Planche (détail) extraite du tome 2 de la bande-dessinée “Dali” réalisée par Julie Birmant et Clément Oubrerie, éd. Dargaud, 2024
© Julie Birmant / Clément Oubrerie / Editions Dargaud
Elle ne dessine pas, mais elle écrit. Scénariste de la série de bandes dessinées Pablo (avec Clément Oubrerie, éd. Dargaud), des Aventuriers du cubisme (avec Pierre Fouillet, éd. Steinkis) et, très récemment, des deux tomes de Dalí (encore avec Clément Oubrerie, éd. Dargaud), Julie Birmant multiplie les incursions dans l’histoire de l’art, avec une prédilection pour le XXe siècle et les grands noms de la modernité.
Actuellement mise à l’honneur au musée du Papier d’Angoulême dans le cadre du 52e Festival de la bande dessinée (qui s’est tenu du 30 janvier au 2 février), la Parisienne de 51 ans a été invitée à se raconter par les deux commissaires de l’exposition, Cathia Engelbach et Marguerite Demoëte. Nourri d’archives, le parcours suit sa voix, invitée dans l’espace grâce à des enregistrements sonores, et ouvre une fenêtre sur les coulisses de son travail, en même temps qu’il se concentre sur les femmes qui l’ont intéressée – telles que la danseuse Isadora Duncan ou la peintre Fernande Olivier.
« Ce que je trouve beau dans la bande dessinée, c’est de réussir à condenser, d’avoir une densité dans le récit. »
Tombée dans la marmite de la bande dessinée par hasard, Julie Birmant a d’abord étudié le cinéma et le théâtre en Belgique avant de devenir journaliste pour France Culture et d’y rencontrer la dessinatrice Catherine Meurisse. Ensemble, elles signent Drôles de femmes en 2010 (éd. Dargaud), portraits piquants de comédiennes (Anémone, Yolande Moreau), de dessinatrices (Claire Bretécher, Florence Cestac) ou d’autrices (Amélie Nothomb) qui ont pour point commun de manier l’humour.
Portrait de la journaliste et scénariste française Julie Birmant
© Rita Scaglia
Mariée au dessinateur Jul qui la présente à Clément Oubrerie, coauteur de la géniale série Aya de Yopougon, Julie Birmant lui parle rapidement de son projet sur Picasso, lequel veut raconter l’histoire de l’artiste par la voix de sa muse et compagne, Fernande Olivier. Emballé, le dessinateur accepte immédiatement, et le premier tome de Pablo paraît en 2012. Cinq ans plus tard, ils s’attaquent ensemble à la figure d’Isadora Duncan, puis à celle, fictive, d’une jeune romancière, Renée Stone, avant de revenir vers l’histoire de l’art avec Dalí…
« J’ai une façon d’approcher chaque sujet qui ressemble assez à la méthode surréaliste », nous confie la scénariste par téléphone. Après avoir choisi un sujet selon une « nécessité intérieure », Julie Birmant raconte faire des « recherches à l’instinct », avant d’écrire un « squelette » de scénario, qu’elle fait ensuite lire au dessinateur avant de détailler plus amplement les scènes. « Je cherche à être synthétique, car ce que je trouve beau dans la bande dessinée, c’est de réussir à condenser, d’avoir une densité dans le récit. »
Planche extraite du tome 4 de la bande-dessinée « Pablo » réalisée par Julie Birmant et Clément Oubrerie, éd. Dargaud, 2014
© Julie Birmant / Clément Oubrerie / Editions Dargaud
Donne-t-elle beaucoup d’indications au dessinateur, pour qu’il s’accorde à son texte ? Pas vraiment, nous répond-elle : « Je suis dans une posture d’admiration, comme un enfant qui ouvre des paquets de Noël… Éventuellement, je peux faire une remarque sur la façon dont un personnage s’habille, par rapport à l’époque, mais je n’interviens jamais dans les choix de mise en scène. » Une belle exposition, donc, qui permet d’approcher via la scénariste un métier méconnu du monde de la bande dessinée.
Julie Birmant. Les Herbes folles
Du 30 janvier 2025 au 15 mars 2025
Musée du papier-Angoulême • 134 Rue de Bordeaux • 16000 Angoulême
www.musee-du-papier.fr
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