Article réservé aux abonnés
Jean-Auguste-Dominique Ingres, Roger délivrant Angélique, 1841
huile sur toile • 80 x 74 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban • © RMN-Grand Palais
Antoine Bourdelle, Heraklès archer, 1909
Tir herculéen
Une tension héroïque et virile se dégage de ce corps massif et musclé, qui n’est autre que celui d’Hercule, bandant son arc vers les terribles oiseaux du lac Stymphale ! Toute première version de l’Héraklès archer – le bronze le plus célèbre d’Antoine Bourdelle, qui fit sensation au Salon de 1910 –, cet imposant plâtre patiné d’inspiration mythologique est le joyau de la collection de sculptures de l’artiste montalbanais, léguée au musée par son épouse Cléopâtre en 1953.
Plâtre patiné brun clair • 250 x 240 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban • © Réa-Images / Lydie Lecarpentier
Armand Cambon, Galel, vers 1864
Baigneuse ingresque
En peignant cette femme nue coiffée d’un turban, assise de dos sur le bord d’un lit, l’artiste Armand Cambon s’est forcément inspiré de la célèbre Baigneuse de Valpinçon (1808) de son cousin Ingres, dont il fut l’élève et l’ami ! Sur cette toile, on admire le traitement des soieries colorées à la texture brillante et glacée, en contraste avec la peau veloutée du modèle…
huile sur toile • 189 x 105 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Madame Gonse, 1852
Dame rêveuse
Signé Ingres, ce portrait fait la fierté du musée. Certes moins sensuelle qu’une Grande Odalisque, cette bourgeoise au sourire rêveur (une certaine Caroline Gonse, épouse d’un conseiller à la Cour d’appel de Rouen) est un bel exemple de son activité de portraitiste de la haute société du Second Empire, qui appréciait son habileté à reproduire aussi bien la brillance des rubans que la subtilité d’un regard…
huile sur toile • 73 x 62 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Théodore Chassériau, Étude du modèle Joseph, vers 1836
Chute libre
Plus saisissante qu’une œuvre finie, cette étude commandée par Ingres au très jeune Théodore Chassériau (1819 – 1856) – qui fut son élève de 1830 à 1835 – fige avec réalisme le corps et les traits du modèle Joseph, célèbre pour avoir posé pour Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault. Entre pureté classique des lignes et rendu minutieux de la lumière à la surface de la peau, la toile porte clairement l’influence du maître montalbanais.
huile sur toile • 55 x 73,5 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Joseph-Siffred Duplessis, Portrait de Louis XVI, seconde moitié XVIIIe siècle
Portrait royal
Déposé en 1824 à Montauban par Louis XVIII pour fêter la royauté restaurée, ce majestueux portrait du roi Louis XVI célèbre en grande pompe la figure monarchique. Dépeignant le souverain entouré de tous les attributs de son pouvoir, l’artiste Joseph-Siffred Duplessis (1725 – 1802) représente avec virtuosité les étoffes précieuses du costume d’apparat, du velours à l’hermine en passant par les reflets dorés des fleurs de lys.
huile sur toile • 227 x 175 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jésus remettant les clefs à saint Pierre, 1820
Hommage italien
Ce tableau représente une facette méconnue du travail d’Ingres : ses compositions historiques et religieuses. Mettant en scène Jésus remettant à saint Pierre les clés du paradis, l’œuvre démontre ses dons de coloriste mais aussi son admiration pour les maîtres de la Renaissance italienne. Et en particulier Raphaël, son peintre favori, dont il possédait d’excellentes copies (certaines exposées au premier étage du musée) réalisées au XIXe siècle.
huile sur toile • 280 x 217 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Jean-Auguste-Dominique Ingres, La Vierge à la chaise, première moitié XIXe siècle
Madone diaphane
Contrairement au Louvre qui possède ses tableaux les plus célèbres, le musée de Montauban rassemble surtout « un fonds d’atelier, c’est-à-dire des œuvres intimes témoignant des coulisses du travail d’Ingres », explique sa directrice Florence Viguier-Dutheil. Le trésor de cette collection ? Un ensemble de plus de 4500 dessins de l’artiste, dont ce visage de madone, léger comme un souffle, crayonné d’après La Vierge à la chaise de Raphaël (1514)…
Mine de plomb et estompe sur papier calque • 19,5 x 25,5 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Joséphine Calamatta, Sainte Cécile, 1845
Icône antique
Exposé dans l’ancienne chapelle du palais, ce portrait de sainte Cécile, patronne des musiciens, met en lumière le talent d’une élève méconnue d’Ingres : Joséphine Calamatta. Affublée d’une lyre, instrument typique de l’Antiquité grecque, cette rayonnante figure rend hommage à l’art antique, source de grande inspiration pour le maître, qui collectionnait de nombreux objets et sculptures de cette période.
huile sur toile (esquisse) • 130,5 x 81,5 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Bartholomëus Spranger, Le Christ sauveur du monde, XVIe siècle
Christ flamand
Remarquable par sa finesse et la beauté de ses coloris, cette peinture a tempera sur bois serait une œuvre de jeunesse d’un maniériste flamand réputé, Bartholomeus Spranger (1546 – 1611). Un Christ rédempteur, tenant entre ses mains un globe de verre, symbole du monde dont il est le sauveur… Né au XVe siècle aux Pays-Bas, ce motif a récemment fait couler beaucoup d’encre avec la vente record du Salvator Mundi, dont l’attribution à Léonard de Vinci divise encore les experts !
huile sur toile • 32,5 x 25,5 cm • Coll. musée Ingres Bourdelle, Montauban
Musée Ingres-Bourdelle
19, rue de l’Hôtel de ville, 82000 Montauban
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique
Sauvetage précieux
Enchaînée nue à un rocher par des pirates, la belle Angélique est sur le point d’être délivrée des griffes d’un terrible monstre marin par le jeune Roger qui le transperce de sa lance, monté sur son cheval ailé à tête d’aigle ! Illustration d’un épisode du Roland furieux de l’Arioste, poème épique du début du XVIe siècle, cette célèbre toile d’Ingres existe en plusieurs versions, dont ce délicieux petit format ovale. Si le ciel noir et l’écume bouillonnante créent une ambiance fantastique et romantique à souhait, le raffinement des détails, de l’armure ouvragée à la chevelure d’or de la princesse, évoque les grands maîtres de la Renaissance italienne. Un bijou !