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Cité de l’architecture

Comment l’Art déco français a conquis l’Amérique

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Architecture, design, arts graphiques, sculpture… À la Cité de l’architecture et du patrimoine, une exposition à la scénographie créative (surtout dans sa deuxième partie) montre comment le style Art déco français, à son apogée dans les années 1920–1930, a séduit les États-Unis, qui ont fait de ses lignes modernes le ciment du goût américain. Aperçu en images !
Carlo Sarrabezolles, Maquette d’un projet de monument à l’amitié franco-américaine (projet non réalisé), 1945-1947 : la France et les États-Unis se tenant par les épaules
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Carlo Sarrabezolles, Maquette d’un projet de monument à l’amitié franco-américaine (projet non réalisé), 1945-1947 : la France et les États-Unis se tenant par les épaules, 1947

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Amitié architecturale

Les corps de ces deux amies aux traits stylisés – allégories de la France et des États-Unis – évoquent de puissants gratte-ciels. Même si le monument n’a jamais vu le jour, cette maquette en plâtre conçue vers 1945 résume bien les liens architecturaux qui ont uni les deux nations depuis la fin du XIXe siècle. Et surtout dans les années 1920–1930, où les lignes Art déco, nées en France, se diffusent aux États-Unis après avoir ébloui les Américains lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Durant l’entre-deux guerres, de nombreux buildings de ce style, tels que le Chrysler Building (1928–1930), avec son fameux casque d’acier géométrique, y sont construits par des architectes français ou américains formés dans l’Hexagone.

Plâtre • Coll. particulière • © Cité de l’architecture et du Patrimoine / Photo Denys Vinson

Roger-Henri Expert et son collaborateur Richard Bouwens van der Boijen, Grand salon des premières classes du paquebot Normandie : perspective intérieure
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Roger-Henri Expert et son collaborateur Richard Bouwens van der Boijen, Grand salon des premières classes du paquebot Normandie : perspective intérieure, 1933-1934

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Paquebot spectaculaire

Architecture, décors peints et sculptés, meubles, vaisselle, luminaires… De l’Île-de-France (1926) au Normandie (1935), les paquebots français transatlantiques se transforment en spectaculaires ambassades flottantes du style Art déco, conçues par une armée de grands noms. En témoigne cette esquisse du grand salon des premières classes du Normandie. Aux silhouettes longilignes des passagers, dignes des dessins de mode du magazine Vogue de l’époque, répondent celles d’immenses colonnes rutilantes au design épuré. Verticalité, lignes pures et géométriques, oiseaux stylisés… L’élégance du style Art déco est ici à son comble, et sa modernité plus glamour que jamais !

© Académie d’architecture / Cité de l’architecture et du patrimoine / Centre d'archives d’architecture contemporaine

Angel Zárraga y Argüelles, La frontera septentrional de México (La frontière septentrionale du Mexique)
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Angel Zárraga y Argüelles, La frontera septentrional de México (La frontière septentrionale du Mexique), 1927

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Art déco mexicain

En 1926, le Mexique se construit à Paris une ambassade entièrement Art déco. À cette occasion, 18 toiles sont commandées au peintre muraliste mexicain Ángel Zárraga (1886–1946). Stylisation, lignes pures, symétrie, formes géométriques allongées… Cette représentation allégorique et symbolique de la frontière américano-mexicaine rend hommage à l’Art déco et au cubisme dont il s’est nourri. Une jeune Mexicaine de dos, dont les deux nattes se rejoignent, fait le lien entre un bouquet de cactus élancés et un ensemble de gratte-ciels vertigineux, scellant ainsi l’union entre les deux voisins. Une communion mystique entre nature, tradition et modernité !

Huile sur toile • © Patrimoine culturel du Ministère mexicain des Relations extérieures

Anne Carlu, “Diane Chasseresse”, modèle de décor
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Anne Carlu, “Diane Chasseresse”, modèle de décor, 1927

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Un parfum de déesse

Dès 1926, les grands magasins américains se transforment en vitrines Art déco : conçus par des architectes et designers français ou américains, leurs décors sont assortis aux robes, poudriers et autres accessoires vendus. Peint par la fresquiste Anne Carlu (1895–1972), épouse de l’architecte Jacques Carlu, ce panneau représentant une Diane chasseresse d’aspect sculptural, dont la stylisation Art déco se mêle à l’influence des maniéristes italiens, décorait ainsi le corner-écrin d’une marque de parfums français (D’Orsay) au sein du grand magasin new-yorkais Stewart & Co.

Peinture à l’huile • 158,3 x 234,9 cm • © Musées de la ville de Boulogne-Billancourt / Photo Philippe Fuzeau

Pierre Fournier des Corats, Les quatre saisons : L’hiver
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Pierre Fournier des Corats, Les quatre saisons : L’hiver, 1923–1931

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Sculpture virtuose

Au cœur de l’exposition trône un superbe ensemble de quatre sculptures en bronze (1923–1931) représentant les quatre saisons, commandées à l’artiste français Pierre Fournier des Corats (1884–1953) pour la propriété californienne d’un milliardaire américain. Chaque femme nue porte dans sa chevelure stylisée un volumineux chargement de fleurs, d’épis de blé ou de grappes de raisin. Dotée d’un regard intense, cette allégorie de l’hiver abrite un enfant frissonnant de froid et apparaît coiffée de bûches de bois changées en surprenants motifs décoratifs d’inspiration cubiste.

Coll. particulière • © Cité de l’Architecture et du Patrimoine / Photo Denys Vinson

Pierre-Emile Legrain, Coiffeuse éditée par Louis Vuitton
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Pierre-Emile Legrain, Coiffeuse éditée par Louis Vuitton, 1921

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Bijou d’ébène

Tout de bois lustré, les meubles Art déco brillent par leur netteté et leur symétrie alliant courbes pures et lignes droites. À l’image de cette coiffeuse en ébène laqué dessinée par le décorateur et ébéniste Pierre-Emile Legrain (1889–1929) pour Louis Vuitton en 1921. D’une ingénieuse simplicité, son design robuste et harmonieux en forme d’oméga renversé évoque un berceau d’inspiration africano-cubiste, tout en rappelant les meubles de la Rome antique qui avaient tant séduit le Directoire.

Placage d’ébène et laque • 152 x 130 x 52 cm • Coll. Louis Vuitton • © Louis Vuitton Malletier

Jacques Carlu, Projet d’élévation principale pour le George Rogers Clark Memorial, Vincennes, Indiana, États-Unis
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Jacques Carlu, Projet d’élévation principale pour le George Rogers Clark Memorial, Vincennes, Indiana, États-Unis, 1930

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Bâtiment solennel

Cette esquisse au crayon, fusain et lavis d’un mémorial pensé pour l’État de l’Indiana donne un bel aperçu de l’épure des créations de l’architecte français Jacques Carlu (1890–1976). Grand nom du style Art déco couronné par un prix de Rome, ce directeur de l’École américaine de Fontainebleau (créée en 1921) transforme, à son retour des États-Unis en 1935, l’ancien Trocadéro en un bâtiment solennel promouvant l’union entre les cultures françaises et américaines : le palais de Chaillot.

Crayon, fusain et lavis • 48 x 49 cm • © SIAF / Cité de l’architecture et du patrimoine / Archives d’architecture contemporaine

“The Champion”, Atlantic Coast Line Railroad, Wilmington
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“The Champion”, Atlantic Coast Line Railroad, Wilmington, vers 1939

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Bolide coloré

Follement graphique, cette lithographie colorée promeut « The Champion » : un train caréné flambant neuf au design avant-gardiste et aux tons vifs, qui a relié New York à la Floride de 1939 à 1979. L’emblème du style « paquebot » ou « Streamline », branche tardive épurée de l’Art déco qui apparaît vers 1929 et atteint son apogée à la fin des années 1930. Son mot d’ordre ? De longues lignes horizontales contrastant avec des surfaces et coins arrondis, inspirés des paquebots de croisière. La recette de nombreux bâtiments de Miami Beach !

Lithographie • © The Wolfsonian – Florida International University, Miami Beach, Florida / The Mitchell Wolfson, Jr. Collection / Photo Lynton Gardiner

Walter Dorwin Teague, Lampe de bureau en bakélite fabriquée par la Mitchell Manufacturing Company
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Walter Dorwin Teague, Lampe de bureau en bakélite fabriquée par la Mitchell Manufacturing Company, 1939

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Lampe aérodynamique

Machines à écrire, micros, carafes chromées, ventilateurs, aspirateurs aux airs de capsules spatiales… L’exposition regorge d’objets du quotidien au design Art déco qui témoignent d’un style moderne et futuriste, très influencé par les formes aérodynamiques et l’aspect rutilant des avions et véhicules dernier cri. Créée en 1939 pour la Polaroid Corporation par Walter Dorwin Teague (1883–1960), cette lampe de bureau en bakélite (un plastique spécial) et aluminium, comme coiffée d’un casque dynamique, épate avec son look ultramoderne. Un objet fantastique qui ne coûtait que 9,75 dollars !

Bakélite, aluminium, film de cellulose • © Jean Bernard Hebey, collection HIDAC

Nembhard N. Culin, “In 1939 the New York World’s Fair” – Poster
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Nembhard N. Culin, “In 1939 the New York World’s Fair” – Poster, 1937

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Affiche ultramoderne

44 millions de personnes se sont pressées à la New York World’s Fair de 1939, l’une des plus grandes expositions universelles de tous les temps. Malheureusement perturbé par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, cet événement à la gloire du « monde de demain » accueillait de nombreux pays, dont la France, qui y présentaient chacun leur pavillon. D’un graphisme ultramoderne, cette affiche témoigne du caractère futuriste des constructions, œuvres et objets présentés. Le (spectaculaire) chant du cygne de l’Art déco, et le début d’une nouvelle ère…

© The Wolfsonian – Florida International University, Miami Beach, Florida / The Mitchell Wolfson, Jr. Collection / Photo Lynton Gardiner

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Art déco France – Amérique du Nord

Du 21 octobre 2022 au 6 mars 2023

www.citedelarchitecture.fr

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