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La vie de Suzanne Valadon retracée dans un beau roman graphique et un documentaire

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Suzanne Valadon, sans concession de Flore Mongin et Coline Naujalis
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Suzanne Valadon, sans concession de Flore Mongin et Coline Naujalis, 2025

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Coéd. éditions Seghers et Arte éditions

C’est l’événement de ce début d’année : le Centre Pompidou consacre, jusqu’au 26 mai, une grande exposition à Suzanne Valadon (1865–1938), pure autodidacte devenue une peintre emblématique des avant-gardes, à une époque où, dans le Paris de la Belle Époque, les femmes étaient plutôt cantonnées au rôle de modèle. Reconnue de son vivant, l’œuvre de Suzanne Valadon a pourtant été éclipsée par celle de son fils Maurice Utrillo, avant de revenir ces dernières années sur le devant de la scène.

C’est donc à cette occasion que paraît (coédité par Seghers et Arte) Suzanne Valadon, sans concession, un roman graphique de Flore Mongin et Coline Naujalis qui retrace la trajectoire hors du commun de cette artiste aussi déterminée que talentueuse, que la vie n’a pas toujours gâtée…

Pionnière du female gaze

Il faut dire que les choses avaient plutôt mal commencé pour la petite Marie Clémentine, née en 1865 de père inconnu et d’une mère lingère. Obligée de quitter l’école et de travailler pour subvenir à ses besoins, elle se découvre un talent pour le dessin. Acrobate de cirque, puis modèle pour les plus grands artistes de la Belle Époque (Puvis de Chavannes, Renoir, Toulouse-Lautrec…), elle décide à son tour d’embrasser une carrière d’artiste.

couverture « Suzanne Valadon, sans concession » de Flore Mongin et Coline Naujalis
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couverture « Suzanne Valadon, sans concession » de Flore Mongin et Coline Naujalis, 2025

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Coéd. éditions Seghers et Arte éditions

Celle que l’on surnomme la « petite fiancée de Montmartre », et qui s’est choisie le prénom de Suzanne, envoie valser toutes les conventions, artistiques comme morales. Elle tombe enceinte à 18 ans, vit une histoire d’amour passionnée avec le compositeur Erik Satie, puis se range quelques années avec un agent de change avant de s’enticher d’un ami de son fils, de 20 ans son cadet… Au fil des années, elle impose son style et surtout son regard : celui d’une artiste libre, femme qui plus est, démontant en quelques coups de pinceau des siècles d’idéalisation du corps féminin imposée par les grands récits de l’histoire de l’art occidental.

Plongée dans le Montmartre des avant-gardes

Rehaussées de puissants cernes noirs – caractéristiques des œuvres de Suzanne Valadon –, les illustrations aux couleurs vives de Coline Naujalis donnent corps au texte de Flore Mongin, qui avec son style enlevé et ses nombreux dialogues plonge le lecteur dans le bouillonnement artistique du Montmartre de la Belle Époque. Au fil des pages, on se laisse happer par les mille et un rebondissements – pas toujours heureux – ayant ponctué la vie de cette artiste entière, qui a toujours farouchement défendu sa liberté de créer. À noter que la chaîne Arte diffusera le 30 mars prochain un documentaire consacré à Suzanne Valadon, également réalisé par Flore Mongin avec les illustrations de Coline Naujalis.

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Suzanne Valadon, sans concession

Par Flore Mongin et Coline Naujalis

Coéd. éditions Seghers et Arte éditions • 240 p. • 25 €

Documentaire diffusé sur Arte le dimanche 30 mars 2025 à 17h55 et disponible sur Arte.tv du 23 mars au 28 avril 2025.

Retrouvez dans l’Encyclo : Suzanne Valadon
Retrouvez l'article dans la série Tout savoir sur Suzanne Valadon

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