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Irving Penn, Yves Saint Laurent, 1957
Photographie noir et blanc • © The Irving Penn Foundation / Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
Fermé pour travaux, le musée Yves Saint Laurent restera portes closes jusqu’en 2027. Mais que les piqués de mode se rassurent, on peut retrouver tout l’été le couturier aux Rencontres d’Arles, dans une foisonnante exposition présentée à la Mécanique Générale, au pied de la tour Luma. Imaginée par Simon Baker (directeur de la Maison européenne de la photographie) et Elsa Janssen (directrice du musée Yves Saint Laurent à Paris), celle-ci revient sur les liens étroits entre ce géant de la mode et la photographie.
Si mode et photographie filent aujourd’hui le parfait amour, il n’en a pas toujours été ainsi. Il existe en effet un avant et un après Yves Saint Laurent car, pendant longtemps, les grandes maisons ne voyaient guère les photographes d’un bon œil. Tout change, donc, sous l’impulsion du grand couturier qui a fait ses armes chez Dior avant de prendre les rênes de la prestigieuse maison en 1957. La même année, le jeune prodige de 21 ans au visage angélique est immortalisé par Irving Penn.
Peter Knapp, « ELLE » Robes de cocktail de la collection haute couture automne-hiver 1965 dite « hommage à Piet Mondrian »
© Yves Saint Laurent / Jeanne Lanvin-Castillo / Peter Knapp.
Lorsqu’il lance sa propre griffe en 1961 avec Pierre Bergé, Yves Saint Laurent s’entoure des plus grands : Richard Avedon, Guy Bourdin, Bettina Rheims, Paolo Roversi, Sarah Moon… Autant de noms qui défilent avec élégance sur les cimaises de cet ancien édifice industriel, offrant pour l’occasion aux visiteurs une leçon de style inédite : il s’agit en effet de la première exposition consacrée à un créateur de mode depuis la création des Rencontres en 1970.
Passionné de photographie au point de signer la préface d’Histoire de la photographie de mode de Nancy Hall-Duncan (1978), Yves Saint Laurent a tout au long de sa carrière volontiers joué les modèles face à l’objectif de photographes mythiques du XXe siècle. L’exposition fait ainsi la part belle aux portraits du créateur, qui semble toujours prendre un malin plaisir à se faire photographier, y compris au soir de sa vie lorsqu’il prend la pose pour Jean-Marie Périer, disparaissant derrière un épais rideau de velours rouge. Une image troublante en forme d’adieu à la scène.
Guy Bourdin, Modèles de la collection haute couture automne-hiver 1976 dite « Opéra-Ballets russes » pour Vogue (Paris)
Photographie en couleur • © Yves Saint Laurent / The Guy Bourdin Estate 2025 / Courtesy Louise Alexander Gallery / Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
Sans oublier le célèbre portrait réalisé par Jeanloup Sieff pour la campagne publicitaire de la première fragrance masculine de la maison : dans un subtil clair-obscur, Saint Laurent, qui n’a gardé que ses lunettes sur le nez, affiche sans complexe l’insolente beauté de son corps nu. « Je suis prêt à tout pour me vendre », déclarait le couturier, pourtant réputé pudique, qui en matière de scandale comme de coup de maître ne manquait pas de flair.
Jeanloup Sieff, Costume porté par Zizi Jeanmaire, imaginé par Yves Saint Laurent pour le spectacle « Zizi, je t’aime » à Paris en 1972
Photographie noir et blanc • © Yves Saint Laurent / Estate of Jeanloup Sieff / Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent.
Aux images incontournables, comme cette icône signée Helmut Newton immortalisant un sublime tailleur-pantalon de 1975, répondent entre autres celles plus confidentielles de Bettina Rheims, conviée à plusieurs reprises avenue Marceau par Yves Saint Laurent en lui demandant de photographier les salons d’essayages ainsi que les coulisses des défilés.
Cette dernière témoigne de l’effervescence des coulisses dans un passionnant film réalisé par Loïc Prigent, projeté à la fin de l’exposition et qui donne la parole à bon nombre de témoins de l’époque, dont Catherine Deneuve, muse de toujours d’Yves Saint Laurent. Tandis qu’au cœur du parcours s’exposent les archives de la maison à la manière d’un riche cabinet de curiosité : des centaines de documents (coupures de presse, Polaroid…) offrent une plongée vertigineuse dans l’esprit de ce créateur visionnaire, qui a définitivement réconcilié le vêtement et l’image, écrivant l’une des plus belles pages de l’histoire de la mode et de la photographie.
Yves Saint Laurent et la photographie
Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025
Mécanique générale - Arles • 33 Avenue Victor Hugo • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
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