À partir du 26 juillet prochain, la France accueille les Jeux olympiques. Pour l’occasion, de nombreuses institutions ont renoué avec la tradition des Olympiades culturelles. Au programme, quantité d’expositions, de spectacles, de grands rendez-vous populaires…
Le public peut profiter gratuitement de peinture, de sculpture, d’installations… Pour le meilleur comme pour le pire ! Dans cette course aux propositions artistiques, Beaux Arts a fait le tri sur ce qu’il y a de mieux à aller voir… Voici notre palmarès.
Isabel Muñoz, L’or pour la voix, 2021
Tirage en or 24 carats sur plaque de verre • 64 × 96 cm • Coll. particulière • © ADAGP Paris, 2024
Au moment où la capitale française s’est parée de ses habits de lumière pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques, c’est sur le thème de l’or que la Maison Guerlain a passé deux commandes spéciales et convié 16 artistes actuellement présentés (en entrée libre) dans son magnifique espace au 68 avenue des Champs-Élysées. En réponse à la commande de Guerlain, la photographe espagnole Isabel Muñoz (née en 1951) a réalisé un sublime tirage en or 24 carats sur plaque de verre représentant le corps de la plongeuse libre Ai Futaki. Sous l’eau, telle une déesse née de l’écume, elle évoque les tableaux de Botticelli. La nageuse se mue aussi en Grande Odalisque d’Ingres. Étendue sur une roche précieuse, la sirène de Muñoz nous enchante de reflets mordorés. Pour nous, c’est une médaille d’or.
Or Norme
Du 6 juin 2024 au 12 septembre 2024
Maison Guerlain • 68, avenue des Champs-Élysées • 75008 Paris
www.guerlain.com
La table de Ping-pong « Match Point » conçue par Harry Nuriev au sein de la project room d’India Mahdavi, 2024
© Project Room # 14 / Photo Benoit Florençon
Un bon point pour le design ! Invité par la créatrice India Mahdavi à investir sa Project Room, le designer Harry Nuriev (né en 1984) a imaginé une salle de ping-pong, baptisée « Match Point », auquel on décerne volontiers une médaille d’argent pour son propos lumineux. Toute la pièce, des murs jusqu’à la table et aux raquettes, est parée d’une lumière réfléchissante et de surfaces argentées et brossées, qui génèrent ainsi un jeu de miroir spatial de l’intérieur vers l’extérieur, et vice versa. Une œuvre physique à essayer pour de vrai, gratuitement, le temps d’une petite partie de tennis de table – attention, premiers arrivés, premiers servis !
« Match Point »
Du 22 juin au 2 août 2024
Lundi au samedi de 14h à 19h. Entrée libre
Project Room
29 rue de Bellechasse, 75007 Paris
L’exposition « Atlas, joueur » à la galerie Les filles du Calvaire située dans le 3 e arrondissement de Paris
Courtesy Galerie Les filles du Calvaire / Photo Nicolas Brasseur
Plusieurs galeries sont aussi dans la course du parcours officiel des JOP 2024 avec des expos en entrée libre. Chez Les filles du calvaire, Louis Verret (né en 1988) plie le match et se hisse à la troisième place de notre podium d’œuvres préférées avec sa série de portraits et de figures en pied de footballeurs à l’aquarelle. « D’une popularité planétaire, abondamment médiatisé, le joueur de football est un véhicule inépuisable d’émotions », explique l’artiste qui a arbitré ses aquarelles en « atlas », les joueurs venant se tacler les uns contre les autres. Un album Panini qui dribble de Karim Benzema à Ronaldinho, où la poésie joue à fond les ballons.
Louis Verret - L'Atlas, joueur
Du 19 juin 2024 au 20 juillet 2024
Galerie Les Filles du Calvaire • 17 Rue des Filles du Calvaire • 75003 Paris
www.fillesducalvaire.com
Performance le samedi 6 juillet
De 17h à 20h
“Troisième Quart de finale” de Louis Verret
« Le manège », le pavillon de la Fédération Française d’équitation conçu par les élèves de l’ENSA Versailles, qui évoque la forme des manèges équestres
© Ministère de la Culture / Sipa Press / Photo Pauliner Gauer
Avec leurs « Archi-Folies », pavillons écoresponsables et démontables, les étudiants des 20 écoles d’architecture sollicités pour concevoir les pavillons de 20 fédérations sportives méritent les félicitations de notre jury ! Ils attendent votre visite – gratuitement – jusqu’au 7 juillet puis du 28 août au 3 septembre, dans le parc de la Villette, où les pavillons ont été installés pour accueillir les fédérations sportives des Jeux de Paris 2024 dès le coup d’envoi. Plumes de volants de badminton, paille, arceaux de planches à voile… Mention spéciale pour l’inspiration, puisque chacun a puisé dans l’univers du sport pour imaginer son architecture.
Au Centre Pompidou, la sculpture « skatable » de Raphaël Zarka est ouverte aux skateurs professionnels comme aux amateurs
© AFP / Photo Olympia De Maismont / ADAGP, Paris 2024
Tout glisse pour Raphaël Zarka (né en 1977), plasticien et fan de skate depuis l’enfance. En collaboration avec l’architecte Jean-Benoît Vétillard, Zarka a inauguré sur la piazza Beaubourg, devant le Centre Pompidou, une sculpture monumentale 100 % « skatable » par les amateurs comme les pros. Pour parvenir à proposer la courbe de rêve aux skateurs, l’artiste a puisé dans les cabinets scientifiques des XVIIe et XVIIIe siècles, suivant le modèle de l’astronome Galilée et de son « cycloïde », offrant une pente des plus rapides. Les couleurs choisies célèbrent avec dynamisme le constructivisme et les architectures de Le Corbusier. Roulez jeunesse !
Raphaël Zarka. Cycloïde Piazza
Du 25 juin 2024 au 15 septembre 2024
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Portrait d’Alison Saar posant à côté de sa sculpture « Salon », 2024
© Ville de Paris-8 / Photo Fred Mauviel
On attendait beaucoup d’Alison Saar (née en 1956), la Californienne invitée par le Comité international olympique à créer pour Paris 2024 une sculpture olympique. Depuis 40 ans, son œuvre, exposée au Metropolitan Museum of Art ou au LACMA de Los Angeles, scrute l’identité féminine noire. Que trouvons-nous donc dans le jardin Charles-Aznavour, près des Champs-Élysées depuis le 23 juin ? Une femme noire tenant un rameau d’olivier et une flamme dorée, assise au milieu de six sièges symbolisant tous les continents. Intitulé « Salon », ce premier projet dans l’espace public hors des États-Unis, qualifié par l’artiste d’« œuvre multiculturelle » paraît presque un peu conventionnel. Même si on adore le principe d’avoir conçu chaque élément en bronze et roche volcanique dans des ateliers du Puy-de-Dôme.
Trois des six Vénus de l’artiste Laurent Perbos dotées des attributs de six disciplines sportives et installées sur les marches de l’Assemblée nationale à Paris
© AP / SIPA / Photo Aurélien Morissard / ADAGP, Paris 2024
Rien ne va plus au palais Bourbon. L’installation artistique qui trône depuis plusieurs semaines (et jusqu’au 22 septembre) sur ses marches inflige aux passants un défilé de sculptures façonnées en résine acrylique alignant un panel de couleurs, du violet vif au rouge criard. En s’approchant de plus près, on reconnaît la Vénus de Milo, laquelle a retrouvé ses bras ! C’est sûr que c’est mieux pour tenir un ballon de basket, revêtir des gants de boxe, ou se saisir de sa planche de surf (sûrement la tentation d’une baignade dans la Seine). Baptisée La Beauté et le Geste, l’œuvre de l’artiste Laurent Perbos (né en 1971), internationalement reconnu pour ses créations qui puisent dans l’univers du sport et des olympiades, nous déconcerte tant esthétiquement que dans sa démarche qui entend donner de la visibilité aux femmes athlètes : « Vénus s’oppose à l’imaginaire collectif qui associe trop souvent le sport au masculin. » La Victoire de Samothrace, la déesse Niké, symbole de Victoire, peut donc aller se rhabiller !
Installation de Laurent Perbos, "La Beauté et le Geste"
Sur les marches de l’Assemblée nationale
Visible jusqu’au 22 septembre prochain dans le cadre des visites sur rendez-vous :
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