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Château de Versailles

Le cheval célébré au château de Versailles par une cavalcade de chefs-d’œuvre

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Publié le , mis à jour le
Au château de Versailles, le cheval est la star d’une superbe exposition-fleuve de près de 300 œuvres venues des plus grands musées et collections du monde entier, qui ont été réparties dans tout le château, jusque dans la somptueuse galerie des Glaces. Léonard, Rubens, Delacroix, Géricault… Mêlant chefs-d’œuvre célèbres et pépites méconnues, le parcours démontre comment l’animal n’a cessé d’inspirer les plus grands artistes.
Au centre de la galerie des glaces, trône le “Portrait équestre de Léopold de Médicis (1617-1675), futur cardinal romain” par Justus Sustermans (vers 1624-1625)
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Au centre de la galerie des glaces, trône le “Portrait équestre de Léopold de Médicis (1617-1675), futur cardinal romain” par Justus Sustermans (vers 1624-1625)

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Huile sur toile • Coll. château de Konopiště, National Heritage Institute, République Tchèque • © Christophe Fouin

Avec leur port altier, leurs robes lustrées, leurs muscles saillants, leurs jambes fines et leurs crinières flamboyantes, les chevaux affichent une allure aristocratique qui leur a ménagé une place de choix dans le cœur de leurs illustres propriétaires. Ces animaux étonnants ont non seulement rendu de fidèles services aux hommes dans les domaines du transport, des loisirs et de la guerre, mais aussi noué avec eux des relations affectives uniques… Tout en inspirant abondamment les artistes par leur beauté ainsi que par l’expressivité et l’élégance de leurs attitudes !

Au château de Versailles, le cheval est omniprésent : des écuries du roi au bassin d’Apollon tout juste restauré, en passant par de nombreuses peintures et sculptures, impossible d’échapper à la place primordiale de la tradition équestre dans l’Ancien Régime, période où le cheval était, plus que jamais, un attribut du pouvoir politique. « Il ne pouvait donc y avoir meilleur endroit que le château de Versailles pour cette exposition », se félicite le président du lieu, Christophe Leribault.

Un lien entre l’homme et l’animal

« Il y a là un parallèle très émouvant entre l’homme et l’animal. »

Laurent Salomé

« Le cheval a joué un rôle magique dans la destinée humaine. Un partenariat extraordinaire et une connexion surprenante se sont noués entre lui et l’homme, à tel point qu’on se demande ce que l’homme aurait fait sans lui », souligne Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon et commissaire de l’exposition. Au cœur du parcours, un dessin de Léonard de Vinci explore les proportions du cheval. « On pense à L’Homme de Vitruve. Il y a là un parallèle très émouvant entre l’homme et l’animal », insiste-t-il.

À droite, « l’Homme de Vitruve » (vers 1492) et à droite, « Les proportions du cheval » (vers 1480) de Léonard de Vinci
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À droite, « l’Homme de Vitruve » (vers 1492) et à droite, « Les proportions du cheval » (vers 1480) de Léonard de Vinci

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Texte illustré à la plume, mine de plomb et au lavis • 34 × 26 cm / 29.8 × 29.0 cm • Coll. cabinet des dessins et estampes, Venise / The Royal Collection, Londres • © His Majesty King Charles III 2024

« Le texte de Buffon qui décrit le cheval comme ‘la plus noble conquête de l’homme’, un ‘fier et fougueux animal’ qui ‘partage’ avec lui les ‘fatigues’ et ‘la gloire des combats’, mais aussi les ‘plaisirs’ de la cour, nous apprend que le cheval n’est pas qu’un animal : il est vu comme un double de l’homme », renchérit la conservatrice et co-commissaire Hélène Delalex.

Des œuvres datant de la Renaissance à l’aube de la Première Guerre mondiale

René-Antoine Houasse, Louis XIV (1638-1715) à cheval
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René-Antoine Houasse, Louis XIV (1638–1715) à cheval, vers 1674

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Huile sur toile • 255 × 200 cm • Coll. Château de Versailles • © Dist. RMN – presse / Photo Christophe Fouin

L’exposition retrace cette épopée par sections thématiques, en rassemblant des œuvres datant de la Renaissance à l’aube de la Première Guerre mondiale, où la généralisation de l’automobile marque le chant du cygne de l’ère hippique. Éludant les thèmes de la chasse (déjà beaucoup traité à Versailles) et du cheval au travail (moins en phase avec le thème royal « en majesté »), elle s’enrichit de prêts prestigieux venus du monde entier, de la collection du roi d’Angleterre au Metropolitan Museum de New York, en passant par le Nationalmuseum et la Royal Armoury de Stockholm.

Des portraits équestres mythiques, où le cheval cabré exalte à chaque fois la puissance et l’élégance de celui qui le monte, y sont rassemblés : Louis XIV à cheval par René-Antoine Houasse (vers 1674) ; Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard sur son cheval Marengo par Jacques-Louis David (1802), Ferdinand d’Autriche à la bataille de Nördlingen par Pierre-Paul Rubens (1634–1635), ou encore Henri IV à la tête de ses troupes par Ary Scheffer (1828).

Pierre-Paul Rubens, Ferdinand d’Autriche à la bataille de Nördlingen
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Pierre-Paul Rubens, Ferdinand d’Autriche à la bataille de Nördlingen, 1634–1635

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Huile sur toile • 337 × 261 cm • Coll. musée national du Prado, Madrid • © Museo Nacional del Prado, DR

Mais le parcours explore aussi le lien plus intime et affectif qui se noue entre les rois et leurs montures. En témoigne notamment une galerie de portraits vivants et touchants de chevaux grandeur nature, sans selle ni propriétaire : ceux des équidés favoris du roi Charles XI de Suède (1655–1697), commandés par ce dernier au peintre David Klöcker Ehrenstrahl. Crinières au vent, leurs attitudes précieuses ou conquérantes sont contrebalancées par la douceur inquiète de leurs grands yeux humides, lancés vers le spectateur comme s’ils venaient d’être surpris par un paparazzi en flagrant délit d’élégance naturelle !

En tant que fidèle compagnon qui fait corps avec son propriétaire, le cheval accompagne aussi les têtes couronnées dans des moments difficiles. Ainsi, la robe sombre et lustrée du poney Flora fait solidairement écho à la tenue de deuil de sa maîtresse, la reine Victoria, tandis que le pur-sang Phoebus regarde avec tristesse et étonnement les cadavres du champ de bataille de Sedan tout en portant sur son dos un Napoléon III totalement hébété par sa défaite…

Edwin Landseer, La Reine Victoria à cheval
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Edwin Landseer, La Reine Victoria à cheval, 1865–1867

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Huile sur toile • 147.8 × 211.9 cm • Coll. The Royal Collection, Londres • © His Majesty King Charles III 2024

La plus belle découverte de cette exposition se trouve exposée seule dans la galerie des Glaces : le portrait grand format d’un enfant impassible en habit précieux, juché sur un destrier aux yeux baissés dont l’interminable crinière blanche se déverse en cascade, lui conférant l’aura féerique d’une licorne [ill. en Une]. Redécouvert après deux siècles d’oubli, ce chef-d’œuvre de Justus Sustermans (Portrait équestre de Léopold de Médicis, vers 1624–1625) prêté par le château tchèque de Konopiště – et que la crainte d’actes de vandalisme a malheureusement poussé à exposer ici dans un imposant caisson vitré qui empêche de le savourer pleinement – n’avait été exposé qu’une seule fois il y a dix ans. « La Joconde de la peinture équestre ! », s’émerveille Laurent Salomé.

L’art de l’équitation

Jean-Louis Delton, Mademoiselle Thérèse Renz (1859-1938), écuyère amazone au cirque Molier : le saut à la corde
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Jean-Louis Delton, Mademoiselle Thérèse Renz (1859–1938), écuyère amazone au cirque Molier : le saut à la corde, 1904

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Tirage moderne d’après plaque de verre • Coll. Émile Hermès, Paris • © Archives Hermès (Paris)

L’art des écuries et des figures d’équitation est également mis en valeur. Alors que le photographe Jean-Louis Delton saisit une écuyère domptant élégamment un cheval blanc, des peintres immortalisent tantôt la monture de Sissi l’impératrice s’agenouillant sur ses pattes avant avec sa maîtresse sur son dos, tantôt un étalon sauteur du haras impérial d’Autriche en pleine cabriole, qui semble voler horizontalement dans les airs. Dans une série de tableaux prêtés par le musée des Beaux-Arts d’Orléans, le peintre Claude Deruet détaille quant à lui des fêtes équestres peuplées de chevaux coiffés de plumes et parés de grelots, entourés de musiciens ou tirant des traîneaux d’apparat – le tout présenté au côté d’un superbe traîneau du XVIIe siècle et d’accessoires précieux.

Plus loin, d’exceptionnelles armures pour chevaux, en fer forgé embossé, gravé et doré, rutilent. Leur répondent des salles poignantes consacrées au cheval en guerre. Sur les toiles, le sang s’échappant des blessures de ces fiers animaux, leurs regards, leurs expressions douloureuses et les mouvements de leurs corps expriment, encore plus que ceux des soldats qui les accompagnent, le tragique et l’intensité des scènes de combat. Prêtée par le Louvre, une série de dessins à la pierre noire de Charles Le Brun, jamais montrée jusqu’à ce jour, se penche avec sensibilité sur des chevaux mourants.

Théodore Géricault, Tête de cheval blanc
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Théodore Géricault, Tête de cheval blanc, vers 1800–1825

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Huile sur toile • 65,5 × 54,5 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Dist. GrandPalaisRmn – presse / Photo Thierry Le Mage

À l’ère du romantisme, l’âme du cheval transparaît plus que jamais dans les œuvres, comme cette tête d’équidé peinte par Théodore Géricault qui « ressemble vraiment à un portrait humain, et même à un autoportrait ! », s’exclame Laurent Salomé. Les artistes font également des chevaux les figures privilégiées de leurs scènes historiques, mythologiques ou littéraires narrant des fuites ou des enlèvements – compositions ambitieuses que leurs silhouettes dynamiques et leurs crinières flottantes animent d’un souffle furieux, épique et magique. Mais aussi visions nostalgiques d’un monde en voie de disparition alors que la révolution industrielle impose peu à peu ses machines…

Une exposition galopante

Eugène Delacroix, Le combat du Giaour et du Pacha
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Eugène Delacroix, Le combat du Giaour et du Pacha, 1835

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Huile sur toile • 73 × 61 cm • Coll. Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris • © Paris Musées

Aux œuvres célèbres comme Combat du Giaour et du Pacha d’Eugène Delacroix (1835), Diomède dévoré par ses chevaux de Gustave Moreau (1865), et Lady Godiva de John Collier (1898), répondent des peintures moins connues mais tout aussi surprenantes, comme La Fuite du roi Gradlon d’Évariste-Vital Luminais (œuvre qui a fasciné Salvador Dalí), des peintures et encres de chine enlevées d’Ulpiano Checa, ou encore des chevaux effrayés par des éclairs, signés Carle Vernet ou James Ward. Sans oublier une tête de cheval très vivante d’Alfred Roll (vers 1904), ahurie et brossée avec fougue, digne d’un autoportrait raté pris dans un Photomaton. Une exposition galopante qui nous laisse essoufflés mais comblés !

Cheval en majesté - Au cœur d'une civilisation

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

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Cet été, le cheval est au cœur de plusieurs autres expositions en France :

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Les chevaux du roi. Les chevaux de Marly, chefs-d’œuvre de l’art équestre

Du 7 juillet 2024 au 3 novembre 2024

musee-domaine-marly.fr

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À cheval ! Le portrait équestre dans la France de la Renaissance

Du 16 octobre 2024 au 27 janvier 2025

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Les chevaux de Géricault

Du 15 mai 2024 au 15 septembre 2024

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