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James Ensor, Henti Matisse, Hilma af Klint ou encore Pierre Paul Rubens… Cet automne, les têtes d’affiche ne manquent pas autour du globe. Prémices de la Renaissance italienne à New York, abstraction à Bilbao, mais aussi l’atelier d’un peintre prolifique à Madrid : le programme des expositions à l’international est enivrant !
Rendez-vous au musée royal des Beaux-Arts d’Anvers pour découvrir le grinçant James Ensor, ou au Metropolitan Museum of Art de New York pour une rencontre avec les maîtres siennois, à l’aube de la Renaissance. Envie d’une escapade colorée et poétique ? Henri Matisse s’installe à Bâle. À Londres, les artistes imaginent l’avenir du langage visuel, et à Los Angeles, les arts se font scientifiques. Au musée Guggenheim de Bilbao, percez enfin les secrets d’Hilma af Klint, qui avant Vassily Kandinsky posa les bases de l’abstraction, ou encore explorez l’atelier du grand Rubens à Madrid.
James Ensor, Les squelettes se réchauffent, 1889
Coll. et © Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas. Coll
S’il fallait dessiner la zwanze, ce genre d’humour railleur pétri d’autodérision lié à l’esprit bruxellois, ce pourrait être un tableau de James Ensor (1860–1949). Peintre des masques et des squelettes qu’il fait défiler, de sa patte âpre et rugueuse, dans des carnavals macabres, il n’a pas son pareil pour décrire les vices et les faux-semblants de la comédie humaine. Le musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, qui possède la plus importante collection d’œuvres de l’artiste, célèbre son génie déjanté, dévoilant le parcours semé de blagues acides et de visions cauchemardesques de cet avant-gardiste qui connut une gloire tardive, après avoir su transcender et engloutir, tel un ogre, les différents courants artistiques de la modernité, à commencer par l’impressionnisme. Le maître de l’imagination est entouré d’artistes, tels Edvard Munch, Claude Monet ou Édouard Manet, qui l’ont inspiré et auxquels il voulait se mesurer.
Pietro Lorenzetti, La Crucifixion, 1340
Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York.
République indépendante en plein essor économique au Trecento, concurrente directe de Florence, Sienne fut le théâtre d’innovations plastiques portées par les très inspirés Duccio, Simone Martini et les frères Lorenzetti. Ils sont les premiers à représenter la ville de façon si détaillée selon une perspective symbolique, individualisent les figures et traduisent une palette d’émotions humaines, avant que la peste noire de 1348 ne décime la scène artistique, emportée par la mort comme la moitié de la population siennoise. Le Met de New York les fait revivre le temps d’un parcours d’exception réunissant une centaine de ces œuvres visionnaires qui allaient marquer à jamais la création.
L’institution expose en parallèle des images dévotionnelles fascinantes créées au même moment à l’autre bout du monde. Destinés à conceptualiser le cheminement pour atteindre l’illumination bouddhiste, les mandalas du XIIe au XVe siècle réunis ici (peintures, sculptures, textiles et objets) et associés à l’installation contemporaine de l’artiste Tenzing Rigdol, éclairent le spectateur sur le culte himalayen et les multiples représentations de l’univers.
Sienne, The Rise of Painting, 1300-1350
Du 13 octobre 2024 au 26 janvier 2025
The Metropolitan Museum of Art • 1000 5th Avenue • 10028 New York
www.metmuseum.org
Mandalas – Mapping the Buddhist Art of Tibet
Du 19 septembre 2024 au 12 janvier 2025
The Metropolitan Museum of Art • 1000 5th Avenue • 10028 New York
www.metmuseum.org
Henri Matisse, Grand nu couché (nu rose), 1935
Huile sur toile • 66,4 × 93,3 cm • Coll. musée d’Art de Baltimore • © Succession H. Matisse / © ADAGP, Paris 2024 / Photo Mitro Hood
« L’optimisme de Matisse, c’est le cadeau qu’il fait à notre monde malade, l’exemple à ceux-là donné qui se complaisent dans le tourment. » Les mots de Louis Aragon qui rencontre l’artiste en 1941 pourraient être inscrits en frontispice de la rétrospective que la fondation Beyeler consacre au peintre. Un rendez-vous à ne pas manquer avec le chantre de la couleur, fauve de la joie de vivre et inventeur des papiers découpés.
Matisse– Invitation au voyage
Du 22 septembre 2024 au 26 janvier 2025
Fondation Beyeler • 101 Baselstrasse • 4125 Riehen
www.fondationbeyeler.ch
Samia Halaby, Fold 2, 1988
Coll. Tate Modern, Londres • © Ane Crabtree Courtesy Samia Halaby et Galerie Sfeir- Semler, Beirut / Hamburg
De la naissance de l’op art dans les années 1950 aux débuts d’Internet dans les années 1990, de Victor Vasarely à la peintre abstraite Samia Halaby, les artistes se sont emparés des machines et algorithmes pour élaborer des œuvres hypnotiques vertigineuses. Entre art, science et innovations technologiques, bienvenue dans un monde où les œuvres jouent sur la perception du réel, adoptant la forme d’installations sensorielles immersives ou de programmes générés automatiquement. Ou comment les artistes sont capables d’imaginer le langage visuel de l’avenir.
Electric Dreams Art and Technology Before the Internet
Du 28 novembre 2024 au 1 juin 2025
Tate Modern • Bankside • SE1 9TG
www.tate.org.uk
Liam Young, The Vertical Farms of Planet City, [extrait], 2023
© Liam Young
C’est sous les auspices de l’art et de la science que se déroule cette 3e édition du festival PST ART (ancien Pacific Standard Time), événement artistique majeur de la Californie du Sud avec plus de 70 expositions explorant les liens entre les deux disciplines. Au programme de ces réjouissances expérimentales proposées par le Getty Center : un test de moteur de fusée réalisé lors d’une performance par le créateur American Artist pour le Los Angeles County Museum of Art ; l’envoi d’une réplique du premier satellite artificiel de la Terre en orbite au Wende Museum de Culver City, musée d’art et d’archives sur la guerre froide ; le spectacle Resonance, commandé à des chorégraphes en collaboration avec des chercheurs scientifiques, et une folle soirée au théâtre de l’Ace Hotel où l’intelligence artificielle est envisagée à travers les perspectives de communautés autochtones, noires et queers…
Festival PST Art
"Art & Science Collide"
Hilma af Klint, Group IV, The Ten Largest, No. 7, Adulthood, 1907
Guggenheim Museum, New York • © Guggenheim Museum, New York.
Nourrie de théosophie, d’imagerie scientifique et d’enseignements hindouistes, Hilma af Klint (1862–1944) accordait une toute-puissance aux formes colorées dans sa quête d’une vérité universelle unissant le spirituel au matériel, le féminin au masculin. Elle a commencé à peindre des toiles abstraites dès 1906, dans le secret de son atelier, ce qui ferait d’elle la pionnière de cette rupture radicale dans la représentation du réel, longtemps attribuée à Kandinsky. Démonstration au musée Guggenheim de Bilbao.
Hilma af Klint
Du 18 octobre 2024 au 2 février 2025
Musée Guggenheim • 2 Abandoibarra Etorbidea • 48009 Bilbao
www.guggenheim-bilbao.eus
Peter Paul Rubens, Mercure et Argus, entre 1636 et 1638
180 × 298 cm • Huile sur toile • Coll. musée national du Prado, Madrid • © Museo Nacional del Prado – presse
Prince de la peinture baroque, le plus prolifique et le plus demandé d’Europe, Pierre Paul Rubens (1577–1640) a laissé à la postérité presque 1 500 œuvres. Un ensemble colossal qui n’aurait pu voir le jour sans les élèves, assistants et collaborateurs de son atelier. Dans une scénographie très théâtrale, le musée du Prado recrée cet antre de la création pour en révéler le fonctionnement.
L’atelier Rubens
Du 15 octobre 2024 au 16 février 2025
Museo Nacional del Prado • s/n Paseo del Prado • 28014 Madrid
www.museodelprado.es
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