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Dirigée par Benjamin Steinitz, la galerie est une habituée des stands spectaculaires dans les foires et salons internationaux : meubles et objets d’art des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, de grande qualité et rares, sont mis en scène avec brio dans un décor de boiseries, parquets et miroirs. À la Biennale, l’attention des amateurs s’est focalisée sur un exceptionnel meuble en placage, bois et bronze doré d’époque Louis XVI : une commode « aux serpents » comptant treize tiroirs (dont un aux poignées en forme de serpents), réalisée par Pierre Garnier dans un goût « à la grecque », en vogue à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Stand de la Galerie Steinitz
© Didier Plowy / SNA
Dans un espace très bien aménagé, le marchand de tableaux anciens a disposé des fleurons de la peinture française : une gigantesque paire de Nature morte aux fruits et au gibier d’Alexandre-François Desportes (XVIIe siècle), un précieux Portrait du fermier général Louis-Antoine Mirleau de Neuville (1701–1780) de Maurice-Quentin de La Tour, une toile monumentale de Jean-Baptiste Monnoyer représentant un bouquet de fleurs dans un vase dans un décor architectural (1665), et une ravissante huile sur jaspe de Jacques Stella illustrant Le Repos pendant la fuite en Égypte (XVIIe siècle). Parmi les redécouvertes, une Allégorie de la sculpture, avec un modèle de Silène et Dionysos enfant (1733) de Jean-François de Troy, appartenant vraisemblablement à une série sur les sept arts libéraux. Découverte à Rome au XVIe siècle et célébrée jusqu’au XVIIIe siècle, la sculpture Silène et Dionysos enfant illustrée dans le tableau est conservée au musée du Louvre.
Stand de la Galerie Éric Coatalem
© Didier Plowy / SNA
Le mobilier du XXe siècle apparaît dans toute sa splendeur à la Biennale, notamment sur le stand architecturé d’Yves Gastou. L’antiquaire y présente un florilège de créations des années 1960, 1970 et 1980 : un ensemble de cinq vitraux de Jacques Loire (1965), des chaises et une table en bois de la collection « architecture mobile » (1970) de l’architecte et designer français Dominique Zimbacca, un sculptural cabinet mural sphérique de l’Américain Paul Evans (1970), une enfilade ornée d’une mosaïque de céramique de Pia Manu (1970), ou encore une étonnante coiffeuse en acier martelé (1980), avec son siège et son repose-pied, de François Thévenin, dont l’univers fantasmagorique évoque celui de Tim Burton.
Stand de la Galerie Yves Gastou
© Didier Plowy / SNA
Conçu par l’architecte-décorateur René Bouchara, le stand de la galerie a pris la forme de la cabine d’un capitaine de vaisseau. Dans ce fabuleux écrin, l’antiquaire spécialisé dans les objets scientifiques et de marine, expose globes et sphères, longues-vues, sabliers et cartes, parmi de multiples objets de curiosité datant du XVIe au XIXe siècle. Deux œuvres historiques attirent l’attention des visiteurs : un incroyable sablier d’apparat à quatre temps du XVIIe siècle ayant appartenu au compositeur Franz Liszt, et un coffre d’architecte réalisé en 1766–1768 par Jacques Canivet pour Charles-Pierre Claret de Fleurieu, « écuyer, explorateur, hydrographe, ministre de Louis XVI, membre de l’Institut de France et du Conseil d’État, intendant général de la maison de l’Empereur, gouverneur du Palais des Tuileries et du Louvre ». Excusez du peu.
Stand de la Galerie Delalande
© Sylvie Tolila
Quatre superbes tapisseries « tissées à or » sont à admirer. Elles représentent, grandeur nature, quatre des douze scènes des Chasses de Maximilien, célèbre tenture de Bruxelles du XVIe siècle conservée au musée du Louvre, provenant des collections de Louis XIV. À travers les douze mois de l’année, cette tenture évoque les chasses au cerf et au sanglier à la Renaissance. Les tapisseries exposées à la Biennale (figurant les mois d’Août, Septembre, Novembre et Janvier) sont une réédition tissée à la Manufacture Royale des Gobelins entre 1665 et 1673 pour Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Elles ont été exposées pour la première fois par la galerie à la Biennale des Antiquaires de 1996, où elles ont été achetées par Mr et Mrs Bill Gates qui s’en séparent aujourd’hui, au profit d’un collectionneur ou d’un musée.
Manufacture Royale des Gobelins, « Le Mois De Septembre », détail des Chasses de Maximilien, Entre 1665 et 1673
Tapisserie • © Courtesy Galerie Chevalier
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