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ARLES

David Armstrong : portraits d’une jeunesse rebelle et éternelle

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Publié le , mis à jour le
À Luma, une sublime exposition rend hommage au photographe David Armstrong, proche de Nan Goldin. Une plongée saisissante dans l’underground new-yorkais des années 1980, ses fêtes et ses fantômes.
David Armstrong, David, Boston
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David Armstrong, David, Boston, Vers 1970

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Épreuve gélatino-argentique d'époque • 11 x 14 cm • © Courtesy de l'Estate de David Armstrong

Ils s’appellent Bruce, Andrew, Sharon, Nan ou Cookie… Tous ont dans les yeux ce feu qui foudroie quiconque croise leur regard – l’éclat de cette jeunesse insouciante, belle et rebelle, dont le photographe américain David Armstrong s’est fait le chroniqueur sensible. Sa première (et dernière) monographie en France avait eu lieu en 2009, à l’occasion de ces mêmes Rencontres d’Arles, alors exceptionnellement dirigées par son amie de toujours, Nan Goldin.

16 ans plus tard, tandis que la photographe s’est vue récompensée du prix Women in Motion de Kering et présente son Syndrome de Stendhal dans l’église Saint-Blaise, Luma rend hommage à son vieux copain rencontré sur les bancs du lycée, et décédé en 2014 d’un cancer du foie. Dans un sous-sol de la tour de Frank Gehry plongé dans la pénombre, les visages photographiés par Armstrong tout au long des années 1970 et 1980 irradient de lumière, tels les apôtres d’une génération en marge, assoiffée de liberté et d’excès en tout genre dans l’underground new-yorkais.

De Boston aux clubs new-yorkais

Né en 1954 dans une petite ville du Massachusetts, David Armstrong fait partie comme Nan Goldin de la Boston School, école mythique qui a vu éclore au même moment les artistes d’avant-garde Mark Morrisroe, Jack Pierson ou encore Philip-Lorca diCorcia, qui forment les Boston Five.

David Armstrong, Cookie, Bruce, Sharon, Max, et Linda, à Herring Cove, Provincetown
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David Armstrong, Cookie, Bruce, Sharon, Max, et Linda, à Herring Cove, Provincetown, 1975

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Épreuve gélatino-argentique d’époque • 8 × 10 cm • © Courtesy de l’Estate de David Armstrong

Les portraits de David Armstrong offrent une parenthèse hors du temps.

Sa trajectoire est intimement liée à celle de Goldin. À leur arrivée à New York à la fin des années 1970, ces deux inséparables partagent un même appartement. Véritables oiseaux de nuit, ils écument le Mudd Club, QG de l’underground new-yorkais dans le quartier de TriBeCa où se croisent Jean-Michel Basquiat, William S. Burroughs, Debbie Harry, les Cramps…

De sublimes clichés traversés par la mélancolie

David Armstrong, Cookie à Bleecker Street, NYC
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David Armstrong, Cookie à Bleecker Street, NYC, 1977

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Épreuve gélatino-argentique d’époque • 24 × 20 cm • © Courtesy de l’Estate de David Armstrong

Comme Nan Goldin qui ne se sépare jamais de son appareil photo, David Armstrong documente cette vie interlope bouillonnante, aux antipodes des strass et paillettes du pseudo rêve américain, et brosse le portrait d’une génération désabusée à l’insolente insouciance, bientôt fauchée de plein fouet par l’apparition brutale du sida… Mais si Armstrong saisit cette jeunesse sur le vif, il a surtout une véritable appétence pour le portrait à la chambre, comme en témoignent les dizaines de tirages en noir et blanc accrochés sur les cimaises de Luma. D’une qualité remarquable, ils sont tous d’époque.

À rebours de l’énergie et de l’urgence qui consument cette scène artistique mythique où il évolue tout en sombrant dans l’addiction, les portraits intimistes de David Armstrong offrent une parenthèse hors du temps. Le photographe fait poser ses modèles, amis et amants au regard doux et magnétique, avec un remarquable sens de la mise scène. D’une sincérité bouleversante, ses images de grand format sont foudroyantes de beauté et de mélancolie.

David Armstrong, Andrew en marin, New Haven
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David Armstrong, Andrew en marin, New Haven, 1996

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Épreuve gélatino-argentique d’époque • 20 × 16 cm • © Courtesy de l’Estate de David Armstrong

Elles dialoguent dans l’exposition avec un vaste ensemble de planches-contacts, qui démontrent l’ampleur vertigineuse de l’œuvre d’Armstrong, photographe prolifique. Dans une salle adjacente, des diaporamas (format cher à Nan Goldin) font aussi défiler d’autres visages anonymes, d’autres fêtes et autant d’excès – en couleur cette fois. Le témoignage saisissant d’un temps résolument révolu, peuplé de fantômes à la jeunesse éternelle.

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David Armstrong

Du 5 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.luma.org

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