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Jean-Honoré Fragonard, La Fête à Saint-Cloud, vers 1775-1780
Huile sur toile • 216 x 335 cm • Coll. Banque de France, Paris • Photo François Doury
Claude Monet, Le Déjeuner : panneau décoratif, vers 1873
Dans l’intimité du peintre
Si les impressionnistes se tournent vers la vie moderne de cette fin de XIXe siècle, ils sont avant tout des peintres de paysages, à la recherche des vibrations de la lumière décomposée par des touches fractionnées. Le jardin est synonyme de joie, de bonheur, et on y voit même jouer le fils de Monet au premier plan, à l’ombre d’un soleil d’été…
Huile sur toile • 160 × 201 cm • Coll. Musée d'Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Gustave Caillebotte, Les Serres, 1893
La nature comme décor
La nature est luxuriante et généreuse, seul horizon de Caillebotte, qui aménage l’hectare de terrain de sa propriété au Petit Gennevilliers sur les bords de Seine. À côté de son potager, de son jardin fruitier et de son atelier, le peintre jardinier construit cette grande serre aux orchidées qui devient le motif du décor en trompe-l’œil de sa salle à manger, prolongeant ainsi l’espace du jardin.
Panneaux de porte en bois • Coll. particulière
Claude Monet, Nymphéas, 1916-1919
Aux confins de l’abstraction
Le motif est reproduit à l’obsession, jusqu’aux limites de l’abstraction. La quête de Monet autour du bassin aux nymphéas, qu’il a aménagé dans sa propriété de Giverny à partir de 1890 n’en finit pas, à la recherche des moindres variations lumineuses. Dans ce cadrage serré, l’œil fait des allers-retours entre les cinq nénuphars au centre et les reflets sur l’eau qui ne sont que bouillonnement de couleurs…
Huile sur toile • 130 × 152 cm • Coll. Musée Marmottan Monet, Paris • © Bridgeman Images
Gustave Klimt, Le Parc, 1910
All-over de vert
Klimt réinterprète le pointillisme de Seurat, qu’il a découvert à l’exposition que lui a consacrée la Sécession viennoise en 1903. La frondaison envahit la quasi-totalité de la toile en un dégradé de vert, une surface hypnotique. Seule une bande au premier plan fait référence au monde réel.
Huile sur toile • 110,4 x 110,4cm • Coll. MoMA, New York • © The Museum of Modern Art, New York / Scala Presse
René Magritte, Le Grand Style, 1951
Jardin cosmique
Magritte joue sur le sens et l’allégorie de l’image, rejoignant d’une certaine façon avec cette planète Terre posée sur une longue tige, le concept du jardin planétaire de Gilles Clément qui considère que l’homme doit être garant de la diversité des êtres vivants.
Huile sur toile • 80 x 80 cm • Coll. The Menial collection, Houston • © Photothèque R. Magritte / Banque d'image de l'Adagp / © Adagp, Paris
Henri Matisse, Acanthes, 1953
Jardin imaginaire
Matisse plonge dans une nature idéalisée, rêvée aussi, l’équivalent d’une odyssée de la couleur. Parce que la maladie l’empêche de peindre durant les onze dernières années de sa vie, il réinvente sa pratique en juxtaposant des silhouettes aux couleurs vives et en aplats, coupées dans les larges feuilles de papier peintes par ses assistants. « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs » écrivait-il. Une façon aussi de réconcilier l’art et la décoration.
Fusain, papiers découpés peints à la gouache sur papier sur toile • 311 x 350 cm • Coll. Fondation Beyeler, Bâle • © Succession H. Matisse / Photo Fondation Beyeler / Robert Bayer
Odilon Redon, La Branche fleurie, 1901
Le frémissement de la couleur
Redon joue sur la sensualité, non du sujet, mais de la matière, à travers la vibration des pigments qui palpite jusque dans le fond de l’œil. Cette branche de fleurs jaunes se perd dans un ciel aérien à l’atmosphère irréelle. Jean Cocteau décrit cet univers ainsi dans une lettre qu’il adresse à l’artiste en 1913 : « Vos papillons et vos bouquets échangent leurs pollens lumineux et leurs poudres éclatantes, et c’est toujours ce même miracle d’un rêve éveillé que nous offre le moins littéraire et le plus poétique des génies. »
Huile, détrempe et pastel sur toile • 247 × 163 cm • Coll. Musée d'Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski
Pablo Picasso, Femme nue dans un jardin, 1934
La sensualité, la chair, la matière
La sensualité se vit dans la chair pour Picasso, qui réduit le corps de Marie-Thérèse à un jeu de courbes qui se croisent et contorsionnent cet être désiré, qui devient un motif inscrit dans un jardin.
Huile sur toile • 162 × 130 cm • Coll. Musée national Picasso, Paris • © RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda / © Succession Picasso 2017, Paris
Paul Caillebotte, Le Parterre de marguerites, vers 1892-1893
Redonner ses lettres de noblesse au décoratif
Caillebotte s’intéresse beaucoup aux fleurs : aux orchidées, aux dahlias, mais aussi aux simples choux et, comme ici, aux marguerites. Ce panneau devait être marouflé sur les murs de sa salle à manger, fermant le mur tout en l’ouvrant sur un espace qui pourrait se multiplier à l’infini. Mais comme l’écrit Marina Ferretti Bocquillon dans le catalogue, « la toile, restée inachevée à la mort du peintre, ne prit jamais toute sa mesure et tomba dans l’oubli jusqu’à ce que le Comité Caillebotte décide en 2009 d’en sauver les parties les plus abouties et de les présenter sous forme de panneaux indépendants ». Cette idée de grand décor floral trouvera un écho notamment chez Monet qui commencera à peindre ses Nymphéas peu après.
Huile sur toile • 100 x 50 cm chaque panneau • Coll. Musée des impressionnismes, Giverny • Acquis grâce à la générosité de la Caisse des Dépôts, de la Caisse d'Epargne Normandie, de SNCF Réseau, de la Société des amis du musée des impressionnismes Giverny et d'une souscription publique 2016
Jardins
Du 15 mars 2017 au 24 juillet 2017
secretsetvertusdesplantes.grandpalais.fr
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
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Théâtre d’une fête galante
Tout se passe dans une clairière, à l’orée d’une forêt aux arbres vertigineux. Des groupes de jeunes hommes et de jeunes femmes se retrouvent dans ce cadre idyllique, réel ou imaginaire. Le thème de la fête galante a été initié par Watteau au XVIIIe siècle en s’inspirant des pastorales flamandes. Il sera largement repris par Lancret, Boucher et ici Fragonard, qui dresse ce décor champêtre comme le théâtre des désirs amoureux et des promesses d’abandon, avec les plus grandes poésie et légèreté. Même s’il attache une grande importance à la scène du premier plan, le sujet ambitieux du tableau reste les arbres majestueux dominant le paysage.