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Antoine Bourdelle en 2 minutes

En bref

Inscrit dans le sillage de Rodin, dont il fut le praticien, Antoine Bourdelle (1861–1929) devint célèbre en 1910 en exposant Héraclès Archer, une œuvre qui exprime son émancipation vis-à-vis du maître. Bourdelle fut un amoureux de la culture grecque, mais plus archaïque que classique. Il accorde une importance majeure aux lois architecturales, ce qui le distingue de son prédécesseur. L’importance de Bourdelle s’est surtout exprimée dans l’enseignement de la sculpture à Paris : professeur à l’académie de la Grande Chaumière, il forma des générations d’élèves jusqu’à sa mort en 1929, dont Alberto Giacometti et Germaine Richier.

Antoine Bourdelle dans son atelier
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Antoine Bourdelle dans son atelier, vers 1911

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© Akg-images / TT News Agency / SVT

Il a dit

« Que c’est bien d’être, mais l’important c’est de devenir. »

Sa vie

Originaire, comme Ingres, de Montauban, Bourdelle est issu d’une famille d’ébénistes. Il est d’abord apprenti avant de s’initier à la sculpture. Il entre à l’École des Beaux-Arts de Toulouse en 1876, puis intègre l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier du sculpteur Alexandre Falguière, en 1884.

Mais les concours ne sont pas pour lui ; Bourdelle préfère naviguer en indépendant, bien qu’il présente ses œuvres au Salon officiel. En 1903, il est engagé par Rodin au titre de praticien. Il aide donc le maître à élaborer ses œuvres tout en poursuivant ses ambitions personnelles. En 1895, il obtient une importante commande pour sa ville natale : le monument aux combattants de la guerre de 1870–1871. Bourdelle y insuffle un expressionnisme encore inspiré par Rodin.

Bourdelle a un allié : Gabriel Thomas, alors directeur du musée Grévin. Il travaille pour lui à des bas-reliefs. La même année, en 1900, le sculpteur opère un tournant dans son esthétique : moins lyrique, moins expressionniste, il recherche la gravité et l’équilibre des œuvres de l’Antiquité grecque. Sa Tête d’Apollon témoigne du sens que prend sa recherche artistique.

En 1909, Bourdelle intègre l’équipe enseignante de la Grande Chaumière, une académie libre ouverte dans le quartier de Montparnasse. L’enseignement occupe une place majeure dans sa vie ; il poursuivra cette activité jusqu’à son décès. En 1910, il expose avec succès son Héraclès Archer au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts. Gabriel Thomas lui commande des bas-reliefs pour le théâtre des Champs-Élysées, édifié par l’architecte moderniste Auguste Perret.

Dans les années 1920, Bourdelle, devenu célèbre, réalise des commandes monumentales, notamment le Monument au Général Alvear, inauguré à Buenos Aires en 1926. Il décède en 1929.

Ses œuvres clés

Antoine Bourdelle, Héraclès archer
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Antoine Bourdelle, Héraclès archer, 1908–1909, fonte de 1930

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Bronze pâtiné • 63 × 59,4 × 29,8 cm • Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada • © Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada / Cadeau de M. et Mme. Frank P. Wood, 1937 / Bridgeman Images

Héraclès archer, 1909

Inspirée d’un sujet mythologique, la figure de l’Héraclès archer chassant les oiseaux du Lac Stymphale magnifie le corps de l’athlète. Pour cela, il fit poser un militaire, le commandant Doyen-Parigot, rencontré chez Rodin. Bourdelle revisite ici le type de la nudité héroïque, qu’il dote d’une esthétique plus archaïsante que classique. La musculature, tout en tension, traduit admirablement l’idée de la force au service de la précision.

Antoine Bourdelle, Le Centaure mourant, version imberbe
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Antoine Bourdelle, Le Centaure mourant, version imberbe, 1911–1914

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Plâtre. Modèle à grandeur d’exécution. • Coll. Musée Bourdelle, Paris • © Stéphane Piera / Musée Bourdelle / Roger-Viollet

Le Centaure mourant, 1914

Bourdelle met ici en scène le thème de la mort du Centaure, un sujet pathétique. Le Centaure est saisi dans le moment où il s’apprête à mourir ; il est encore debout malgré sa tête penchée. Il s’agit de la traduction en ronde-bosse (trois dimensions) d’un sujet que Bourdelle avait déjà approché dans les bas-reliefs qu’il avait réalisés pour le théâtre des Champs-Élysées. Bourdelle confirme ici son amour pour les sujets mythologiques, traités dans leur dimension poétique.

Antoine Bourdelle, Modèle du monument au Général Alveare dans le grand hall du musée Bourdelle
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Antoine Bourdelle, Modèle du monument au Général Alveare dans le grand hall du musée Bourdelle, 1923

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Plâtre • Coll. Musée Bourdelle, Paris • © Pascal Lemaitre / Henri Gautruche / Christian de Portzamparc / Artedia / Leemage / © ADAGP

Le Monument au Général Alvear, 1923

Il s’agit d’une des principales commandes publiques de Bourdelle, débutée pendant la Première Guerre mondiale. L’œuvre en bronze fut inaugurée à Buenos Aires en 1926. Elle célèbre la mémoire du libérateur de l’Argentine. L’œuvre se compose d’un groupe équestre, sur un haut piédestal, entouré de quatre allégories représentant la Liberté, la Force, la Victoire et l’Éloquence.

Par • le 18 décembre 2017
Retrouvez dans l’Encyclo : Réalisme Antoine Bourdelle

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