Article réservé aux abonnés
Cela faisait vingt-sept ans que Mende, en Lozère, dans le sud du Massif central, était la seule préfecture française privée de musée ! Fermé en 1995, son ancien musée municipal, installé dans deux anciens hôtels particuliers du XVIIe siècle, rouvre enfin dans une version agrandie et améliorée après trois ans de travaux : le musée du Gévaudan, que les visiteurs peuvent découvrir gratuitement depuis le 18 octobre. De sa collection de 16 000 œuvres et objets issus en grande partie des réserves de la Société des Lettres, des Sciences et des Arts de la Lozère, 500 y sont exposés. La vedette du parcours, qui s’intéresse à la culture humaine depuis la Préhistoire, et à l’histoire de la région sous l’Ancien Régime, reste la « Bête du Gévaudan », créature mystérieuse – un tueur en série déguisé en animal, un canidé géant, un monstre ou plusieurs loups particulièrement féroces ? – qui terrorisa la France de Louis XV en tuant 87 personnes (souvent de jeunes bergers) entre 1764 et 1767. Chronologie et cartographie des attaques, représentations de la Bête dans l’art, objets à son effigie… Complétée par une œuvre de l’artiste contemporain Lionel Sabatté (un loup de poussière bondissant), la visite ravira les amateurs de fantastique, d’art populaire et d’énigmes non résolues !
À gauche, la cour intérieure du musée du Gévaudan ; à droite, “La Bête du Gévaudan” de Lionel Sabatté (2019)
© Ville De Mende ; © Julien Suau
Réouverture le 18 octobre 2022
L’extérieur du bâtiment du CNAC – Magasin de Grenoble
© Magasin CNAC
C’est l’un des premiers centres d’art en France à avoir été installés dans une friche industrielle ! Construite à Paris par les ateliers de Gustave Eiffel pour l’Exposition universelle de 1900, démontée et remontée à Grenoble pour servir d’usine puis de lieu de stockage, cette ancienne halle de 3 000 m² a été réhabilitée en espace d’exposition : le Magasin – Centre national d’art contemporain (CNAC), ouvert en 1986. Moribond depuis plusieurs années suite à une série de crises, l’établissement a fermé quelques temps pour se réinventer et devenir un lieu de création et d’exposition plus convivial, plus expérimental et plus en phase avec son temps. Sous la direction de Céline Kopp, arrivée en début d’année pour lui donner cette nouvelle impulsion, il rouvrira le 18 novembre avec une exposition d’artistes français et internationaux intitulée « La Position de l’amour » (jusqu’au 12 mars). Pas encore totalement terminés, les travaux de rénovation du lieu se poursuivront petit à petit au cours des prochains mois.
Magasin - Centre National d'Art Contemporain
8 Esplanade Andry Farcy • 38000 Grenoble
www.magasin-cnac.org
Réouverture le 19 novembre 2022
À gauche, la cour du musée des Arts Précieux-Paul Dupuy (2022) ; à droite, astrolabe d’Abû Bakr Ibn Yusuf (1216-1217, laiton gravé)
© Patrice Nin ; © Mairie de Toulouse, Musée des Arts Précieux Paul-Dupuy / photo François Pons
Astrolabe marocain de l’an 1216, sabre de Napoléon Bonaparte, robe en soie du XVIIIe siècle… Situé à Toulouse dans un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle, le musée Paul-Dupuy (désormais « musée des arts précieux ») abrite une collection éclectique et passionnante de plus de 150 000 œuvres et objets précieux couvrant douze siècles d’histoire, rassemblés par l’ingénieur et amateur d’art Paul Dupuy (1867–1944), puis par la ville. Rénové, il rouvre ses portes le 16 novembre après plus de trois ans de travaux. Assortie de dix-neuf dispositifs numériques (animations vidéo et en 3D, installations tactiles…), sa nouvelle muséographie, plus accessible et mieux organisée, ressort de l’ombre des pièces jamais montrées, et remet en valeur les objets dont plus de 200 ont été restaurés. Les fleurons du lieu ? Sa section consacrée à l’horlogerie ancienne avec ses cadrans solaires ainsi que ses montres, horloges et pendules rares ornées d’or, d’émaux ou de marbre, ainsi que ses salles consacrées aux prémices du cinéma, où lanternes magiques et praxinoscopes côtoient un projecteur Pathé (1912) et une table optique des frères Lumière. Heurtoirs, serrures et autres objets métalliques ouvragés, pièces textiles, coffrets luxueux, porcelaines, jouets, armes, médailles, instruments de musique, œuvres graphiques (dont des dessins de Toulouse-Lautrec), livres et photographies anciennes remplissent également cette étonnante caverne d’Ali Baba, nichée dans le cœur historique de la Ville rose !
Réouverture le 16 novembre 2022
L’hôtel particulier Porchon qui abrite le musée Lambinet à Versailles
© Ville de Versailles / Nicolas Borel
Légué à la ville de Versailles par les descendants de l’avocat Victor Lambinet (1813–1894) pour devenir un musée ouvert en 1932, cet hôtel particulier du XVIIIe siècle abrite des collections constituées par la ville depuis le XIXe siècle. Toiles du XVIIe siècle hollandais et flamand, gravures, dessins, tabatières et autres objets précieux du XVIIIe, natures mortes italiennes, porcelaines, tableaux néo-impressionnistes… Datés de la Renaissance au XXe siècle, de nombreux trésors, parmi lesquels une harpe du luthier Naderman (1786), un portrait officiel de Louis XVI et un diadème de scène art nouveau en ivoire, émail et métal réalisé par René Lalique (1899) essaiment son parcours qui a été entièrement refondu pour plus de cohérence à l’occasion de travaux engagés en 2020. Peintures, sculptures, dessins, gravures, meubles et objets d’art y racontent notamment l’art de vivre à Versailles au siècle des Lumières (au premier étage, avec la reconstitution d’un appartement de l’époque, suivie d’une succession de salles d’histoire de l’art), ainsi que (au deuxième étage) l’histoire de la ville du XVIIe au XXe siècle.
Henri Moret, L’île d’Ouessant, la chaussée Keller, 1897
Huile sur toile • © Musée Lambinet, Ville de Versailles/ArtShooting
Réouverture fin 2022 (présentation à la presse le 1er décembre)
À gauche, le bâtiment de la Cité Du Vitrail, Hôtel Dieu Le Comte ; à droite, vitrail Les Quatre Vertus de Rumilly-Les-Vaudes (1548)
© Studio OG
« 10 siècles de vitrail à hauteur de regard » : telle est l’accroche de la Cité du vitrail qui rouvre ses portes le 17 décembre après quatre ans de travaux. Une métamorphose destinée à rendre plus accessibles ces « tableaux » lumineux (constitués de morceaux de verre colorés enchâssés dans ces cadres métalliques, à travers lesquels filtre la lumière pour un effet magique) et dépoussiérer l’image de cet art souvent associé aux églises et à un passé révolu. Installée dans l’hôtel-Dieu, joyau architectural du XVIIIe siècle situé en plein cœur de la ville de Troyes, la Cité abrite des vitraux de toutes époques, dont le plus ancien remonte au XIIe siècle. Remodelé, son parcours débutera au troisième étage avec la présentation de l’histoire du vitrail et de son élaboration technique, avec reconstitution d’un atelier de maître-verrier, et se poursuivra au second avec une promenade chronologique parmi des vitraux baignés de lumière naturelle. Viendront ensuite les salles d’exposition temporaires du premier étage, ainsi que l’apothicairerie et sa collection de pots en faïence et boîtes pharmaceutiques des XVIIIe et XIXe siècles, les voûtes d’ogives et les mosaïques du laboratoire de préparation de remèdes, la sacristie… Et surtout la chapelle de l’hôtel-Dieu, comprenant des verrières monumentales et un superbe oculus signé Fabienne Verdier (née en 1962) – preuve que le vitrail n’a pas dit son dernier mot !
Réouverture le 17 décembre 2022
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique