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Petit Palais

Itō Jakuchū, oiseau rare de la peinture japonaise

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Fou de la nature et des oiseaux en particulier, Itō Jakuchū (1716–1800) a développé à Kyōto un style très personnel, indépendamment des écoles de peinture. Le Petit Palais accueille son grand œuvre : un ensemble de trente rouleaux intitulé Royaume coloré des êtres vivants. Un prêt exceptionnel à plus d’un titre.

Bienvenue dans le monde merveilleux d’Itō Jakuchū, peintre japonais de l’ère Edo (1603–1867) à découvrir au Petit Palais pour une première exposition européenne. Le musée parisien dévoile son chef-d’œuvre le Royaume coloré des êtres vivants, soit trente rouleaux suspendus réalisés entre 1757 et 1766 que ce fervent bouddhiste offrit au grand temple de Kyōto, alors capitale impériale du Japon. Un ensemble exprimant l’énergie vitale de la faune et de la flore et qui témoigne de l’originalité de cet autodidacte passionné de peinture depuis son enfance.

1. Un maître de l’illusion

La virtuosité de Jakuchū est à son zénith avec ce phénix tout en courbes sensuelles dont la robe blanche fut, dès sa création, comparée à de la dentelle. Chaque plume est dessinée d’un trait de pinceau qui ne permet aucun repentir. Leurs effets lumineux semblent produits par des rehauts à la feuille d’or, mais c’est une feinte ! Jakuchū a eu la bonne idée d’apposer une couleur ocre sur certaines zones au verso de la soie pour une illusion parfaite.

Itō Jakuchū, Phénix blanc et pin ancien [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »]
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Itō Jakuchū, Phénix blanc et pin ancien [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »], 1766

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Encre et couleurs sur soie • 142 × 80 cm • Coll. & © Sannomaru Shozokan, Agence de la Maison impériale

2. Un observateur du quotidien

Cette composition surchargée et dynamique met en scène les coqs que Jakuchū possédait et dont il étudiait au quotidien les mouvements. Leurs attitudes agressives et les plumes manquantes à la queue de certains pourraient indiquer qu’il s’agit de coqs de combat. Tous regardent vers l’extérieur de l’image à l’exception d’un seul (en bas, au milieu) qui fixe le spectateur, comme s’il était le seul à avoir remarqué sa présence. Pas un coq n’est semblable à l’autre pour souligner que chaque être vivant est unique et possède sa propre beauté.

Itō Jakuchū, Volaille [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »]
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Itō Jakuchū, Volaille [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »], 1759

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Encre et couleurs sur soie • 142 × 80 cm • Coll. & © Sannomaru Shozokan, Agence de la Maison impériale

3. Une pointe de fantaisie

Avec poésie, Jakuchū plonge ses contemplateurs dans l’univers marin, lui donnant la sensation de se retrouver dans la même dimension liquide que tous ces poissons. L’artiste utilise la technique picturale de la réserve (dont le principe est d’exploiter le fond neutre de la soie pour simuler l’eau) et crée mouvement et vitalité par petites touches. Et laisse libre cours à sa fantaisie, avec ce bébé poulpe accroché à un tentacule de sa mère.

Itō Jakuchū, Poissons [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »]
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Itō Jakuchū, Poissons [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »], vers 1765–1766

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Encre et couleurs sur soie • 142 × 80 cm • Coll. & © Sannomaru Shozokan, Agence de la Maison impériale

4. En quête de vérité

C’est un travail d’orfèvre, celui d’un grand observateur qui a scruté la nature pour en restituer la profonde vérité. Le support est ici rempli de fleurs jusqu’à l’asphyxie : le spectateur, incapable de fixer son regard sur un point de l’image, se retrouve pris au piège sans échappatoire possible. La reproduction du même motif a quelque chose d’obsessionnel chez Jakuchū, mais il manie la répétition sans jamais être uniforme. Une façon de voir le monde à la fois réaliste et spirituelle.

Itō Jakuchū, Roses et petits oiseaux [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »]
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Itō Jakuchū, Roses et petits oiseaux [extrait du « Royaume coloré des êtres vivants »], vers 1761–1765

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Encre et couleurs sur soie • 142 × 80 cm • Coll. & © Sannomaru Shozokan, Agence de la Maison impériale

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Des chefs-d’œuvre inédits du Japon réunis à Paris

Attention à ne pas manquer ce rendez-vous exceptionnel organisé au Petit Palais pour découvrir le travail de Jakuchū, lequel, en raison de sa grande fragilité, ne sera exposé qu’un mois à Paris. Autres trésors prêtés par le Japon dans le cadre du programme Japonismes 2018 en France, ceux de l’art Rinpa, dont certains sortent du pays pour la première fois. Peintures, estampes, laques, céramiques et objets d’art révèlent la richesse de ce mouvement décoratif qui visait à apporter la beauté dans la vie de tous les jours. L’occasion de découvrir ses éminents représentants, tel Kamisaka Sekka.

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Jakuchū (1716-1800) – Le royaume coloré des êtres vivants

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Trésors de Kyoto – Trois siècles de création Rinpa

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