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Keith Haring, Hockney, Duane Hanson… La galerie Gagosian réunit les œuvres sportives d’artistes de haut niveau

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Des artistes olympiques ! À deux pas de la place de la Concorde à Paris, laquelle accueillera dans quelques jours différentes épreuves de sports urbains, la galerie Gagosian consacre deux de ses espaces à un accrochage collectif autour du sport. Avec de très belles pièces de Christo, Keith Haring, Ed Ruscha ou Andy Warhol, et une série d’affiches prêtées par le musée Olympique de Lausanne. Prêts à voir deux belles expos gratuites ? Partez !
L’exposition “The Art of the Olympics” à la Galerie Gagosian à Paris
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L’exposition “The Art of the Olympics” à la Galerie Gagosian à Paris

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© Ed Ruscha © Man Ray 2015 Trust / ADAGP, Paris 2024 © Jonas Wood © 2024 Estate of Duane Hanson / Photo Thomas Lannes

Les passants s’arrêtent, stupéfaits. Mais qui est cet homme assis, torse nu, en short et baskets, dans la très chic galerie Gagosian, rue de Castiglione ? Avec ses gros bras lourds et son air épuisé, seul sur son petit tabouret, le bodybuilder sculpté par l’artiste hyperréaliste Duane Hanson (1925–1996) apparaît, au-delà de la surprise, comme une représentation terriblement mélancolique de la solitude du sportif, qui passe ses soirées à s’entraîner, s’efforçant de battre ses propres records – une représentation un peu absurde, sans doute, mais aussi très humaniste, d’un homme que Duane Hanson a rencontré dans sa salle de sport et figé dans le bronze polychrome, la peau légèrement rougie par endroit.

Chef-d’œuvre de l’accrochage « The Art of the Olympics », la sculpture dialogue avec différentes disciplines artistiques (photographie, peinture, dessin, design) et plusieurs sports (surf, football, golf), l’exposition tâchant de représenter, en un minimum d’œuvres, la diversité propre aux Jeux olympiques. Jeux avec lesquels elle entre en dialogue direct, les deux espaces de la galerie – rue de Castiglione et rue de Ponthieu – étant situés à proximité immédiate de la place de la Concorde, l’un des lieux phare des Jeux de Paris 2024.

L’immensité des terrains de sport

Parfaitement symétrique, la composition de l’image met en valeur le gigantisme du terrain, ses lignes graphiques qui en font presque une toile d’abstraction géométrique.

Rue de Castiglione, donc, ce sont les artistes contemporains qui sont à l’honneur. Avec, autre œuvre marquante, la photographie XXL Amsterdam, Arena I (2000) de l’Allemand Andreas Gursky (né en 1955), qui offre un point de vue surplombant sur un match de football opposant les Pays-Bas à la France durant la compétition de l’Euro en 2000. Le regard embrasse la quasi-totalité du terrain, monochrome vert où s’inscrivent, figés, les joueurs et l’arbitre courant vers un blessé. Parfaitement symétrique, la composition de l’image met en valeur le gigantisme du terrain et ses lignes graphiques qui en font presque une toile d’abstraction géométrique. Les joueurs se muent alors en silhouettes dérisoires et anonymes.

La vitrine de la Galerie Gagosian présentant l’exposition « The Art of the Olympics » à Paris
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La vitrine de la Galerie Gagosian présentant l’exposition « The Art of the Olympics » à Paris

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Courtesy Gagosian © Marc Newson © Andreas Gursky, VG Bild-Kunst, Bonn, Germany / Photo Thomas Lannes

De celui qui a photographié, toujours avec un soin méticuleux et un sens aigu de la composition des foules, des usines, des supermarchés ou de grands ensembles d’habitation, il faut lire ici l’intérêt réaliste pour le sport le plus populaire de la planète ainsi que la mise en évidence du décalage entre une structure gigantesque (non le terrain, mais le monde du football et ses intérêts financiers en général) et ses acteurs. Autre œuvre marquante, Scholl Canyon (2007), la toile que dédie Jonas Wood (né en 1977) à un terrain de golf. Qui s’étale elle aussi en aplats et en nuances de vert sur toute la hauteur de la toile, séduisante vision rationnelle d’un écrin aux pelouses impeccables, vide de tout compétiteur.

Golfeurs, boxeurs, coureurs…

Sur le mur de gauche, « Shooting Game: Landscape of My Youth » de Takashi Murakami (2023). Sur le mur de droite, « Black Surfboard » de Marc Newson (2017)
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Sur le mur de gauche, « Shooting Game: Landscape of My Youth » de Takashi Murakami (2023). Sur le mur de droite, « Black Surfboard » de Marc Newson (2017)

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Acrylique et paillettes sur toile montée sur cadre en aluminium / Aluminum • 135 × 129.8 cm / 185 × 41.5 × 14.5 cm • Courtesy Gagosian ©︎ 2023 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd / © Marc Newson / Photo Thomas Lannes

Ainsi traité, le sujet déshumanisé évoque un éden sophistiqué, on ne peut plus lisse, qui fait du sport un marqueur social plus qu’un exercice collectif. L’artiste est coutumier de ce type de paysages, puisqu’il a peint aussi plusieurs courts de tennis, entre autres natures mortes et intérieurs peuplés d’œuvres d’art, toujours vide d’humains.

Difficile, sans remettre en question la qualité de ce peintre héritier de David Hockney, de ne pas songer au potentiel succès financier d’une telle œuvre, inoffensive et décorative à souhait, auprès de riches collectionneurs habitués des terrains de golf…

L’œuvre « Sans titre » de Keith Haring (1982), exposée à la Galerie Gagosian pour l’exposition « The Art of the Olympics »
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L’œuvre « Sans titre » de Keith Haring (1982), exposée à la Galerie Gagosian pour l’exposition « The Art of the Olympics »

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© Keith Haring Foundation / Photo Thomas Lannes

On pourra, peut-être, être un peu plus troublé par la constellation énigmatique de noms de boxeurs célèbres d’Ed Ruscha (né en 1937), comme des lucioles brillant dans les herbes hautes, par les deux petits coureurs escaladant un podium à toute allure signés Keith Haring (1958–1990) ou encore par le dessin lié à l’installation Running Fence (1976) par Christo (1935–2020), présent ici pour rappeler que le tissu de l’Arc de Triomphe empaqueté en 2021 sera réutilisé pour les tentes des Jeux de Paris 2024.

Des affiches olympiques signées par de grands artistes

Howard Hodgkin, Affiche pour les Jeux olympiques d’été de 2012 à Londres, avec le mot « Swimming »
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Howard Hodgkin, Affiche pour les Jeux olympiques d’été de 2012 à Londres, avec le mot « Swimming », 2011

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Affiche imprimée • 80 × 60 cm • Coll. musée olympique, Lausanne • © ADAGP, Paris 2024 / Photo International Olympic Committee. Tous droits réservés

Une fois achevé ce premier petit tour, on court (autant rester dans le thème) jusqu’à la galerie rue de Ponthieu, laquelle a reçu le prêt de la part du musée Olympique de Lausanne d’affiches superbes, pour les Jeux de Sarajevo, de Los Angeles, de Munich, de Séoul et de Londres, créées par de grands noms de l’art : Rachel Whiteread, Robert Rauschenberg, Tracey Emin…

La plus belle ? Difficile de choisir entre le plongeon spectaculaire dans la piscine de David Hockney, et le bleu très pur de Howard Hodgkin, lui aussi annonçant les épreuves de nage. Reste, en tout cas, que ces deux affiches imaginent une évasion pure dans l’eau chlorée. Un rêve pictural, loin de toute notion de performance, faisant l’éloge du geste, de la fluidité, de la souplesse du corps comme de l’eau. À voir !

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The art of the Olympics

Du 6 juin 2024 au 7 septembre 2024

gagosian.com

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The art of the Olympics. Rue de Castiglione

Du 6 juin 2024 au 7 septembre 2024

gagosian.com

Retrouvez dans l’Encyclo : David Hockney Keith Haring

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