Article réservé aux abonnés
Portrait contemporain de Gengis Khan, d’après le portrait du musée national du Palais à Taipei (XIVe siècle), 2023
© Chinggis Khaan National Museum / Ulaanbaatar
Venu des steppes de l’Asie centrale au XIIe siècle, Gengis Khan fut le fondateur du plus vaste empire ayant jamais existé, couvrant des territoires allant de la Chine à la Méditerranée, de la Russie à la Perse. Le château des ducs de Bretagne est parti sur les traces du conquérant pour montrer « comment les Mongols ont changé le monde » en innovant sur le plan économique, artistique, scientifique et religieux. Se dessine l’une des premières grandes mondialisations, celle qui fascina Marco Polo et fit rêver Christophe Colomb. D.B.
Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde
Du 14 octobre 2023 au 5 mai 2024
Château des ducs de Bretagne - musée d'histoire de Nantes • 4 Place Marc Elder • 44000 Nantes
www.chateaunantes.fr
Divinité Indienne Adi Lakshmi, début du XXe siècle
Reproduction photographique, tissus, perles, paillettes et fil doré • 54,2 × 39 cm • © Musée du quai Branly – Jacques Chirac / Photo Pauline Guyon
Bollywood ! La simple énonciation de ce mot, qui désigne l’industrie du cinéma musical indien basée à Bombay, donne envie de se dandiner, de danser, de chanter. Exporté dans le monde entier (à raison désormais de plus de 1 500 films par an) et au cœur d’un star-système qui a fait des interprètes de véritables icônes, ce genre dominant suscite une ferveur impressionnante. Le Quai Branly revient aux racines de cet incontournable de la culture indienne pour dérouler le fil de son épopée, des spectacles de conteurs, avec le théâtre d’ombres et les lanternes magiques mettant en scène dieux de la mythologie et figures princières, héros éternels des blockbusters populaires, jusqu’aux giga-productions historiques qui offriront au 7e art indien ses plus beaux succès. En bouquet final, un dispositif d’écrans géants diffusant des scènes cultes. D.B.
Bollywood Superstars. Histoire d'un cinéma indien
Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024
Musée du quai Branly - Jacques Chirac • 37, quai Branly • 75007 Paris
www.quaibranly.fr
Anonyme, Aquamanile : griffon ailé, vers 1425–1450
Cuivre doré • 35 × 32 cm • Coll. du Département des Objets d’art du Moyen-Âge, de la Renaissande et des temps moderne, musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Photo Jean-Gilles Berizzi
Êtres marginaux surnaturels dotés de pouvoirs magiques, ils incarnent depuis la nuit des temps les peurs collectives, les cauchemars individuels et l’ambiguïté du monde. Les dragons, griffons, chimères, sphinx, licornes, phénix et autres créatures fantastiques prennent d’assaut le Louvre-Lens pour écrire une histoire de l’art effrayante, de la Préhistoire à nos jours, de la Mésopotamie à la Chine, des mythes grecs aux jeux vidéo en passant par les cabinets de curiosités européens et les récits de la littérature fantasy. Une galerie d’épouvante réjouissante pour sublimer ses pires angoisses. D.B.
Animaux fantastiques
Du 27 septembre 2023 au 15 janvier 2024
Musée du Louvre-Lens • 99 Rue Paul Bert • 62300 Lens
www.louvrelens.fr
Pierre-Henri de Valenciennes, Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 de J.-C. sous le règne de Titus, 1813
Pompéi, une sublime leçon
Que sommes-nous face aux forces de la nature ? En 1748, les premières fouilles permettent de découvrir les vestiges de Pompéi et l’histoire de cette ville ensevelie par l’éruption du Vésuve en l’an 79, offrant une terrible leçon d’humilité à l’humanité. L’événement inspire aux artistes tels Pierre-Henri de Valenciennes (1750–1819) des toiles grandiloquentes qui répondent à la vogue du « sublime », cette théorie esthétique selon laquelle le plaisir se mêle à la terreur engendrée par une catastrophe. Ici, bateaux et édifices disparaissent dans des nuages de fumée tandis qu’au premier plan, le savant Pline l’Ancien meurt asphyxié pour avoir voulu observer de trop près l’éruption.
Huile sur toile • 148 x 196cm • Toulouse, Musée des Augustins • © Mairie de Toulouse, Musée des Augustins. Photo Daniel Martin
Que disent les ruines de nos sociétés ? Et de notre rapport à la mémoire ou à l’oubli ? Pourquoi telle ruine (du latin ruina, qui signifie « écroulement, désastre, décombre ») sera-t-elle érigée en monument alors que telle autre ne suscitera aucune émotion ? Et pourquoi certaines civilisations écartent-elles de leur mémoire tout vestige monumental ? Cette très ambitieuse exposition propose une vaste réflexion à travers les civilisations et les siècles – jusqu’à aujourd’hui –, sur la fascination qu’ont toujours exercée les vestiges, au point qu’ont été élaborées une esthétique et une poétique des ruines, cela dès l’Antiquité. Un flot d’images donc, mais aussi un voyage thématique entre mémoire et oubli, nature et culture, matériel et immatériel, présent et futur… destiné à interroger, aussi, notre propre rapport à cette fascination-répulsion pour les formes tangibles de la destruction. S.F.
Formes de la ruine
Du 1 décembre 2023 au 3 mars 2024
Musée des Beaux-Arts de Lyon • 20, place des Terreaux • 69001 Lyon
www.mba-lyon.fr
Albrecht Dürer, Némésis (« La Grande Fortune »), 1501–1502
Burin sur cuivre, papier • Coll. Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris • © CC0 Paris Musées / Petit Palais
C’est en grande partie à l’historien de l’art et collectionneur Eugène Dutuit (1807–1886) que revient le mérite d’avoir réuni bon nombre de ces belles feuilles qui font aujourd’hui la fierté des collections du Petit Palais. Il en rassembla plus de 12 000, prodigieux corpus complété par la suite, notamment grâce à l’initiative d’un conservateur, Henry Lapauze, qui ouvrit en 1908 un musée de l’estampe moderne au sein de l’établissement, y agrégeant tous les grands noms de cet art ô combien exigeant apparu au XVe siècle. Ils sont donc tous là, Schongauer, Dürer mais aussi Goltzius et Rembrandt, Raimondi et Callot, sans oublier Goya, Bracquemond ou Toulouse-Lautrec. Un magnifique festival de noirs. S.F.
Trésors en noir et blanc
Du 12 septembre 2023 au 14 janvier 2024
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Claude Gillot, Les Deux carrosses, vers 1707
Huile sur toile • 120 × 160 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Wikimedia Commons
À trop vivre dans l’ombre, on finit par s’obscurcir… Tel est le triste destin du brillant Claude Gillot (1673–1722), maître d’Antoine Watteau, à qui il apprit à peindre les sujets de la comédie italienne avant que celui-ci ne l’occulte totalement… Fruit de longues années de recherches, cette exposition permettra de mieux connaître le mystérieux Gillot, grâce à un important travail mené sur ses dessins et gravures. Car sa peinture est rare – moins d’une dizaine d’œuvres au total. On disait jusqu’à présent qu’elle était plus sèche et moins poétique que celle de Watteau. Le public jugera sur pièces. S.F.
Claude Gillot
Du 8 novembre 2023 au 26 février 2024
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Vincent Van Gogh, L’Église d’Auvers-sur-Oise, vue du chevet, 1890
Huile sur toile • 93 × 74,5 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Blockbuster assuré pour le musée d’Orsay avec cette exposition consacrée aux derniers mois de la vie de Vincent Van Gogh (1853–1890), conçue en collaboration avec le musée d’Amsterdam où elle était présentée cet été. Soit les quelques jours au cours desquels le peintre retrouva un peu de sérénité après les crises incessantes subies à Arles. Deux mois dans la campagne près de Paris pour se rapprocher de son frère Théo avant de sombrer à nouveau, sans retour cette fois. Cette période de créativité nouvelle fut toutefois marquée par une profonde tension psychique que le docteur Gachet, médecin mais aussi ami des artistes, tentera en vain de juguler. Installé à l’auberge Ravoux, au cœur du village, Van Gogh produira entre mai et juillet 1890 pas moins de 73 tableaux et 33 dessins, dont plusieurs chefs-d’œuvre tels que l’Église d’Auvers-sur-Oise ou encore Champ de blé aux corbeaux. Une quarantaine sont réunis de manière exceptionnelle pour cet événement, à réserver d’urgence. S.F.
Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois
Du 3 octobre 2023 au 4 février 2024
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Robert Delaunay, Hommage à Blériot, 1914
Huile sur toile • 46,7 × 46,5 cm • Coll. Musée de Grenoble • © Ville de Grenoble, Musée de Grenoble / Photo J.L. Lacroix
Attention au syndrome de Stendhal lorsque vous découvrirez la nouvelle proposition du Petit Palais, déferlante d’œuvres iconiques de la modernité (500 au total) signées Sonia et Robert Delaunay, Marcel Duchamp, Max Ernst, Fernand Léger, Tamara de Lempicka, Modigliani, Picasso, Man Ray, Kees van Dongen – pour ne citer qu’eux –, et autres créations venues de divers horizons, tenues Paul Poiret, automobiles et même un avion du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget ! Après « Paris romantique » et « Paris 1900 », le musée renoue avec l’exposition-spectacle pour faire de la scénographie une fête et célébrer la capitale française de la Belle Époque aux Années folles. Ce défilé époustouflant parcourt deux décennies d’innovations technologiques et artistiques, marquées par le scandale Fauve au Salon d’automne, l’érotisme du Sacre du printemps de Nijinski, les performances de Joséphine Baker, la folie des grandeurs de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels et les nouvelles silhouettes de la mode, symboles de l’émancipation féminine. D.B.
Le Paris de la modernité (1905-1925)
Du 14 novembre 2023 au 14 avril 2024
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Amedeo Modigliani, Portrait de Paul Guillaume, 1916
Huile sur toile • 81 × 54 cm • Coll. Museo del Novecento, Milan • © Museo del Novencento, Milan / photo Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Mauro Magliani
Figure de la bohème, artiste inclassable à la santé fragile, aux amours tumultueuses et à la vie scandaleuse – ses nus sont censurés en 1917 pour atteinte à la pudeur –, l’Italien Amedeo Modigliani (1884–1920) arrive à Paris en 1906, où il se lie d’amitié avec Max Jacob, Apollinaire, Cendrars puis Utrillo et Soutine, ses plus fidèles soutiens. En 1914, il fait une autre rencontre décisive en la personne de Paul Guillaume, qui devient son premier marchand et s’attachera à diffuser son œuvre en France et aux États-Unis après sa mort dans les années 1920. Le musée de l’Orangerie, qui conserve la majeure partie de la collection constituée par Paul Guillaume, se penche sur les liens unissant les deux hommes et éclaire l’œuvre de Modigliani à la lumière de leurs échanges féconds. D.B.
Amedeo Modigliani. Un peintre et son marchand
Du 20 septembre 2023 au 15 janvier 2024
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
Jeanne Lanvin, Dessin à la gouache Collection « Sport Hiver 1928 »
© Patrimoine Lanvin
On aurait tendance à les opposer, mais la mode et le sport partagent une même obsession : le corps, ses possibilités, son dépassement. À l’occasion des Jeux olympiques 2024, le musée des Arts décoratifs retrace leur histoire commune de l’Antiquité à nos jours et montre comment ils participent des mêmes enjeux sociaux. Pour ce, il fallait voir les choses en grand. Près de 450 vêtements et accessoires, photos, vidéos, peintures, sculptures, affiches et documents racontent l’évolution de la tenue sportive et son influence sur la mode, avec en tête du podium les tenues des pionniers Jean Patou, Jeanne Lanvin, Elsa Schiaparelli, suivis, pour la course de relais, de pièces iconiques tels le polo Lacoste et le maillot jaune du Tour de France, et, pour un sprint final, les logos et baskets sportswear d’aujourd’hui, stars des défilés portés par des champions sportifs devenus égéries des marques de luxe. D.B.
Mode et sport, d'un podium à l'autre
Musée des Arts décoratifs
Du 20 septembre 2023 au 7 avril 2024
Adresse : 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Henri Matisse, Costume de scène pour les Ballets russes, première représentation donnée le 2 février 1920
Tissu • © Patricia Schwoerer / rgmparis
Créateur de mode et styliste emblématique des années 1980–1990 avec ses robes sculpturales magnifiant le corps féminin, Azzedine Alaïa (1935–2017) fut aussi un collectionneur passionné, grand connaisseur de l’histoire du prêt-à-porter et de la haute couture. Le Palais Galliera se penche sur cette facette méconnue du couturier en révélant pour la première fois une sélection des quelque 20 000 vêtements, costumes et accessoires accumulés tout au long de sa vie. Où l’on retrouve les créations de Balenciaga, Lanvin, Dior, Patou et nombre de ses contemporains tels Jean Paul Gaultier, Alexander McQueen, Thierry Mugler et Comme des garçons qui, chacun à leur manière, surent comme lui bouleverser les codes de la planète mode. D.B.
Azzedine Alaïa, couturier collectionneur
Du 27 septembre 2023 au 21 janvier 2024
Palais Galliera - Musée de la Mode de la Ville de Paris • 10, Avenue Pierre 1er de Serbie • 75016 Paris
palaisgalliera.paris.fr
Illustration de Joann Sfar pour l’affiche de l’exposition « Joann Sfar – La vie dessinée » au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, Paris, 2023
© 2023, Joann Sfar
Dessinateur compulsif depuis plus de trente ans, réalisateur de films (biopic sur Serge Gainsbourg ou adaptation d’un livre de Sébastien Japrisot, la Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil), Joann Sfar s’est fait connaître avec son célèbre Chat du Rabbin, récit éclairant sur la culture juive, son fantastique Petrus Barbygère, ses Grand et Petit Vampire, des bandes dessinées pleines d’humour et de tendresse qui donnent à penser. Le Mahj s’immisce dans la tête du créateur et dévoile une sélection de planches et dessins ainsi que des carnets, photographies et films, soulignant ses thèmes de prédilection : l’enfance, l’amitié, la littérature, la sexualité, le rapport au corps. D.B.
Joann Sfar. La vie dessinée
Du 12 octobre 2023 au 12 mai 2024
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme • 71 Rue du Temple • 75003 Paris
www.mahj.org
Sophie Calle, Tu les as bien eus !, 2018
Tirage argentique en noir et blanc, cadre argent et boîte en noyer • Coll. particulière • © Sophie Calle ADAGP 2023, Paris
Que vient donc faire Sophie Calle chez Picasso ? Pourquoi demander à l’une des artistes les plus libres de ce temps de célébrer le monstre Minotaure ? Comptons sur sa désobéissance pour n’en faire qu’à sa tête en investissant la totalité des quatre étages de l’Hôtel Salé où elle y déménage sa maison. Pour le cinquantième anniversaire de la mort de l’artiste, célébré partout dans le monde, l’inventive plasticienne promet de faire « sans LUI […]. Les mots de ma mère se frayent un chemin, le syndrome d’imposture dans leur sillage, dévoile-t-elle. Lors d’un vernissage au musée d’Art moderne, à New York, découvrant mes œuvres entre celles de Hopper et de Magritte, elle s’était exclamée : « Tu les as bien eus ! » Cette fois, je l’imagine chuchoter : « Pourquoi toi ? » » Parce qu’elle, justement, saura construire à partir des souvenirs qui émaillent le musée un de ces récits tout personnels dont elle a le secret. Bref, une rétrospective délurée de pique-assiette. E.L.
Sophie Calle. À toi de faire, ma mignonne
Du 3 octobre 2023 au 7 janvier 2024
Musée national Picasso - Paris • 5, rue de Thorigny • 75003 Paris
www.museepicassoparis.fr
Gilles Aillaud, La Cage aux lions, 1967
Huile sur toile • 200 × 250 cm • Courtesy Loevenbruck, Paris • © Photo Fabrice Gousset
Il s’est rêvé un temps philosophe. Il a finalement choisi la peinture, mais dans ses rayonnements les plus spirituels. Ce qui lui a longtemps valu d’être sous-estimé. D’autant plus que Gilles Aillaud avait choisi, comme truchement de ses idées, le vocabulaire animalier. Pourquoi peindre uniquement des animaux ? « Parce que je les aime », se contentait-il d’avouer. Lions, hippopotames, serpents, otaries, il en dresse le portrait le plus souvent en cage. Le zoo comme parabole de notre rapport aux écosystèmes ? Il fallut attendre sa mort, en 2005, et l’émergence d’une conscience écologique nouvelle pour que cette image soit enfin regardée et entendue. Car, rappelle Didier Ottinger, commissaire de cette rétrospective attendue, « laissant croire qu’il représentait des animaux, c’est notre relation à la nature qui s’impose comme son seul et véritable sujet ». E.L.
Gilles Aillaud. Animal politique
Du 4 octobre 2023 au 26 février 2024
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Mike Kelley, Kandors Full Set (détail), 2005–2009
Technique mixte • dimensions variables • Coll. Pinault, Paris • © Mike Kelley Foundation for the Arts / Photo Fredrik Nilsen
Sans doute l’un des artistes les plus influents de sa génération. L’un des plus énigmatiques aussi ! Cette rétrospective conséquente donne à voir toute la richesse de la pratique du Californien. Performance, musique, dessin, peinture, sculpture, installation, photographie ou vidéo, Mike Kelley a servi le tout de son esprit volontiers provocateur et d’un zèle punk prompt à abolir toutes les hiérarchies – entre les cultures high et low, entre l’icône et le quidam, entre la fiction et la réalité. Clou de l’exposition, la réunion de sa série des Kandor Cities, inspirées par la cité natale de Superman. E.L.
Mike Kelley
Du 13 octobre 2023 au 19 février 2024
Bourse de Commerce - Pinault Collection • 2 Rue de Viarmes • 75001 Paris
www.boursedecommerce.fr
Mark Rothko, N° 9/N° 5/N° 18, 1952
Mark Rothko, No. 9/No. 5/No. 18, 1952
Huile sur toile • 294,6 × 232,4 cm • Coll. particulière • © 1998 Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko, ADAGP, Paris, 2023
Peintre de la lumière dans ce qu’elle porte d’ombres, Mark Rothko composa chaque toile comme une épiphanie. Celui qui cherchait à « mettre en scène une attente », selon les mots de la critique d’art Dore Ashton, promet d’illuminer notre automne avec cette rétrospective qui fera date – la première à Paris depuis celle du musée d’Art moderne en 1999. Venues de la National Gallery of Art de Washington, de la Phillips Collection ainsi que de la famille de l’artiste, quelque 115 toiles mettent en scène un merveilleux mirage. Le panorama promet d’être époustouflant, des premières scènes de métro, qui n’ont pas encore renoncé à la figuration, dans les années 1940, aux chefs-d’œuvre de lumière noire des dernières années. Car le New-Yorkais à l’âme slave avait laissé peu à peu l’obscurité gagner son œuvre, jusqu’à la série réalisée pour le Seagram Building de New York vers 1968. Conservée à la Tate Modern de Londres, en une salle qui tient du temple, elle fera exceptionnellement le voyage. Le cœur d’une déflagration pour le visiteur. Comme Rothko le clamait, « la peinture doit être pour l’artiste, comme pour quiconque s’y confronte, une révélation, la résolution inattendue et sans précédent d’un besoin éternellement familier ». E.L.
Mark Rothko
Du 18 octobre 2023 au 2 avril 2024
presse.fondationlouisvuitton.fr
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Viviane Sassen, « DNA », de la série « Lexicon », 2007
Photographie • © Viviane Sassen et Stevenson (Johannesburg / Cape Town / Amsterdam)
La photographie de mode, c’est un peu son « laboratoire » : le terrain de jeu où l’artiste néerlandaise peut pousser à l’extrême la liberté de son imaginaire. Mais au-delà de ses commandes pour Adidas ou Stella McCartney, Vivian Sassen investit toutes sortes de pratiques : peintures, collages et vidéos, qui ont suscité l’engouement de la biennale de Venise ou des Rencontres de la photographie d’Arles. La MEP dévoile la richesse de sa création, à travers ses séries les plus célèbres comme Umbra ou Parasomnia, étonnantes mises en scène d’une Afrique surréalisante qui l’ont fait connaître en 2010. E.L.
Viviane Sassen
Du 18 octobre 2023 au 11 février 2024
Maison européenne de la photographie - Paris • 5/7 Rue de Fourcy • 75004 Paris
www.mep-fr.org
André Kertész, 1er janvier 1972 à la Martinique
Tirage argentique d’époque • Coll. BnF, département des Estampes et de la photographie, Paris • © BnF, département des Estampes et de la photographie / © RMN-Grand Palais – Gestion des droits d’auteurs
Deux points de vue formalistes posés sur les somptueuses collections photo de la BnF. Le premier, « Épreuves de la matière », rappelle comment les artistes contemporains se sont attachés à analyser la matière même de l’image, du grain argentique au pixel ; comment ils ont joué des émulsions et des supports papier, voire hybridé la photo de dessins ou de sculptures. En parallèle à ce panorama riche d’œuvres de William Eggleston, Philippe Gronon ou Valérie Belin, l’institution propose un voyage au gré de cent cinquante ans de noir et blanc, avec trois cents tirages de Nadar, Man Ray, Ansel Adams, Diane Arbus, Mario Giacomelli ou Daidō Moriyama, maîtres absolus des ombres et lumières… E.L.
Épreuves de la matière
Du 10 octobre 2023 au 4 février 2024
BnF • Quai François Mauriac • 75013 Paris
www.bnf.fr
Noir et blanc – Une esthétique de la photographie
Du 12 novembre 2020 au 1 février 2021
Pendant la période de couvre-feu, le musée fermera tous les jours à 20h.
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
Nicolas de Staël, Le Concert, 1955
Huile sur toile • 350 x 600 cm • Coll. Musée Picasso, Antibes • © Nicolas de Staël, ADAGP 2023, Paris / Musée Picasso, Antibes / ADAGP Images
Vingt ans après la rétrospective du Centre Pompidou, le musée d’Art moderne de Paris pose un nouveau regard sur l’œuvre de Nicolas de Staël (1913–1955), cherchant à embrasser toutes les facettes de sa création, à travers ses incontournables peintures telles que le Concert, Parc des Princes, Nu bleu, mais aussi une majorité de tableaux inédits en mains privées. L’autre grande révélation du parcours concerne le Staël dessinateur, dont seront montrés études, croquis synthétiques pris sur le vif et des œuvres graphiques qu’il considérait comme une fin en soi. D.B.
Nicolas de Staël
Du 15 septembre 2023 au 21 janvier 2024
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Cecil Beaton, Portrait de Gertrude Stein, vers 1936
Photographie en noir et blanc • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Cecil Beaton / Centre Pompidou MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Photo Georges Meguerditchian
« Un écrivain devrait écrire avec ses yeux et un peintre peindre avec ses oreilles »… Voilà qui résume bien l’intense dialogue entre la mécène et poétesse Gertrude Stein et Pablo Picasso, cœur de sa collection. Digressant autour du cubisme de l’un et l’autre, en peinture et littérature, l’exposition fait aussi une large part à leur postérité, convoquant des figures de l’art, de la poésie ou de la musique, tels John Cage, Robert Rauschenberg, Merce Cunningham ou encore Félix González-Torres, ainsi que la descendance théâtrale de Gertrude Stein avec le Living Theater. E.L.
Gertrude Stein et Pablo Picasso. L'invention du langage
Du 13 septembre 2023 au 28 janvier 2024
Musée du Luxembourg • 19, rue de Vaugirard • 75006 Paris
museeduluxembourg.fr
Retrouvez plus d'expos à voir cet automne dans le dernier numéro de Beaux Arts Magazine actuellement en kiosque
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique