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Arts asiatiques

Comment Henri Cernuschi, banquier voyageur, a lancé la mode du japonisme à Paris

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Publié le , mis à jour le
C’est l’histoire d’un collectionneur passionné qui a contribué à faire éclore la mode du japonisme dans le Paris de la Belle Époque. Près du parc Monceau, le musée Cernuschi rend hommage à son fondateur dans un parcours retraçant la constitution de sa faramineuse collection de plus de 5 000 pièces au fil de voyages en Asie.
Récits écrits et entendus de jadis et maintenant (Kokon chomon jū)
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Récits écrits et entendus de jadis et maintenant (Kokon chomon jū), époque Edo, fin du XVIIe siècle, Japon

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Encre, couleurs et or sur papier • 22,5 x 16 cm • Coll. musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées

Henri Cernuschi : ce nom est familier à nombre de Parisiens qui connaissent son splendide musée installé dans un hôtel particulier, à la lisière du parc Monceau. À l’intérieur, on trouve un vaste panorama de 5 000 ans d’art asiatique. Mais connaissons-nous vraiment l’histoire des trésors du musée Cernuschi ?

Dévoilée à l’occasion du 150e anniversaire du retour d’Asie d’Henri Cernuschi (1821–1896), l’exposition « Retour d’Asie » retrace les origines du musée en revenant sur le voyage de ce grand collectionneur qui contribua à faire éclore en Europe ce qu’on appellera le « japonisme ».

Vue de l’exposition « Retour d’Asie, Henri Cernuschi, un collectionneur au temps du Japonisme »
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Vue de l’exposition « Retour d’Asie, Henri Cernuschi, un collectionneur au temps du Japonisme », 2023

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© Pierre Antoine

« J’ai amené tous ces bronzes à Paris et je les ai fait enchâsser dans une maison de l’avenue Vélasquez construite exprès. Voilà ce que je donne à la ville. »

Henri Cernuschi

Homme d’affaires italien exilé en France pour ses combats politiques et ses idées républicaines, Cernuschi a cinquante ans quand en 1871 il foule le sol de Yokohama, au Japon, en compagnie du journaliste et critique d’art Théodore Duret (1838–1927). C’est un voyage de seize mois qui commence. Il les mènera en Chine, à Java, au Sri Lanka, et jusqu’en Inde… À chaque étape, Henri Cernuschi achète quantité d’œuvres : quelque 5 500 pièces au total !

Une collection scrutée par les artistes

Portrait d’Henri Cernuschi
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Portrait d’Henri Cernuschi

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© musée Cernuschi, Paris

Très vite, le collectionneur aura à cœur de partager sa passion avec le public. À son retour, cet ensemble exceptionnel pour l’époque est exposé au palais de l’Industrie, puis à l’Exposition orientaliste, où, d’août 1873 à janvier 1874, les bronzes sont très remarqués par la critique d’art. Des artistes, comme le peintre Gustave Moreau, l e graveur Henri Guérard ou le sculpteur François Pompon, sont émoustillés par ce qu’ils découvrent et reproduisent les œuvres ou s’en inspirent… Grâce à la gravure notamment, les images du « monde flottant  » (ukiyo-e) s’impriment dans l’imaginaire [ill. en Une]. Les arts décoratifs puisent dans ce nouveau répertoire d’Asie un continent visuel qui voit émerger les céramiques de Théodore Deck ou les orfèvreries pour la maison Christofle d’Émile Reiber. Les collectionneurs suivent… C’est le moment où la vogue du japonisme déferle en France !

À gauche, « Vase deux poissons » par Émile Reiber pour Christofle et Cie en 1874. À droite, « Mañjusri (Wenshu) chevauchant un lion datant de la dynastie Ming », XV<sup>e</sup> siècle (Chine)
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À gauche, « Vase deux poissons » par Émile Reiber pour Christofle et Cie en 1874. À droite, « Mañjusri (Wenshu) chevauchant un lion datant de la dynastie Ming », XVe siècle (Chine)

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Alliage cuivreux doré, émail cloisonné, cabochons de verre coloré / Bronze doré • 39,5 × 23,4 cm ; 77,4 × 57 × 26 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris. Coll. musée Cernuschi, Paris • © RMN-Grand Palais presse / Patrice Schmidt. © Paris Musées

Visionnaire, Cernuschi verra grand. Dès 1873, tout en continuant d’enrichir son fonds avec de précieuses céramiques japonaises visibles dans l’expo, il fait construire par l’architecte William Bouwens van der Boijen l’hôtel particulier qui sert aujourd’hui d’écrin à sa faramineuse collection, avec pour ambition de léguer à la Ville de Paris un musée des Arts de l’Asie : « J’ai amené tous ces bronzes à Paris et je les ai fait enchâsser dans une maison de l’avenue Vélasquez construite exprès. Voilà ce que je donne à la ville », écrit le collectionneur.

Le 26 octobre 1898, deux ans après sa mort, le souhait d’Henri Cernuschi est exaucé : son musée ouvre au public. Depuis cet été, ce dernier a d’ailleurs retrouvé un de ses fleurons tout juste restauré, une impressionnante frise de douze mètres de long de dragons sculptés en bois, chef-d’œuvre japonais d’époque Edo (1603–1868) — un exemple rare dans toute l’Europe.

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Retour d'Asie Henri Cernuschi, un collectionneur au temps du japonisme

Du 6 octobre 2023 au 4 février 2024

www.cernuschi.paris.fr

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