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PARIS

Mystérieux maître du clair-obscur, Georges de La Tour brille de mille feux au musée Jacquemart-André

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Publié le , mis à jour le
La gloire sous Louis XIII, une longue éclipse après sa mort en 1652 et enfin, au XXe siècle, la redécouverte éclatante du maître français du clair-obscur… Au musée Jacquemart-André, la première rétrospective parisienne consacrée à Georges de La Tour depuis celle du Grand Palais en 1997 apporte un nouvel éclairage sur le parcours du peintre caravagesque, qui conserve bien des secrets.
Georges de La Tour, Le Nouveau-Né
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Georges de La Tour, Le Nouveau-Né, vers 1645

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Ce chef-d’œuvre du musée de Rennes fait partie des trois toiles qui ont permis la redécouverte de La Tour. Il peut être lu comme un sujet profane (l’émotion de la naissance) ou sacré (une sainte nativité).

Coll. Dagli Orti / Musée des Beaux Arts, Rennes / Gianni Dagli Orti / Aurimages • © Collection Dagli Orti / Musée des Beaux Arts, Rennes / Gianni Dagli Orti / Aurimages

En 1640, il était « peintre du roi », adulé par Louis XIII. En 1900, il n’était plus rien. Pas même un nom, une signature : un fantôme oublié. La redécouverte de Georges de La Tour, « c’est un roman policier, l’un des plus importants de l’histoire de l’art », assure Gail Feigenbaum. Co-commissaire de l’exposition que lui consacre le musée Jacquemart-André (avec le conservateur Pierre Curie), celle-ci fait partie des enquêteurs lancés sur les traces du maître des « nuits » (tableaux nocturnes), qui fait aujourd’hui palpiter le cœur de tout amateur d’art.

Sur sa vie, son œuvre, demeurent mille lacunes. Mais une chose est sûre désormais : La Tour n’était « pas ce petit artiste isolé qui peint des tableaux à la chandelle au fin fond de la Lorraine, résume Jean-Pierre Cuzin, auteur d’une monographie consacrée au peintre (éd. Citadelles & Mazenod). C’est d’autant plus étonnant qu’après sa mort, il tombe dans un oubli complet. »

Un artiste sorti de l’oubli

Commençons par l’histoire de sa fascinante redécouverte. On la doit aux premières intuitions, à la fin du XIXe siècle, du Lorrain Alexandre Joly, conservateur au musée de Lunéville qui reconstitue les premières bribes de sa carrière, puis à l’historien de l’art Hermann Voss. En 1915, alors qu’il dirige les musées de Berlin, celui-ci a l’idée de rapprocher deux scènes nocturnes du musée de Nantes, le Reniement de saint Pierre et l’Apparition de l’ange à saint Joseph, d’une autre conservée à Rennes, le Nouveau-Né, suggérant qu’elles sont de la même main.

Georges de La Tour, Le Reniement de saint Pierre
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Georges de La Tour, Le Reniement de saint Pierre, 1650

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Cette toile est aussi l’une de celles qui ont lancé en 1915 l’historien de l’art Hermann Voss sur la piste d’un peintre alors inconnu nommé Georges de La Tour. Illustré également par Caravage, cet épisode de la Passion du Christ évoque, après l’arrestation de ce dernier, le triple reniement
de l’apôtre Pierre.

Coll. musée des Beaux Arts Nantes / Aurimages • © musée des Beaux Arts Nantes / Aurimages

« Georges de La Tour a transfiguré l’ordinaire pour le rendre sacré, il a montré le sacré tel qu’il s’incarne dans l’ordinaire. »

Gail Feigenbaum

Spécialiste du caravagisme, Roberto Longhi prolonge les recherches dans les années 1920. D’autres œuvres sont attribuées à l’artiste, qu’on pensait signées Zurbarán, Vélasquez, Le Nain ou Vermeer. C’est en 1934 que La Tour est pleinement mis en lumière avec la légendaire exposition parisienne intitulée « Les peintres de la réalité en France au XVIIe siècle ». « L’admirable simplification des sujets, des volumes, des silhouettes ne servent ici qu’à exprimer les plus profonds penchants de l’âme », s’émerveille alors Charles Sterling, qui organise l’exposition présentant à l’Orangerie sept de ses nuits et cinq sujets diurnes. Comment peut-il s’agir du même artiste ? Les experts s’arrachent les cheveux.

A-t-il peint en parallèle scènes nocturnes et scènes de jour, motifs sacrés et profanes ? Difficile, voire impossible d’établir la chronologie des toiles, non datées pour la plupart. Mais l’on comprend aujourd’hui que les deux faces de l’œuvre ont en fait des liens profonds. « Il a transfiguré l’ordinaire pour le rendre sacré, il a montré le sacré tel qu’il s’incarne dans l’ordinaire », décrit ainsi Gail Feigenbaum.

« Le triomphe de l’histoire de l’art »

Georges de La Tour, Saint Jérôme pénitent
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Georges de La Tour, Saint Jérôme pénitent, non daté

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Le traducteur de la Bible en latin est ici représenté en train de se flageller à l’aide d’une corde à nœuds dans une composition
stupéfiante d’audace, dont il existe une seconde version dépourvue du chapeau cardinalice.

Coll. Erik Cornelius / Nationalmuseum, Stockholm. P.80 Coll. et CC0 National Gallery of Art, Washington • © Erik Cornelius / Nationalmuseum, Stockholm. P.80 Coll. et CC0 National Gallery of Art, Washington

Après la guerre, les recherches se poursuivent. En 1947, François-Georges Pariset soutient sa thèse consacrée à Georges de La Tour, véritable somme. Mais l’enquête n’est pas achevée. « La Tour est le triomphe de l’histoire de l’art, et sa justification, s’enthousiasme Jacques Thuillier, l’un de ses éminents experts. Car La Tour n’existerait pas sans l’histoire de l’art. » En 2005 encore, un Saint Jérôme est retrouvé à Madrid, oublié dans un bureau de l’Institut Cervantes.

« L’exhumation d’un génie oublié est toujours un phénomène passionnant, mais ce qui fait de tels artistes [Caravage, Vermeer et La Tour] des héros, c’est qu’ils ‘parlent’ à un public moderne, analyse Gail Feigenbaum. Nul besoin d’érudition, de formation classique ni de connaissances en histoire, en théologie ou en rhétorique. Ainsi, dans leur naturalisme, leur spiritualité et leur simplicité, les tableaux de La Tour semblent jeter un pont entre les siècles. » Selon Jacques Thuillier, Georges de La Tour aurait peint entre 300 et 500 tableaux. Une quarantaine d’entre eux nous sont parvenus, et autant de copies. Mais au fil des recherches, le personnage a peu à peu pris chair.

Une aura de mystère

Son visage est oublié, nul portrait retrouvé. Mais les archives éclairent le parcours de celui qu’André Malraux surnommait « le peintre du silence ». Georges de La Tour est né entre vignes et blé, en 1593, à Vic (aujourd’hui Vic-sur-Seilles), non loin de Nancy. Son père est négociant en pain et farine, ses proches sont moines franciscains ou maîtres maçons. Aucun document ne garde trace de sa présence en Lorraine jusqu’à ses 23 ans. Est-ce l’indice d’années de formation passées à l’étranger ? Mais alors où ? La question déchaîne les passions.

Il ne peut pas ne pas connaître l’Annonciation de Caravage, que le duc Henri II a offert à la primatiale de Nancy en 1609. Mais a-t-il fait, comme le Lorrain Jacques Callot, le voyage en Italie ? Les archives romaines ont été écumées : rien.

Georges de La Tour, La Madeleine pénitente ou La Madeleine au miroir
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Georges de La Tour, La Madeleine pénitente ou La Madeleine au miroir, vers 1635–1640

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Le chef-d’œuvre d’un peintre mystérieux

Joyau de la National Gallery of Art de Washington, cette sublime Madeleine pénitente, dite aussi Madeleine au miroir, est l’un des chefs-d’œuvre de Georges de La Tour, artiste dont la vie demeure aujourd’hui constellée de zones d’ombre. Né en 1593 à Vic-sur-Seille, dans le duché de Lorraine – territoire indépendant situé entre la France et le Saint-Empire romain germanique, celui qui a pourtant officié en tant que peintre ordinaire du roi Louis XIII est tombé dans l’oubli après sa mort en 1652. Il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que son œuvre soit progressivement redécouverte. Seule une quarantaine de tableaux nous sont parvenus, alors que l’artiste en aurait réalisé entre 300 et 500.

Huile sur toile • 113 × 92,7 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington DC

« Georges de La Tour est de son temps, Lorrain d’abord mais aussi un peu nordique et un peu caravagesque, un peu français et quelquefois allemand, parfois même espagnol. »

Pierre Rosenberg

Aurait-il séjourné aux Pays-Bas, comme le postule Pierre Curie ? Peut-être, vers 1616 ou 1620. Nombre de peintres néerlandais ont alors adopté le style caravagesque : à Utrecht, son héritage se perpétue dans les œuvres de Hendrick Ter Brugghen ou Gerrit van Honthorst, qui ont ramené de Rome ses clairs-obscurs novateurs. La Tour connaît-il les nocturnes spectaculaires du second ? A-t-il plutôt découvert, séjournant à Paris pour la foire de peintures de Saint-Germain-des-Prés, les nuits du Flamand Adam de Coster, qui aurait pu lui révéler le potentiel dramatique de l’éclairage à la chandelle ?

Les thèses se multiplient et se contredisent. Pierre Rosenberg, lui aussi spécialiste de l’artiste, résume au mieux ce métissage d’influences : « Il est de son temps, Lorrain d’abord mais aussi un peu nordique et un peu caravagesque, un peu français et quelquefois allemand, parfois même espagnol. »

L’art d’illuminer un corps

Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier
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Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier, 1642–1644

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Icône du musée du Louvre, ce saint Joseph face à l’Enfant Jésus fascine par l’opposition entre la majesté de l’humble vieillard et la pureté juvénile du Fils de Dieu, mais aussi par la puissance de ce clair-obscur qui transcende leurs deux silhouettes.

Coll. GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado • © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

On retrouve trace de Georges de La Tour en 1617, à Vic, quand il épouse Diane Le Nerf, avec qui il aura dix enfants. Il se rêve noble, son vœu ne sera pas exaucé. Mais son alliance avec la jeune femme issue d’une famille de marchands prospères et anoblis lui permet de pénétrer l’aristocratie locale. En 1620, le couple s’installe à Lunéville, plus près de la cour de Nancy. La capitale du duché de Lorraine est alors un foyer artistique vivace.

La Tour y aurait-il fait son apprentissage, dans l’atelier nancéien de Jacques Bellange (v. 1575–1616) qui domine cette scène, comme le suggère l’historienne de l’art Paulette Choné dans le catalogue ? Là encore, nulle certitude. Mais « des souvenirs de Bellange sont assurément bien présents dans la qualité graphique du pinceau de La Tour, dans les ovales parfaits de quelques visages ou la grâce exagérée […] des mains ». Dans la délicatesse des détails vestimentaires, aussi, de ceux qui subjuguent devant son Tricheur à l’as de carreau conservé au Louvre.

« C’est une nuit intérieure : un logis humble et clos où il y a un corps humain qu’une petite source de lumière éclaire en partie. Telle est l’unité de l’épiphanie. »

Pascal Quignard

Quelles que soient ses influences, l’infinie singularité de l’œuvre s’impose. « Très tôt, La Tour a pu approfondir sa réflexion sur l’intensification de la relation entre la lumière et l’ombre et la puissance du clair-obscur, tout aussi sensible dans ses œuvres ‘claires’ que dans ses ‘nuits’, analyse Paulette Choné. Peu à peu il ose des expérimentations plastiques très avancées sur l’art d’allumare un corps. Là, il n’est plus le disciple de personne : s’étant approprié avec sûreté tout ce qui lui est nourriture, il suit sa propre voie. »

Bien que bourgade de 1 000 habitants, Lunéville est peuplée de collectionneurs fortunés, et La Tour joue des coudes pour s’imposer comme peintre de la ville. Il s’y nourrit aussi du quotidien dans lequel il vit. « Ce sont là des terres de passage, de frontière linguistique indécise, où circulent et se mêlent les trajectoires déviantes ou nomades des soldats mercenaires, bohémiens, mendiants vrais et faux, musiciens ambulants et montreurs de tours, auxquels le peintre porta un regard si attentif, poursuit Paulette Choné. Une petite frange d’amateurs ne va pas tarder à ranimer une mode déjà prisée à la génération précédente, celle des sujets de genre triviaux ou burlesques, des ‘gaillardises’, de la poésie rugueuse du quotidien et des types populaires. »

Un répertoire réduit de figures humbles

C’est à cette catégorie qu’appartiennent les joueurs de vielle et les tricheurs, la Femme à la puce ou les Mangeurs de pois : silhouettes humbles dont le peintre restitue la majesté et le tragique. Voilà tout ce qui constitue son répertoire iconographique, avec les scènes de jeu et quelques épisodes de l’Ancien Testament. Peu nombreux sont les motifs qu’il aborde, et il aime à y revenir.

Georges de La Tour, Les Mangeurs de pois
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Georges de La Tour, Les Mangeurs de pois, vers 1620–1625

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Quand La Tour peint cette toile, la Lorraine est en proie à la guerre, aux épidémies de peste et à la famine. Déchirantes de vérité, ces deux figures paysannes évoquent superbement les tragédies qui frappent alors la région natale du peintre.

Coll. GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado • © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

En témoignent ses Madeleine, parmi ses œuvres les plus célèbres. Mais ses sources religieuses demeurent elles aussi un mystère. « Il croyait à l’idée d’une reviviscence de la vraie piété initiale, sévère, antique, pure, majestueuse, présume l’écrivain Pascal Quignard dans la Nuit et le Silence – Georges de La Tour (1995). Il fit de la nuit son royaume. C’est une nuit intérieure : un logis humble et clos où il y a un corps humain qu’une petite source de lumière éclaire en partie. Telle est l’unité de l’épiphanie. »

Peu importe, dès lors, les textes ou les courants religieux qui ont traversé l’œuvre : c’est leur humanité, plus que leur mystique, qui émeut aujourd’hui. Comme hier peut-être ? Il suffit pour s’en convaincre de lire le philosophe et historien Hippolyte Taine évoquant le Nouveau-Né du musée de Rennes, dans ses Carnets de voyage – Notes sur la province (1863–1865), en un temps où nul ne connaissait le nom de La Tour : « Le front sans cheveux, les yeux sans cils, la lèvre inférieure rabaissée, le nez et la bouche ouverts, simples trous pour respirer l’air, la peau unie, luisante, que l’air a touchée encore à peine.

Tout l’engloutissement primitif dans la vie végétative. […] Le sujet n’est rien ; comment l’artiste a-t-il saisi […], avec quelle profondeur a-t-il compris la réalité physique colorée et vivante ? Plus un homme est un peintre, plus il est incessamment et éternellement occupé de faire vrai. »

Peindre l’humanité éprouvée

Dans les années 1630, la Lorraine est assaillie par les troupes françaises. La peste arrive avec elles. Lunéville est ravagée par les incendies provoqués par les soldats du roi en 1638. Son atelier est très probablement détruit, et avec lui nombre de ses œuvres. La Tour se réfugie alors avec femme et enfants à Nancy. Il prête allégeance à Louis XIII, entre en relation avec deux protégés du cardinal de Richelieu, qui acquièrent ses toiles. Il multiplie alors les allers-retours entre sa province et Paris, et sa reconnaissance atteint alors son apogée.

En 1639, invité à la cour par Louis XIII, La Tour présente « un saint Sébastien dans une nuit » qui fascine le monarque. Il « excellait dans les peintures des nuits. […] Cette pièce était d’un goût si parfait que le roi fit ôter de sa chambre tous les autres tableaux pour n’y laisser que celui-là », relate l’érudit lorrain Dom Augustin Calmet en 1751. Voilà La Tour gratifié du titre de « peintre ordinaire du roi ».

Georges de La Tour, Le Souffleur à la pipe
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Georges de La Tour, Le Souffleur à la pipe, 1646

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Hérité de la peinture vénitienne et également repris par les caravagesques et Greco, ce personnage est le sujet de neuf versions différentes connues. Il est caractéristique d’un type de production destiné à orner les intérieurs bourgeois.

Coll. Fuji Art Museum Tokyo / photo Josse / Bridgeman Images • © Fuji Art Museum Tokyo / photo Josse / Bridgeman Images

Un logement lui est attribué dans les galeries du Louvre, ainsi qu’une pension exceptionnelle de 1 000 livres. La Tour gère avec pragmatisme, voire un joli sens des affaires et du politique, cette renommée nouvelle. Dès 1640, il embauche un commis pour défendre ses intérêts dans la capitale. Il a intelligemment trouvé un modèle économique en multipliant les copies autour de ses motifs les plus appréciés : on connaît ainsi neuf versions de son Souffleur à la pipe.

Avant qu’il ne soit emporté par une épidémie en 1652, ses dernières années sont plus chaotiques, marquées par querelles et procès. Une trouvaille de Jacques Thuillier dans les archives de Lunéville décrit un homme « qui se rend odieux au peuple par la quantité de chiens qu’il nourrit, tant lévriers qu’épagneuls, comme s’il était seigneur du lieu ». Mais Gail Feigenbaum tient à pondérer cette image de citoyen brutal et colérique : « La Tour était un travailleur acharné, responsable d’une grande maisonnée et d’une entreprise en temps de guerre, dont la maison, l’atelier et la ville ont été incendiés par les Français ; ses œuvres ont été détruites, et lui-même est devenu un réfugié. Au-delà de son comportement de citoyen, ne trouve-t-on pas des preuves d’humanité dans sa peinture, dans le regard qu’il porte sur ses malheureux compagnons d’infortune ? »

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Georges de La Tour. Entre ombre et lumière

Du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026

www.musee-jacquemart-andre.com

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Catalogue de l'exposition

Retrouvez dans l’Encyclo : Georges de La Tour
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