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Irène Zurkinden, peintre des avant-gardes enfin révélée dans une exposition

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Publié le , mis à jour le
Proche des cercles parisiens d’avant-garde, en particulier des surréalistes, Irène Zurkinden (1909–1987) a pourtant cultivé un style très personnel, teinté d’impressionnisme. La galerie Raphaël Durazzo, à Paris, sort de l’oubli cette artiste singulière, qui a passé sa vie entre la France et la Suisse.
Irène Zurkinden, Autoportrait (détail)
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Irène Zurkinden, Autoportrait (détail), 1947

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huile sur carton • 35 x 27 cm • © Irène Zurkinden

Irène Zurkinden, ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose et c’est bien normal : il fait partie de ces (trop) nombreux noms féminins des avant-gardes injustement tombés dans l’oubli. Fort heureusement, la galerie Raphaël Durazzo remet en lumière le parcours de cette artiste singulière, proche des surréalistes mais qui a toutefois préféré faire bande à part.

Née à Bâle en 1909 d’un père douanier et d’une mère professeure de danse, la jeune Irène s’est un temps imaginée styliste avant de finalement se consacrer pleinement à la peinture. Ses premiers pas d’artiste la mènent à l’École des arts et métiers de Bâle – un environnement peu perméable aux nouvelles idées des avant-gardes.

À Paris, des débuts avec les surréalistes

Une bourse en poche, elle rejoint Paris en compagnie de son amie d’enfance : une certaine Meret Oppenheim ! En parallèle de ses cours à l’Académie de la Grande Chaumière, Irène Zurkinden fréquente les surréalistes, se prête à des séances de pose face à l’objectif de Man Ray qui fige son air lointain et rêveur.

Irène Zurkinden, Sans titre
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Irène Zurkinden, Sans titre, non daté

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huile sur toile • 24 × 14 cm • © Irène Zurkinden

En marge de la bande à André Breton, Irène Zurkinden cultive sa liberté et une certaine singularité. Toute sa carrière, elle restera fidèle à un style aux accents impressionnistes, tout comme à sa palette presque exclusivement composée de tons neutres – des bruns chauds et des beiges délicats, parfois réhaussés de bleu, de rose poudré ou de rouge. Des hauteurs de Belleville à la gare de l’Est, la capitale lui inspire de nombreux paysages urbains. Sa touche enlevée capte inlassablement les mouvements des passants, des métros et des bateaux le long de la Seine.

Une œuvre prolifique tombée dans l’oubli

Mais là où Irène Zurkinden excelle le plus sans doute, c’est dans la représentation de scènes intimes troublantes, comme toujours nimbées d’un voile mystérieux : une chambre d’hôtel silencieuse, une amante alanguie… Autant de motifs que l’on retrouve dans ses dessins à l’encre, où son trait se fait tantôt fin et souple, tantôt plus dense et nerveux, comme lorsqu’elle se représente nue, étendue sur un lit au pied duquel se tient Kurt Fenster, jazzman métis d’origine germano-brésilienne rencontré en 1936, avec qui elle aura deux enfants.

Vue de l’exposition « Irène Zurkinden. Parisienne »
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Vue de l’exposition « Irène Zurkinden. Parisienne », 2024

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© Irène Zurkinden

De retour en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, Irène Zurkinden s’investit dans le collectif d’artistes antifascistes Gruppe 33, et prend part à leurs expositions. Commandes d’illustration pour des livres, réalisations de décors pour le spectacle vivant : Irène Zurkinden travaille sans relâche les décennies suivantes, mais expose finalement très peu. En 1986, soit un an avant sa disparition, son œuvre est distinguée par la ville de Bâle, avant de finalement tomber peu à peu dans l’oubli… Jusqu’à aujourd’hui !

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Irène Zurkinden. Parisienne

Du 1 février 2024 au 23 février 2024

www.raphaeldurazzo.com

Retrouvez dans l’Encyclo : Surréalisme

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