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Fondation Louis Vuitton

L’Amérique au sommet dans les collections du MoMA

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La fondation Louis Vuitton accueille à Paris les collections d’un des plus prestigieux musées d’arts moderne et contemporain du monde, le Museum of Modern Art de New York. L’occasion de (re)découvrir les chefs-d’œuvre des avant-gardes européennes, mais aussi d’admirer ceux des artistes des États-Unis, que le MoMA a grandement encouragé par sa politique d’achat et de soutien. Lumière sur ces incontournables de l’art américain.
Edward Hopper, House By The Railroad
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Edward Hopper, House By The Railroad, 1925

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Edward Hopper, maître des atmosphères

C’est l’une des plus anciennes et des plus emblématiques pièces du MoMA. Cette toile réaliste d’Edward Hopper peinte en 1925 reflète au fond les deux Amériques de l’époque : celle d’hier, qu’incarne cette vieille demeure de style victorien de 1880, nimbée d’une lumière oblique ; et celle d’aujourd’hui (les années 1920), symbolisée par la voie ferrée, qui barre tout le premier plan et occulte les fondations de la maison. Hopper, dont la renommée commence tout juste à décoller, vend son tableau dès l’année suivante à Stephen Carlton Clark, l’héritier de la richissime famille Singer, les rois des machines à coudre, lequel deviendra quelques années plus tard l’un des trustees du Museum of Modern Art. Tout naturellement, l’œuvre intégrera la collection du nouveau musée en 1930 à la faveur d’une exposition baptisée « Paintings by Nineteen Living Americans ».

Huile sur toile • 61 x 73,7 cm • © Digital Image, The Museum of Modern Art, New York

Frida Kahlo, Autoportrait avec les cheveux coupés
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Frida Kahlo, Autoportrait avec les cheveux coupés, 1940

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Frida Kahlo, l’ouverture mexicaine

Le MoMA a très tôt montré son intérêt pour les créateurs de l’autre rive du Rio Grande, notamment en dédiant à Diego Rivera une rétrospective dès 1932 et en invitant Orozco à peindre une fresque « en direct » en 1940. Cet autoportrait de Frida Kahlo date de la même année et sera acquis en 1943 par le musée. L’épouse de Rivera, qui deviendra plus célèbre que lui en tant qu’icône féministe, y présente sa chevelure sacrifiée, symbole de l’interminable amour-haine avec le grand muraliste.

Huile sur toile • 40 x 27,9 cm • © Banco de Mexico Diego Rivera et Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F / Adagp, Paris 2017

Jackson Pollock, The She-Wolf
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Jackson Pollock, The She-Wolf, 1943

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Pollock, pape de l’expressionnisme abstrait

Chez Pollock, il y a un avant et un après 1947, date à laquelle l’Américain abandonne le pinceau pour le dripping, technique consistant à laisser goûter la peinture sur la toile. La Louve date de 1943. Ce tableau brasse à la fois la mythologie (la louve de Romulus et Remus, les jumeaux fondateurs de Rome) et l’inconscient de l’artiste. L’œuvre est présentée la même année à la galerie The Art of This Century de Peggy Guggenheim. Elle est acquise par le MoMA l’année suivante, marquant l’entrée de Jackson Pollock dans la collection permanente d’un musée.

Huile, gouache et pla^tre sur toile • 106,4 x 170,2 cm • © Adagp, Paris 2017

Mark Rothko, Number 10
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Mark Rothko, Number 10, 1950

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Mark Rothko, la quête de l’essentiel

Exécutée en 1950, Number 10 rejoint les cimaises du MoMA moins de deux ans plus tard, en 1952. L’huile sur toile de Mark Rothko ne laisse pas de surprendre ses contemporains, quand bien même l’artiste d’origine juive lettonne recourt encore et toujours au même procédé pictural : des blocs rectangulaires, superposés, reconnaissables à leurs aplats de couleur à bords indécis. Exposée à la galerie Betty Parsons en 1951, l’œuvre symbolique de l’expressionnisme abstrait (synonyme de liberté en pleine guerre froide) plaît énormément à Alfred Barr, au point que ce dernier la soumet à son comité d’acquisition. Malgré de vives protestations, dont celle de l’influent Anson Goodyear, l’ancien président du MoMA, Number 10 est finalement acceptée l’année suivante. Goodyear, lui, démissionnera dans la foulée dudit comité.

Huile sur toile • 229,6 x 145,1 cm • © 1998 Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko / Adagp, Paris 2017

Willem De Kooning, Woman I
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Willem De Kooning, Woman I, 1950-1952

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De Kooning, un parfum de scandale

Cette toile intimidante de près de 2 mètres de haut sur 1,5 mètre de large, peinte entre 1950 et 1952, est la première d’une série consacrée à la femme par l’artiste d’origine néerlandaise. Champion de l’expressionnisme abstrait, de Kooning réinterprète la figure féminine avec violence et agressivité, s’inspirant aussi bien des fétiches de fertilité du Paléolithique que de l’imagerie des pin-up américaines. Le musée l’acheta après l’avoir admirée à la Sidney Janis Gallery de New York en 1953. On raconte qu’à l’époque, les membres du comité d’acquisition du MoMA étaient partagés entre dégoût et fascination. Le tableau sera un temps accroché dans le bureau du patron, Alfred Barr.

Huile sur toile • 192,7 x 147,3 cm • © 2017 The Willem de Kooning Foundation / Adagp, Paris 2017

Jasper Johns, Map
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Jasper Johns, Map, 1961

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Jasper Johns brouille les cartes

Montrer qu’une image peut être vue et reconnue sans être vraiment regardée. Convoquer le familier et l’imaginaire. Tel est l’esprit qui anime Jasper Johns quand il peint Map en 1961, pour laquelle il s’est souvenu d’un cadeau que lui avait fait Robert Rauschenberg, un fond de carte des États-Unis. L’artiste s’attache à représenter son pays tout en détournant les codes de la cartographie avec ses couleurs vives enchevêtrées, ses contours et ses inscriptions en partie illisibles. Cette toile est offerte au MoMA par un couple de collectionneurs, les Scull.

Huile sur toile • 198,2 x 314,7 cm • © Digital Image, The Museum of Modern Art, New York

Andy Warhol, Double Elvis
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Andy Warhol, Double Elvis, 1963

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Warhol, le prince du pop

C’est le pendant masculin de la série de sérigraphies de Warhol sur les icônes féminines d’Hollywood (Marilyn Monroe, Liz Taylor ou Natalie Wood). L’image provient d’une photo du film Les Rôdeurs de la plaine, un western de Don Siegel sorti trois ans auparavant. Warhol fait agrandir le cliché puis l’imprime en noir et blanc sur une toile préalablement vaporisée de peinture argentée. L’artiste n’avait même pas pris la peine d’encadrer son œuvre et avait simplement envoyé un rouleau de toile non découpé au directeur de la Ferus Gallery de Los Angeles, qui l’exposa en 1963.

Encre sérigraphique sur toile • 210,8 x 134,6 cm • © The Andy Warhol Foundation for Visual Arts, Inc. / Licensed by Adage, Paris 2017

Roy Lichtenstein, Drowning Girl
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Roy Lichtenstein, Drowning Girl, 1963

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Roy Lichtenstein, faites entrer la BD !

De même que le musée s’était offert un Picasso en vendant un Degas en 1939, de même s’est-il procuré ce Lichtenstein en cédant une autre œuvre de ce même artiste au début des années 1970. Peinte en 1963 au début de sa période comics, Drowning Girl est une des toiles majeures de Roy Lichtenstein et l’une des plus iconiques du pop art. Dès sa deuxième exposition, le tableau est acheté par un couple de mécènes de Seattle, Virginia et Bagley Wright. Approchés quelques années plus tard par le directeur du département peinture & sculpture du MoMA, les Wright consentent à s’en séparer au prix d’un montage assez original : Drowning Girl sera à la fois un don et une cession. Pour ce faire, le musée écoulera Flatten – Sand Fleas !, une autre toile de Lichtenstein inspirée de la bande dessinée.

Huile et peinture synthétique sur toile • 171,6 x 169,5 cm • © Estate of Roy Lichtenstein New York / Adagp Paris 2017

Ellsworth Kelly, Colors For A Large Wall
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Ellsworth Kelly, Colors For A Large Wall, 1951

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Ellsworth Kelly, la passion de la géométrie

Un échiquier chamarré de près de 2,4 mètres de côté. Chacune des 64 cases étant elle-même un mini-tableau monochrome de quelque 30 cm2. La toile géométrique d’Ellsworth Kelly de 1951 préfigure le minimalisme des années 1960, où l’idée elle-même est œuvre d’art, tout en s’y démarquant par sa composition aléatoire. L’ancien GI devenu artiste réside à Paris et plus précisément sur l’île Saint-Louis quand il s’attelle à Colors For A Large Wall. La lumière dansant à la surface de la Seine lui aurait inspiré le choix des couleurs. Ce n’est qu’en 1968 que cette huile sur panneaux de bois rejoindra le MoMA, d’abord temporairement via l’exposition phare intitulée « The Art of the Real » (« L’Art du réel »), puis définitivement après que Kelly en a fait don à l’établissement l’année suivante.

Huile sur toile sur 64 panneaux • 240 x 240 cm • © Digital Image 2017 MoMA, N.Y.

Robert Indiana, Love
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Robert Indiana, Love, 1965

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Robert Indiana, un logo universel

Robert Clark, qui adopte à son arrivée à New York en 1954 le pseudo d’Indiana en souvenir de l’État où il est né vingt-six ans auparavant, n’aime rien tant qu’explorer la société américaine en combinant l’iconographie du pop art et l’abstraction du hard-edge (froid et impersonnel). Sa création la plus célèbre, déclinée par la suite sur de multiples supports ? Une impression vert-bleu-rouge de 1967, intitulée LOVE en énormes lettres capitales, avec son « O » penché sur la droite, dont la jaquette du best-seller mondial d’Erich Segal, Love Story, reprendra avec succès le visuel. Initialement, pourtant, LOVE n’était que l’illustration d’une simple carte de vœux commandée par le MoMA en 1965.

Carte • 15,2 x 15,2 cm • © 2017 Morgan Art Foundation / Artists Rights Society (ARS), New York / Adagp / Robert Indiana

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Etre moderne : Le MoMA à Paris

Du 11 octobre 2017 au 5 mars 2018

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