48,3 cm • © Yasuo Kiyonaga

Arrachées au fil des jours, les affiches reviennent sans cesse, accrochées en pleine nuit par de petites mains tenaces. Elles forment sur les parois une constellation de papiers et de lettres, de déchirures fantomatiques et de traces on ne peut plus humaines. « Pour cette série, je n’ai choisi que des ruelles en dehors de la zone touristique », détaille-t-il. L’idée ? Entrer au cœur de la ville, dans son fonctionnement le plus quotidien, le moins stéréotypé possible. Le projet a débuté il y a un peu plus de trois ans, alors que Yasuo Kiyonaga était déjà à Hanoï pour saisir dans ses rues des paréidolies, c’est-à-dire des images qui naissent par illusion d’optique (il nous montre par exemple un chien apparu comme par magie dans les strates d’un mur abîmé).

Le photographe y est retourné en janvier dernier, avec l’ambition plus générale de s’imprégner des milliers d’informations qui circulent dans ses ruelles, toutes ces lettres, ces pages imprimées, collées et recollées. Un point de vue « plus neutre », dit-il, mais aussi plus plastique, qui lui a inspiré l’envie d’ajouter parfois des motifs abstraits à l’acrylique, « pour renforcer [ses] impressions » et instaurer une distance avec l’image photographique. Le Japonais a d’ailleurs rencontré sur place un photographe anglais, lui aussi fasciné par ces murs : « il faisait un travail très réaliste, alors que je voulais me rapprocher de l’abstraction, et travailler mes images de façon à rendre des effets purement visuels. »

Yasuo Kiyonaga, Torrent46_0749-2
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Yasuo Kiyonaga, Torrent46_0749–2, 2023

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Impression pigmentaire numérique et acrylique sur toile • 72,7 × 121,2 cm • © Yasuo Kiyonaga

Yasuo Kiyonaga avance en équilibriste, entre la photographie et la peinture, entre le réel et l’abstraction…

On pense un peu à Brassaï, et à ses photographies célèbres de murs couverts de graffiti. Mais l’artiste préfère se situer dans l’héritage d’Eugène Atget, ce pionnier de la photographie documentaire en France qui a immortalisé avec génie le Paris du XIXe siècle et du début du XXe siècle. « Dans ses images, je sens très fortement la présence de silhouettes, comme des sortes de fantômes… » En cela, le travail dans la ville de Yasuo Kiyonaga se rapproche de celui qu’il a pu mener dans les forêts japonaises. Souvenez-vous : il y avait travaillé durant un an, et s’était confronté aux conditions extrêmes de « reliefs souvent rudes et hostiles aux êtres humains » afin, expliquait-il, « de pouvoir entrer en contact avec les esprits de la forêt »…

Yasuo Kiyonaga, À gauche : “Torrent38_9288”. À droite : “Torrent35_8603”
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Yasuo Kiyonaga, À gauche : “Torrent38_9288”. À droite : “Torrent35_8603”, 2023

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Impression pigmentaire numérique sur papier. Japonais traditionnel Papier KYOKUSHI • À gauche : 32,9 × 48,3 cm. À droite : 32,9×48,3 cm • © Yasuo Kiyonaga

Cette fois-ci, l’environnement était moins difficile, mais il s’agissait bel et bien de pénétrer son essence, sa magie, sa présence : « sur ces surfaces, s’inscrivent 200 ans d’histoire ! » L’artiste a intitulé sa série « Torrent » pour mieux souligner le flux d’informations humaines qui coule dans les veines de la ville : « J’ai voulu traduire l’impression d’un tourbillon. » Développé sur papier japonais ou sur toile (pour les images retouchées à l’acrylique), ce nouvel ensemble nous raconte encore un rapport sensible à l’espace, associé à un besoin renouvelé d’expérimentations. Ainsi Yasuo Kiyonaga avance en équilibriste, entre la photographie et la peinture, entre le réel et l’abstraction… D’un pays à l’autre, mais avec l’envie, toujours, de capter l’esprit des lieux.

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Torrent

Du 8 juin 2023 au 22 juillet 2023

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