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Villa Noailles - Hyères

Jacques Rougerie, l’architecte visionnaire qui rêve d’habiter sous la mer

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Il est l’auteur de l’Océanopolis de Brest, du centre national de la mer Nausicaá à Boulogne-sur-Mer et travaille actuellement sur la Marina olympique à Marseille pour les JO 2024. Jacques Rougerie dirige son agence d’architecture Rougerie+Tangram et, depuis les années 1970, n’a qu’une seule idée en tête : habiter sous la mer. Ses projets grandioses, utopistes, parfois devenus réalité, sont actuellement exposés à la Villa Noailles de Hyères.
Jacques Rougerie, Cité des Mériens
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Jacques Rougerie, Cité des Mériens

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Vue 3D • © Créations Jacques Rougerie

Il se dit « mérien » en opposition à « terrien ». Jacques Rougerie (né en 1945) blague volontiers sur la psychanalyse à faire sur son obsession à vivre sous l’eau, tant il aspire à passer des semaines voire des mois entiers au contact de la faune sous-marine. « Enfant, on rêve souvent de construire des cabanes dans les arbres. Moi j’ai toujours rêvé de les construire sous la mer ou dans l’espace. » Sa détermination se lit dans son regard perçant.

L’exposition « Habiter avec la mer » est pour lui un accomplissement. Les commissaires, architectes de l’agence MBL, ont déniché dans ses archives personnelles rangées sous la cale de sa péniche parisienne, une flopée de dessins techniques, au trait parfois inspiré des bandes dessinées. Des trésors d’un temps où le coup de crayon se devait d’être irréprochable. « Il y a des projets intemporels, d’autres qui sont ringards » admet-il, pointant du doigt des structures organiques au look seventies.

Le SeaOrbiter imitant la structure d’un hippocampe

Jacques Rougerie dans son Aquabulle
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Jacques Rougerie dans son Aquabulle

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© Créations Jacques Rougerie

Parmi ses réussites, l’Archéoscope pensé pour le Golfe de Giens à Hyères, la maison sous-marine Galathée pour Osaka ou encore l’Aquabulle, son premier habitat expérimenté en Méditerranée. Un exemplaire est d’ailleurs installé sur le parvis de la Villa : on peut imaginer le plongeur s’y asseoir et, l’eau ne dépassant pas son torse, retirer son masque pour y respirer normalement. Dans l’ancienne piscine sont exposés maquettes, dessins, 3D d’architectures aux lignes aérodynamiques, souvent biomorphiques et inspirées des méduses ou du squelette de la raie manta [ill. en Une].

Jacques Rougerie, PULMO
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Jacques Rougerie, PULMO

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© Créations Jacques Rougerie

Ce « Nautilus des temps modernes », probablement opérationnel en 2027, intéresse déjà la NASA qui pourrait y entraîner ses astronautes.

« Là-dessous, c’est un autre monde. » répète-t-il. Les notions de capacité, de poids et de profondeur sont primordiales. Pour y répondre, il s’entoure toujours de scientifiques qualifiés – océanographes, biologistes et ingénieurs – mais aussi de sociologues et de psychologues. Son projet le plus ambitieux ? Certainement le SeaOrbiter, une station internationale à l’image de l’ISS (station spatiale internationale) mesurant cinquante-sept mètres de haut et imitant la structure d’un hippocampe. Rougerie en avait eu l’idée il y a plus de vingt ans sous une autre forme, celle d’un campement (avec plusieurs structures disséminées dans les fonds), dont l’étonnante maquette a été empruntée au Centre Pompidou.

Maquette du premier SeaOrbiter vue dans l’exposition “Habiter avec la mer, Jacques Rougerie” à la Villa Noailles
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Maquette du premier SeaOrbiter vue dans l’exposition “Habiter avec la mer, Jacques Rougerie” à la Villa Noailles, 2024

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© Luc Bertrand

Ce « Nautilus des temps modernes », probablement opérationnel en 2027, intéresse déjà la NASA qui pourrait y entraîner ses astronautes (les conditions étant similaires dans l’espace, à l’extérieur des véhicules spatiaux). Une joie pour cet explorateur fasciné également par l’espace, comme en témoigne le projet de village lunaire qu’il caresse depuis plus de 30 ans. Garder les pieds sur Terre ? Très peu pour lui. Rappelons qu’il a aussi plongé à bord de La Calypso aux côtés du commandant Cousteau et participé à un record du monde en vivant 71 jours durant dans un habitat sous-marin.

Qui pour reprendre le flambeau ?

Jacques Rougerie, Sea Orbiter
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Jacques Rougerie, Sea Orbiter

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© Créations Jacques Rougerie

Quant au devoir de transmission, le passionné a créé en 2009 la Fondation Jacques Rougerie qui récompense des jeunes architectes pour leurs projets liés au littoral, à la mer et à l’espace. « Tout ce qu’un homme est capable d’imaginer, d’autres hommes seront capables de le réaliser » dit-il en citant Jules Verne, dont la lecture l’habite depuis l’âge de 11 ans. Presque octogénaire, il compte bien sur les générations futures pour reprendre le flambeau : d’autres visionnaires auront-ils l’audace comme lui, de donner forme à leurs rêves et surtout, de s’acharner à les réaliser ?

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Habiter avec la mer, Jacques Rougerie

Du 9 mars 2024 au 12 mai 2024

villanoailles.com

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