Ensembles du soir longs d’Yves Saint Laurent et « La Fée Électricité » de Raoul Dufy au musée d’Art moderne, automne-hiver 1992 et 1937
Paletots de satin bronze, soleil et bouton d’or, robes de satin émeraude, fuchsia et absinthe / Huile sur toile • Photo Nicolas Mathéus / Adagp, Paris, 2022
Ensembles d’Yves Saint Laurent inspirés de Pierre Bonnard au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, printemps-été 2001
Beau comme Bonnard
Pour ses délicates robes de mousseline de la collection printemps-été 2001, Yves Saint Laurent puise chez Bonnard des tons vivifiants, qui évoquent au premier regard les toiles du peintre imprégnées de la lumière du Midi. Yves Saint Laurent ne copie pas les maîtres, il emprunte leurs codes visuels, recompose et actualise leurs motifs, leurs couleurs.
Blouses et jupes d'organza satiné • Photo Nicolas Mathéus
Blouson, veste, caban et robe d’Yves Saint Laurent et « Déjeuner sur l’herbe » d’Alain Jacquet au musée d’Art moderne, printemps-été 1966, Printemps-été 1969 et 1964
Géométrique comme Jacquet
C’est l’un des détournements les plus célèbres de l’histoire de l’art. En 1964, Alain Jacquet réinterprète le fameux Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet à partir d’une photographie agrandie, dont la trame est grossie. L’œuvre sera ensuite reproduite mécaniquement par l’artiste à plus de 100 exemplaires. On retrouve dans la collection haute couture printemps-été 1966 d’Yves Saint Laurent des vestes en lainage jacquard, constitué de motifs géométriques qui évoquent les effets d’optique de Jacquet. Le couturier était par ailleurs lui aussi intéressé par la technique. Toujours en 1966, il réalise les prototypes de sa première collection de prêt-à-porter accessible, qui seront reproduits de façon industrielle.
Photo David Lanaspa / Agence Marie Bastille / Adagp, Paris, 2022
Robe “Hommage à Fernand Léger” d’Yves Saint Laurent et « La Fleur polychrome » de Fernand Léger au Centre Pompidou, automne-hiver 1981 et 1952
Classe comme Léger
La collection automne-hiver 1981 est une véritable déclaration d’amour aux artistes, en particulier à Matisse et à sa fameuse Blouse roumaine, mais aussi à Fernand Léger. De ce dernier, Yves Saint Laurent emprunte le vocabulaire de formes joyeuses et colorées, qu’il transpose notamment sur cette robe, dont la jupe en faille (étoffe de soie) est brodée de motifs appliqués en satin et taffetas.
Haut de velours noir ; jupe de faille brodée d’applications de satin et taffetas / Ciment et plâtre peints • Photo Hélène Mauri / Adagp, Paris, 2022
Robe “Hommage à Piet Mondrian” d’Yves Saint Laurent et « Composition en rouge, bleu et blanc II » de Piet Mondrian au Centre Pompidou, automne-hiver 1965 et 1937
Pur comme Mondrian
« Seuls les rapports purs, d’éléments constructifs purs, peuvent aboutir à la beauté pure. » Cette phrase de Piet Mondrian, Yves Saint Laurent l’a faite sienne. En 1965, le créateur présente des robes de cocktail inspirées de l’œuvre de l’artiste. Cette collection braque aussi les projecteurs sur ce pionnier de l’abstraction dont la première rétrospective en France date seulement de 1969 !
Jersey de laine écru, incrusté noir, rouge, jaune et bleu / Huile sur toile • Photo Hélène Mauri
Robe “Hommage à Tom Wesselmann” d’Yves Saint Laurent et « The Moon » de Gary Hume au Centre Pompidou, automne-hiver 1966 et 2009
Pop comme Wesselmann
À l’écoute de l’air du temps, Yves Saint Laurent se laisse aussi séduire, dans les années 1960, par la vague Pop. « Comment aurais-je pu résister au Pop Art, qui fut l’expression de ma jeunesse ? » s’interrogera-t-il, des années plus tard. Pour la collection automne-hiver 1966, il réalise un ensemble de robes comme directement sorties d’une toile du peintre américain Tom Wesselmann – artiste dont s’inspire également Gary Hume pour cette œuvre intitulée The Moon (2009).
Jersey de laine violet, noir et rose / Peinture laquée sur panneaux d'aluminium • Photo Hélène Mauri / © Gary Hume. All Rights Reserved, DACS / Adagp, Paris, 2022
Veste “Hommage à Pablo Picasso” d’Yves Saint Laurent et « Portrait de Nusch Eluard » de Pablo Picasso au musée Picasso, automne-hiver 1979 et 1937
(Dé)structuré comme Picasso
Muse des Surréalistes, épouse de Paul Éluard, Nusch a aussi posé pour Picasso dans un ensemble dessiné par Elsa Schiaparelli. Cette veste de la collection automne-hiver 1979 rend donc un triple hommage : au modèle, à la créatrice de mode mais aussi au père du cubisme, qu’Yves Saint Laurent considérait comme « un génie à l’état pur ».
Drap de laine bleu, noir et ivoire • Photo Nicolas Mathéus / © Succession Picasso, 2022
Robes créées pour le bal Proust et smokings d’Yves Saint Laurent au musée d’Orsay
Nostalgique comme Proust
Changement radical de décor au musée d’Orsay, qui présente quant à lui, devant l’emblématique horloge, un face-à-face masculin-féminin. Aux élégants smokings répondent deux robes créées en 1971 à l’occasion du bal Proust, mythique fête donnée par le Baron et la Baronne Guy de Rothschild à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur de La Recherche. « Proust est celui qui a parlé le plus des femmes et dont la vie se rapproche un peu de la mienne » dira Saint Laurent.
Photo Nicolas Mathéus
Yves Saint Laurent aux musées - Centre Pompidou
Du 29 janvier 2022 au 16 mai 2022
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Yves Saint Laurent aux musées - Musée d'Art Moderne de Paris
Du 29 janvier 2022 au 15 mai 2022
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Yves Saint Laurent aux musées - Musée d'Orsay
Du 29 janvier 2022 au 15 mai 2022
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Yves Saint-Laurent au Louvre
Du 29 janvier 2022 au 15 mai 2022
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Yves Saint-Laurent aux musées - Musée Picasso
Du 29 janvier 2022 au 24 avril 2022
Musée national Picasso - Paris • 5, rue de Thorigny • 75003 Paris
www.museepicassoparis.fr
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Électrique comme Duffy
Au beau milieu du chef-d’œuvre de Raoul Dufy, La Fée électricité, réalisée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1937, trois silhouettes de satin coloré semblent sortir d’un rêve. Ce face-à-face incandescent ouvre le bal « Yves Saint Laurent aux musées », un parcours à travers six institutions parisiennes qui met en lumière les liaisons fécondes qu’entretenait le créateur avec les artistes.