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Francisco de Zurbarán, Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, vers 1659-1661
Huile sur toile • 119 × 100 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Lorenzo Tiepolo, Femme portant des navets et autres figures, 1773-1775
Le petit théâtre de rue de Lorenzo Tiepolo
Fils du grand Giambattista Tiepolo appelé à Madrid par le roi, Lorenzo se plaira tant dans la capitale espagnole qu’il y restera jusqu’à sa mort. Dans ses pastels sur les métiers de la rue, il fait revivre un univers de vendeurs ambulants, de femmes du peuple (les majas) et de militaires en goguette. Regards, gestes et coups d’éventails composent un langage dont nous avons perdu les clés.
Pastel sur papier • 56 × 47 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Francisco de Goya y Lucientes, L’Attaque de la diligence (détail), vers 1786-1787
Goya, populaire !
La collection compte trois beaux Goya. Celui-ci date d’une période où l’artiste, âgé de près de 40 ans et installé à Madrid depuis une décennie, a enfin réussi à se faire apprécier. Plus besoin de gagner sa vie en produisant des cartons pour la manufacture de tapisseries ! Commande de la duchesse d’Osuna, ce tableau était accroché dans sa résidence de campagne, El Capricho, où s’assemblaient les intellectuels de cette époque.
Huile sur toile • 168 × 126 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Paul Gauguin, Femmes au bord de la rivière, 1892
Gauguin à la découverte du paysage tahitien
Dix ans après avoir abandonné son emploi d’agent de change pour se consacrer à la peinture, Gauguin est au fond du trou. Sa femme et ses enfants l’ont quitté et il n’a plus le sou. En 1891, il décide d’aller chercher une nouvelle voie dans le paradis des îles. Cette toile au chromatisme vif témoigne de l’éblouissement des premiers mois de Gauguin à Tahiti.
Huile sur toile • 31,8 × 40 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Henri de Toulouse-Lautrec, La Liseuse, 1889
Une lecture « japonisante » par Toulouse‑Lautrec
Ce portrait est celui d’Hélène Vary, une jeune voisine de Toulouse-Lautrec, à Montmartre, alors âgée de 18 ans. Enthousiasmé par le « japonisme », il utilise les hachures comme les meilleurs artistes du Soleil levant, combinant différentes densités et formes. Il joue aussi avec le contraste des couleurs, comme les pointillistes, opposant des complémentaires (par exemple violet et jaune orangé).
Peinture à l'essence sur carton • 68 × 61 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Kees Van Dongen, Femme au grand chapeau, 1906
L’insolente liberté de Van Dongen
Artiste emblématique du Paris des Années folles, organisateur de fêtes costumées mémorables dans son atelier, le Hollandais Van Dongen a suivi le mouvement fauve dès le Salon d’automne 1905. Ce portrait aux couleurs brutales est un parfait exemple de ce qui choquait les bourgeois à l’époque. L’apparence très libre voire vénale de la jeune femme ajoute encore au scandale…
Huile sur toile • 100 × 80,5 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital • © ADAGP, Paris
Pablo Ruiz Picasso, Demi-nu à la cruche, 1906
Picasso classique et méditerranéen
En 1906, Picasso emmène sa compagne du moment, Fernande Olivier, en Espagne. Ils passent plusieurs semaines à Barcelone puis dans l’arrière-pays catalan, dans le village montagneux de Gósol. Séduit par les tonalités ocre du paysage, inspiré par les retables médiévaux des églises, se souvenant de la leçon d’Ingres, Picasso élabore une forme personnelle de classicisme méditerranéen.
Huile sur toile • 99,8 × 81 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital • © Succession Picasso
Amedeo Modigliani, La Rousse au pendentif, 1918
Une icône signée Modigliani
1918 : c’est la fin de la guerre mais c’est une année noire. Modigliani réalise ce portrait dans son style emblématique (visage ovale, bouche minuscule, cou de cariatide, yeux en amande) ; dans le même temps, beaucoup d’artistes meurent de la grippe espagnole. Modigliani n’est qu’en sursis : il succombera deux ans plus tard de la tuberculose…
Huile sur toile • 92 × 60 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Julio González, Daphné, 1937
Julio González : la sculpture géométrique et politique
Arrivé à Paris en 1900, González nourrit sa famille en travaillant à l’usine Renault. Virtuose de la soudure, c’est lui qui initie Picasso à ces techniques. Il crée une œuvre très personnelle que l’on peut ici lire dans un sens politique : la nymphe qui tente d’échapper à l’étreinte du dieu n’est-elle pas le Pays basque agressé par l’aviation nazie ?
Fer soudé et forgé • 163 × 73 × 36 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital
Mark Rothko, N°6 (Jaune, blanc, bleu par-dessus jaune sur gris), 1954
L’éblouissante abstraction de Rothko
Après des années de vaches maigres, Rothko est enfin reconnu comme l’un des chefs de file de l’expressionnisme abstrait, aux côtés de Pollock. 1954 est pour lui une grande année : il bénéficie d’une rétrospective personnelle à l’Art Institute de Chicago, où ce tableau, emblématique de son travail en glacis d’une vibrante luminosité, est exposé.
Huile sur toile • 240 × 151,8 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital • © 1998 Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko / ADAGP, Paris
Miquel Barceló, Lac Jaune, 1990
Barceló, organique et sauvage
Grand voyageur, le peintre espagnol, originaire de Majorque, a passé de longues saisons en Afrique (notamment chez les Dogons, au Mali), d’où il a tiré une partie de son style plein de matière et d’épaisseur. Dans cette composition de près de trois mètres, sable et latérite semblent engloutir personnages et animaux.
Technique mixte • 235 × 285 cm • Coll. & © Alicia Koplowitz - Grupo Omega Capital • © ADAGP, Paris
De Zurbaran à Rothko. Collection Alicia Koplowitz
Du 3 mars 2017 au 10 juillet 2017
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
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Mystique Zurbarán
Artiste originaire d’Estrémadure, Francisco de Zurbarán (1598–1664) a connu le succès à Séville, où il a orné maints monastères. À la fin de sa carrière, établi à Madrid, il s’est fait une spécialité de tableaux de dévotion comme celui-ci. On y reconnaît saint Jean-Baptiste vêtu d’une peau de bête, qui le protège, et le phylactère en latin qui dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés. »