En partenariat avec Historial de la Vendée

Ludovic Gignoux, Une ferme à la Linière
© Patrick Durandet
Auguste Renoir, passé à Noirmoutier en 1892, a dit de sa lumière qu’elle était « autrement plus belle que celle de la Méditerranée »… Il n’était pas le seul artiste à être aimanté par cette île charmante du golfe de Gascogne !
Preuve en est à l’Historial de Vendée, qui consacre au sujet une exposition riche d’un peu plus de 110 œuvres datées de 1850 à 1950, collectées et présentées par le Département de la Vendée, donnant à lire la fascination émerveillée des artistes pour ses paysages, ses vacanciers et sa douceur de vivre.
Tancrède Abraham, Plage du sableau à Noirmoutier
© Patrick Durandet
En 1850, les premiers peintres à voir dans Noirmoutier un potentiel sujet sont des locaux, noirmoutrins ou vendéens. Florimond Palvadeau (1815–1883), élève de Camille Corot, va jusqu’à faire la publicité de son île auprès de ses amis, comme dans cette lettre au poète Achille Millien : « Si vous aimez les sites pittoresques, des rochers de granit, des arbres dont les racines vont jusque dans la mer, venez à Noirmoutier. »
Petit à petit, la réputation de Noirmoutier, déjà solide chez les Vendéens et les Nantais, parvient aux oreilles des Parisiens, qui en découvrent les paysages peints lors des Salons officiels. On y arrive par le train depuis Pornic – comme en témoigne l’affiche de Léon Printemps de 1924 – et l’on y passe quelques heures, heureux de se balader sur les plages encore un peu sauvages (Tancrède Abraham, Plage du Sableau à Noirmoutier, vers 1869).
Parmi les plus beaux prêts de l’exposition, la toile de Gustaf Cederström, La Femme de l’artiste sur une plage à Noirmoutier (1882), venue du Nationalmuseum de Stockholm, représente à merveille la plénitude ressentie par les artistes en goguette et par leurs compagnes, élégantes jusque sur le sable.
À gauche : “La Femme de l’artiste sur une plage à Noirmoutier”, Gustaf Cederström ; À droite : “La Tour Plantier”, Paul Madeline
© Patrick Durandet
Une station balnéaire est alors en plein essor, celle du Bois de la Chaise. Dans les années 1860, on s’y essaie aux premiers bains de mer, et l’on se promène de la pointe Saint-Pierre jusqu’à la plage de l’Anse rouge, reconnaissable de loin grâce à la silhouette de la tour Plantier (Paul Madeline, La Tour Plantier à l’Anse rouge, Noirmoutier, vers 1900).
André Derain, Les Salines
© Patrick Durandet
Avides de réalisme, certains artistes s’aventurent au-delà des chemins balisés et vont à la rencontre des travailleurs, penchés sur leurs champs dorés (Victor Fulconis, La Récolte de pommes de terre, 1902) ou vaquant à leurs affaires dans un jardin sec où picorent des poules (Ludovic Gignoux, Une ferme à la Linière). André Derain lui aussi s’intéresse à l’île, dont il peint les moulins sous un ciel orageux (Noirmoutier, les salines, 1950).
Parmi les belles surprises du parcours, on s’arrêtera enfin sur les huiles et pages de carnet de Maurice Denis (1870–1943), qui trouve sur l’île l’inspiration de paysages idéaux et rêveurs. De quoi nous donner envie de plier bagage et de filer vers l’Ouest !
Île sur toile, un siècle de peinture à Noirmoutier
Du 5 décembre 2024 au 25 mai 2025
Exposition présentée par le Département de la Vendée
Historial de la Vendée • Allée Paul Bazin • 85170 Les Lucs-sur-Boulogne
nossites.vendee.fr
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