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Parée des créations vestimentaires, joaillières et capillaires de Sarah Burton pour Alexander McQueen, Van Cleef & Arpels et Julian d’Ys, la top model Kate Moss fait revivre le style Marie-Antoinette, photographiée par Tim Walker au Ritz à Paris pour Vogue US en avril 2012.
© Tim Walker
Mobilier, vêtements, bijoux, porcelaine : voici que s’exposent, au Victoria and Albert Museum de Londres, 250 pièces liées à Marie-Antoinette, dont des prêts exceptionnels jamais sortis de Versailles (le service du Petit Trianon), de rares objets personnels (une jatte-téton faisant partie du service de la Laiterie de Rambouillet) ou encore ses mules en soie et les bijoux de sa collection privée.
La fascination pour la reine au destin funeste ne date pas d’aujourd’hui. Sous le Second Empire, Eugénie de Montijo – si détestée elle aussi pour son goût du luxe – avait d’ailleurs fait revenir au palais des Tuileries une partie du mobilier de Marie-Antoinette, son idole… « Les rayons du soleil printanier font briller fabuleusement une fois encore, comme le dernier fanal d’un monde qui disparaît, le brocart brodé, le satin miroitant, le faste infini des familles élues », écrivait en 1932 Stefan Zweig dans Marie-Antoinette. Et, en 2017, Rihanna alla jusqu’à lancer une collection « Marie-Antoinette à la gym » pour Puma.
Louise-Elisabeth Vigée Le Brun, Marie Antoinette à la rose, 1783
Huile sur toile • 113 × 87 cm • © Photo Jean Feuillie / CMN
Tout se passe comme si, en mal d’enchantement, l’époque redécouvrait, sans la juger, la première grande influenceuse du siècle des Lumières et ses caprices. Dans ce pays où la guillotine idéologique s’est installée sur les réseaux sociaux, Versailles brille toujours de tous ses feux, comme si ce que représentait ce haut lieu de l’absolutisme continuait d’aimanter les rêves d’opulence et de grandeur… La mode y était devenue avant l’heure un instrument de communication : les coiffures à la Genlis, au Trésor royal, la cornette à la paysanne, le bonnet à la laitière ont traduit des obsessions aux mille et une nuances.
En 2025, Paris multiplie ses hommages, que l’on songe à Jacquemus qui, ayant déjà choisi Versailles il y a deux ans pour présenter sa collection « Le chouchou » le long du Grand Canal, a investi en juin dernier l’Orangerie avec ses robes vaporeuses et sa palette poudrée. Avec « Jardin des Rêves », Laure-Isabelle Mellerio a quant à elle cherché à traduire sous forme de collier le motif de la tenture dite « toile au Grand Ananas » des appartements privés de la reine, représentant le fruit exotique dans un entrelacs de branchages, de fleurs et d’oiseaux.
« Marie-Antoinette a profondément influencé le goût et la mode européens de son temps, créant un style distinctif à l’attrait désormais universel. »
Sarah Grant
Et voilà désormais Marie-Antoinette célébrée en Grande-Bretagne, à Londres – une première ! –, avec le soutien du créateur de souliers Manolo Blahnik, celui-là même qui avait, en 2006, recréé la collection de chaussures de la reine pour le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Un long-métrage oscarisé pour ses costumes que le château de Versailles devrait mettre à l’honneur à l’occasion de ses 20 ans, en 2026. Dans la manifestation londonienne, des œuvres de l’artiste Beth Katleman et du designer Victor Glemaud côtoient celles de grands noms de la haute couture (Jeanne Lanvin, Chanel…) et de la photographie, d’Eugène Atget à Robert Polidori et Tim Walker. God Save the Queen : des robes de Vivienne Westwood sont bien sûr au rendez-vous de ce parcours décliné en quatre sections, des « origines d’un style culte » à « Marie Antoinette relookée », une partie où figurent des robes contemporaines.
Marie-Antoinette fut l’une des premières à célébrer dans ses blouses transparentes, peintes par Élisabeth Vigée Le Brun, le romantisme et l’anglomanie, en rupture avec l’étiquette et les codes imposés par la cour. « Reine la plus stylée, scrutée et controversée de l’histoire, Marie-Antoinette évoque à la fois des visions d’excès et des objets et intérieurs d’une grande beauté. L’archiduchesse autrichienne devenue reine de France a profondément influencé le goût et la mode européens de son temps, créant un style distinctif à l’attrait désormais universel », assure Sarah Grant, commissaire de l’exposition.
Photographie du tournage de « Marie-Antoinette » par Sofia Coppola
© I WANT CANDY LLC. / Zoetrope Corp.
Et la conservatrice de conclure : « Cette présentation explore ce style et sa figure centrale à l’aide d’une sélection d’objets raffinés ayant appartenu à Marie-Antoinette, ainsi que des plus beaux éléments décoratifs qu’elle a inspirés. Il s’agit de l’héritage stylistique d’une célébrité du début de la modernité et de la légende d’une femme dont le pouvoir de fascination ne s’est jamais démenti. L’histoire de Marie-Antoinette a été racontée et réinterprétée par chaque génération successive pour servir ses propres fins. L’alliance rare de glamour, de spectacle et de tragédie qu’elle incarne reste aussi enivrante aujourd’hui qu’elle l’était au XVIIIe siècle. »
Marie Antoinette Style
Du 20 septembre 2025 au 22 mars 2026
Victoria and Albert Museum • Cromwell Road • SW7 2RL Londres
www.vam.ac.uk
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