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GUIDE

Caillebotte, surréalisme, Ribera… Les 25 expos les plus attendues de la rentrée en France

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Gustave Caillebotte ou Chantal Akerman ? Raphaël ou Ribera ? Pop art ou surréalisme ? Folie ou zombis ? Le programme de la rentrée s’annonce si riche qu’il va falloir faire des choix. Pas de panique ! Beaux Arts a sélectionné pour vous les 25 expositions les plus prometteuses de l’automne, du Louvre à Orléans, en passant par Lyon et Nantes.

Qui dit rentrée, dit nouvelles expositions ! Et, cette année, la programmation est pleine de surprises. Art moderne ou contemporain, sculpture, dessins, installations et même expériences immersives… Il y en a pour tous les goûts !

Rendez-vous au musée Bourdelle pour un face-à-face entre les maîtres Rodin et Bourdelle ou au Palais des beaux-arts de Lille pour découvrir l’univers de Raphaël sous toutes ses coutures ! Pour les fans de la série The Walking Dead, faites un saut au musée du quai Branly pour une expo inédite sur les zombis. Rendez-vous aussi au musée d’Arts de Nantes pour revenir sur la grande épopée des paquebots. Embarquement immédiat !

1. Au musée d’Orsay, un Caillebotte très viril

Gustave Caillebotte, Jeune homme à sa fenêtre
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Gustave Caillebotte, Jeune homme à sa fenêtre, 1876

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Huile sur toile • 116 × 81 cm • Coll. The J. Paul Getty Museum, Los Angeles • © Digital images courtesy of the Getty’s Open Content Program

Gustave Caillebotte (1848–1894) a été exposé sous différentes facettes, tant dans son rôle de collectionneur que pour sa passion pour la photographie et les jardins… Le musée d’Orsay fait là un pas de côté, en explorant un sujet vierge : la figuration des hommes dans sa peinture. Des célébrissimes Raboteurs de parquet au Jeune homme à sa fenêtre, le sujet masculin est en effet très présent. Les commissaires avancent une explication à cette prédominance : « À l’époque du triomphe de la virilité et de la fraternité républicaine, mais aussi de la première crise de la masculinité traditionnelle, la nouveauté et la puissance de ces images questionnent aussi bien l’ordre social que sexuel. Au-delà de sa propre identité, celle de jeune et riche célibataire parisien, Caillebotte porte au cœur de l’impressionnisme et de la modernité une profonde interrogation sur la condition masculine. » L’exposition s’avère passionnante ! SF

Gustave Caillebotte. Peindre les hommes

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

2. Au Petit Palais : Ribera, le plus radical des caravagesques

Jusepe de Ribera dit l’Espagnolet, Le Jugement de Salomon
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Jusepe de Ribera dit l’Espagnolet, Le Jugement de Salomon, XVIIe siècle

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Huile sur toile • 153 × 201 cm • Coll. Galerie Borghèse, Rome • © Photo SCALA, Florence – Courtesy Ministero Beni Att. Culturali e del Turismo, Dist. GrandPalaisRmn / presse

Venu d’Espagne pour tenter l’aventure romaine, attiré par les lumières de la ville papale et ses bas-fonds ténébreux hantés par les ombres sulfureuses de Caravage, José de Ribera (1591–1652) incarne au mieux cette génération de jeunes peintres qui reprend à son compte les innovations du maître du clair-obscur pour trouver sa propre voie, allant parfois jusqu’à le surpasser. Arrivé à Rome à 17 ans puis parti faire carrière à Naples, il exécute, sous l’éclairage latéral tout en contrastes de son atelier, des peintures au réalisme radical où chairs et objets se révèlent dans leur vérité crue. Démonstration au Petit Palais qui offre à l’artiste sa première rétrospective française à coups de chefs-d’œuvre et en regard des dernières découvertes de l’histoire de l’art. L’occasion aussi de découvrir la production graphique d’un des rares caravagesques à avoir laissé à la postérité des dessins et gravures. DB

Ribera. Ténèbres et lumière

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

3. Au musée Picasso, un autre Pollock

Jackson Pollock, Untitled
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Jackson Pollock, Untitled, vers 1943

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Os sculpté • 15,8 × 7,9 × 4,6 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Houston, Texas • © Pollock-Krasner Foundation / ADAGP, Paris 2024

On connaît le héraut, et héros, de l’abstraction expressionniste d’après-guerre… Mais beaucoup moins le Pollock des débuts. Retour sur la première décennie du célèbre Américain, de 1938 aux « drippings » de 1947. Où l’on découvre un artiste marqué par l’influence réaliste de son grand frère Charles, remis en lumière depuis quelques années, et des muralistes mexicains, tout aussi engagés. Autre évocation, la fascination qu’exercent sur lui Picasso, ici son hôte, et les tableaux de sable de Masson. Peinture, mais aussi gravure et sculpture, un autre Pollock se révèle, entouré du collectionneur John D. Graham, qui le défendit dès ses débuts, et de son épouse (et grande peintre !) Lee Krasner. EL

Jackson Pollock – Premières années

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4. Au musée Jacquemart-André, comme un air romain

Le Caravage, Garçon à la corbeille de fruits
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Le Caravage, Garçon à la corbeille de fruits, vers 1595

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Huile sur toile • 70 × 67 cm • Coll. galerie Borghese, Rome • © Galleria Borghese / photo Mauro Coen

Ce n’est certes qu’un extrait, mais il est vivifiant ! Un Raphaël, un Caravage mais aussi des peintures signées Botticelli, Ghirlandaio, Véronèse ou Titien, autant d’œuvres qui viennent illustrer les goûts très éclectiques du cardinal, réunies cet automne dans le musée du Triangle d’or. Qui rouvre après des travaux ayant porté sur le réaménagement et la végétalisation de sa cour intérieure, la rénovation de son salon de thé (et de son plafond Tiepolo) et de son fumoir, dont l’accrochage a été totalement revu, avec la sortie des réserves d’un Reynolds et d’un Gainsborough. SF 

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Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse

Du 6 septembre 2024 au 9 février 2025

www.musee-jacquemart-andre.com

5. Au musée du Louvre, un vent de folie

Frans Verbeeck, Bouffon regardant à travers ses doigts
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Frans Verbeeck, Bouffon regardant à travers ses doigts, vers 1550

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Huile sur panneau • 33,9 × 24,6 cm • Coll. particulière

Dans un bateau à la dérive, un moine franciscain et une nonne chantent et jouent du luth (symbole de l’inspiration mais aussi de la luxure) en compagnie de joyeux drilles éméchés et d’un simple d’esprit perché sur une branche. Laissez-vous embarquer par le Louvre à bord de la Nef des fous, seule œuvre du génial Jérôme Bosch (vers 1450–1516) en sa possession, pour un voyage délirant au cœur de l’imaginaire médiéval. Où quelque 300 œuvres (peintures, sculptures, vitraux, enluminures, objets d’art) dessinent un portrait complexe et multiforme du fou, ce personnage incontrôlable, omniprésent dans les romans de chevalerie, les carnavals et à la cour du roi où il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. DB

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Figures du fou. Du Moyen Âge aux Romantiques

Jusqu’au 3 février 2025

presse.louvre.fr

6. À la fondation Louis Vuitton, on se demande ce qu’est le pop art…

Tom Wesselmann, Man Ray at the Dance
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Tom Wesselmann, Man Ray at the Dance, 2004

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Huile sur toile • 248.9 × 188 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Almine Rech, Paris, Bruxelles / © ADAGP, Paris 2024

En figure centrale de cet accrochage pétillant, on trouve l’un des maîtres du mouvement, Tom Wesselmann (1931–2004). 150 de ses œuvres composent un panorama riche de sa carrière, de ses premiers collages de la fin des années 1950 à ses Sunset Nudes matissiens de 2004, en passant par les formats inédits (en trois dimensions) de ses Standing Still Lifes. Mais l’exposition contextualisera aussi « l’œuvre de Wesselmann dans l’histoire de l’art et offrira des perspectives passionnantes sur le pop art, au passé, au présent et même au futur », promettent les commissaires Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer. L’entourent ainsi ses maîtres Dada, Kurt Schwitters ou Marcel Duchamp, ses contemporains Claes Oldenburg, Meret Oppenheim ou Evelyne Axell, mais aussi des générations plus récentes représentées par Sylvie Fleury, Mickalene Thomas ou Ai Weiwei. Soit 35 artistes qui ont le pop art en partage. EL

Pop forever. Tom Wesselmann &...

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

7. À Lyon, le miracle Zurbarán

Francisco de Zurbarán, Saint François d’Assise en extase
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Francisco de Zurbarán, Saint François d’Assise en extase, vers 1635–1640

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Huile sur toile • 152 × 99 cm • Coll. National Gallery, Londres • © The National Gallery

Le plus mystique des peintres du Siècle d’or espagnol, Francisco de Zurbarán (1598–1664) vient illuminer le musée des Beaux-Arts de Lyon avec ses visions fulgurantes traduisant l’intensité de l’ascétisme monastique dans un réalisme ténébreux. L’établissement a réussi le petit miracle de réunir les trois versions peintes de son Saint François debout momifié (le tableau issu de sa collection et les deux autres conservés au musée d’Art ancien de Catalogne à Barcelone et au Museum of Fine Arts de Boston) pour une confrontation lumineuse où se révèlent toutes les nuances et subtilités d’une création iconique qui, entourée ici d’œuvres du XVIe siècle à aujourd’hui, n’a cessé d’inspirer les artistes. DB

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Zurbarán. Réinventer un chef-d’œuvre

Du 5 décembre 2024 au 2 mars 2025

www.mba-lyon.fr

8. Au Centre Pompidou, un labyrinthe pour revisiter l’univers surréaliste

Max Ernst, L’Ange du foyer
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Max Ernst, L’Ange du foyer, 1937

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Huile sur toile • 117,5 × 149,8 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris 2024 / Photo Vincent Everarts

Riche de (re)découvertes, cette exposition nous invite à pénétrer toujours plus profondément dans le labyrinthe de l’inconscient surréaliste. Au fil de son parcours en spirale, elle offre une relecture très contemporaine du mouvement, faisant la part belle aux artistes femmes mais aussi à l’internationale surréaliste, deux aspects trop longtemps négligés. À noter, nombre de galeries parisiennes offrent une programmation en écho à ce centenaire, par exemple une rétrospective Leonor Fini proposée par la galerie Minsky. EL 

Surréalisme

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

9. À Lille, au plus près de Raphaël

Raphaël (dit), Sanzio Raffaello, Sainte Famille à la grenade
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Raphaël (dit), Sanzio Raffaello, Sainte Famille à la grenade, XVIe siècle

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Dessin à la plume, dessin au stylet, encre brune, pierre noire • 35,3 × 23,4 cm • Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille • © Dist. GrandPalaisRmn / Photo Stéphane Maréchalle / presse

Raphaël (1483–1520) comme vous ne l’aurez jamais vu ! Le Palais des beaux-arts de Lille dévoile pour la première fois son incroyable collection de dessins du génie de la Renaissance, dont certains ont été récemment restaurés. Grâce à la réalité augmentée, l’exposition fait toute la lumière sur son processus de création, du dessin à la peinture, et reconstitue aussi les œuvres détruites ou perdues du maître. SdB

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Expérience Raphaël

Du 18 octobre 2024 au 17 février 2025

pba.lille.fr

10. Au musée Marmottan Monet, la maestria de l’illusion

Jean-François de Le Motte, Trompe l’œil
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Jean-François de Le Motte, Trompe l’œil, 2e moitié du XVIIe siècle

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Huile sur toile • 78,1 × 53,2 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Dijon • © Musée des Beaux-Arts / Photo François Jay

Boilly est sans aucun doute l’un des plus grands maîtres du genre, même s’il n’en fut pas l’inventeur mais le plus ardent des défenseurs. L’histoire est connue : lorsqu’il expose vers 1800 ses premiers tableaux en trompe-l’œil, le peintre est violemment attaqué par la critique. Qu’importe, il y répond par une caricature figurant un âne et un cochon avec cette légende : « Artistes, voici vos détracteurs »… De fait, le genre fut promis à un grand succès, jusque dans l’art contemporain. Cette exposition tout en faux-semblants relate ainsi la grande histoire du trompe-l’œil, qui fut par ailleurs l’une des facettes méconnues du goût de Jules Marmottan et de son fils Paul, donateurs du musée. SF

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Le trompe-l’œil – De 1520 à nos jours

Du 17 octobre 2024 au 2 mars 2025

www.marmottan.fr

11. À la Bourse de Commerce, l’éloge du peu

Mario Merz, Che fare?
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Mario Merz, Che fare?, 1968

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Cire, tube fluorescent dans un récipient métallique • 14,5 × 45 cm • Coll. Fondation Guido et Ettore De Fornaris, Turin • Courtesy de la GAM – Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea / © ADAGP, Paris 2024

Une exposition monstre pour célébrer l’un des mouvements les plus inspirants de la fin du XXe siècle, et le plus chéri par la jeune création : honneur aux treize maestri de l’arte povera ! Sous la houlette de Carolyn Christov-Bakargiev, vibrante spécialiste de cette école qui n’en était pas une, Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Mario Merz, Giulio Paolini, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto sont honorés d’autant de salles monographiques, sans oublier les figures moins connues : Pino Pascali, Marisa Merz, Emilio Prini et Gilberto Zorio. Sous la rotonde, leurs œuvres s’unissent, de néons et de feu, de bois et de gel, emportées par une alchimique énergie. S’ajoutant aux 50 œuvres appartenant à la Collection Pinault, plus de 200 autres viennent de toute l’Europe pour nous rappeler qu’une œuvre d’art n’est ni objet ni conquête de marché, mais geste, désir, souffle. Magistral ! EL

Arte Povera

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

12. Au quai Branly, vers le royaume des morts-vivants

Anonyme, Veillée vaudou dans un péristyle
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Anonyme, Veillée vaudou dans un péristyle, s.d

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Acrylique sur toile • 53 × 71 × 1 cm • Coll. musée du quai Branly • © musée du quai Branly – Jacques Chirac

Aux fans de la Nuit des morts-vivants, film culte de George A. Romero sorti en 1968, aux accros à la série The Walking Dead, le musée du quai Branly promet de faire toute la lumière sur ce phénomène entre science et croyances magico-religieuses. Les morts-vivants apparaissent dans la pratique du vaudou haïtien, qui prend ses racines dans les religions sub-sahariennes et que les colons européens découvriront au XVIIe siècle. Figures syncrétiques, ces corps morts et ces âmes errantes vont peu à peu essaimer dans l’imaginaire collectif mondial pour finir par s’épanouir dans la culture populaire, aux côtés des fantômes et autres vampires. PM

Zombis. La mort n’est pas une fin ?

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13. À la Cité des sciences et de l’industrie, Chauvet fête ses 30 ans !

L’équipe de chercheurs du CNRS dans la Grotte Chauvet
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L’équipe de chercheurs du CNRS dans la Grotte Chauvet

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© Ministère de la Culture / Photo Stéphane Jaillet (CNRS

Découverte en Ardèche en 1994 dans un état de conservation exceptionnel, la grotte Chauvet s’est vite imposée comme un trésor de l’art pariétal du paléolithique. Son site est unique par sa beauté naturelle et ses extraordinaires décors : pas moins de 430 animaux répertoriés parent les murs de la caverne, qui ne se visite plus que par sa réplique. La Cité des sciences revient, en immersion, sur sa découverte et sur les enjeux scientifiques qui en découlent à travers le regard des chercheurs. SdB

Grotte Chauvet – L’aventure scientifique

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

14. À Lens, l’art déraciné

Richard Baquié, Nulle part est un endroit
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Richard Baquié, Nulle part est un endroit, 1989

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Technique mixte • Coll. Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne • © MAC VAL – DR / © ADAGP, Paris, 2024

Pour Victor Hugo, « l’exil est une espèce de longue insomnie ». Chez les artistes qui ont connu le déracinement, ce sentiment infuse leur œuvre. Des récits fondateurs et mythologiques jusqu’à la période contemporaine, l’exposition esquisse un portrait de l’art en exil, entre traumatisme de la perte et espoir d’un avenir radieux. Pour enrichir un propos déjà dense, une programmation pensée avec les habitants de la région permet d’aborder la question à travers une collecte d’objets et de témoignages, des spectacles de danse, de théâtre, et des visites sensorielles autour de la musique et de la cuisine. PM

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Exils. Regards d'artistes

Du 25 septembre 2024 au 20 janvier 2025

www.louvrelens.fr

15. Au Jeu de Paume, Chantal Akerman de A à Z

Philippe Chancel, Chantal
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Philippe Chancel, Chantal

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Photographie argentique • Coll. particulière • © Philippe Chancel

En 2022, le film Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) de Chantal Akerman (1950–2015) a été nommé meilleur film de tous les temps par Sight and Sound, la revue du British Film Institute. En consacrant une rétrospective à cette artiste dont se réclament des personnalités comme Gus Van Sant, Lars von Trier ou Wang Bing, le Jeu de Paume revient sur l’une des figures essentielles du cinéma moderne. L’exposition, qui embrasse des médias aussi variés que le cinéma, la télévision, les écrits et l’installation, présente des images mais aussi des documents de production et de travail inédits provenant des archives d’Akerman. NW

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Chantal Akerman. Travelling

Du 28 septembre 2024 au 19 janvier 2025

jeudepaume.org

16. À la MEP, une expo nature et contre-nature

Kalev Erikson, Where the Wild Things Grow
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Kalev Erikson, Where the Wild Things Grow, 2024

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Tirage pigmentaire • Coll. particulière • © Kalev Erikson

Longtemps, les artistes ont observé la nature d’un œil purement scientifique : la botaniste Anna Atkins a réalisé dès 1840 des photogrammes de fougères, Laure Albin Guillot a créé d’étonnantes micrographies de graines. Puis, notre rapport au vivant se complexifiant, ils ont eu à cœur de saisir les forces qui animent le végétal. Angelika Loderer introduit du mycélium de champignons dans ses épreuves afin qu’il les altère progressivement. Rebekka Deubner a photographié dans la région de Fukushima les algues qui ont proliféré après la catastrophe nucléaire. Certains artistes prennent désormais le parti de la fiction, comme Joan Fontcuberta qui invente de faux herbiers de plantes fantastiques à partir de détritus. C’est cette histoire à la fois scientifique et fantasmée du monde végétal que raconte une foisonnante exposition réunissant à la MEP une quarantaine de photographes et vidéastes. NW

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Science / Fiction – Une non-histoire des plantes

Du 16 octobre 2024 au 19 janvier 2025

www.mep-fr.org

17. Au musée Carnavalet : Terreur sur Paris

Nanine Vallain, La Liberté
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Nanine Vallain, La Liberté, XVIIIe siècle

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Huile sur toile • 124 × 95 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, Paris, dist. GrandPalaisRmn / presse

Beaucoup a été écrit et montré sur la Révolution. Rarement une exposition s’était concentrée sur une seule année, et non des moindres. Soit l’an II du calendrier républicain, allant du 22 septembre 1793 au 21 septembre 1794 et correspondant à la Terreur. La Convention, élue pour élaborer une constitution, la diffère du fait de la situation extérieure. Les Montagnards instaurent alors la dictature. La période est riche de contradictions, entre utopies politiques et mesures d’exception qui pèsent sur la population. Fut-elle foisonnante d’un point de vue artistique ? Réponse en quelque 250 œuvres. SF

Paris 1793-1794. Une année révolutionnaire

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18. Au musée des Arts décoratifs de Paris, une sex–toys story

Superstudio, Canapé Bazaar
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Superstudio, Canapé Bazaar, 1968

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Photographie argentique • Coll. particulière • © C. Toraldo di Francia | Superstudio, Archivio Filottrano

Attention, sextoys en série au musée des Arts décoratifs. Le MAD n’est pas devenu fou mais a choisi de consacrer ses espaces à une exposition inédite explorant les méandres de l’intime, de ses espaces consacrés à ses objets sacrés. À travers une série de thématiques, il y est donc question de l’histoire de la chambre et du lit, d’hygiène et de beauté, de sexualité également mais aussi de lieu de la rêverie, malgré les assauts des connexions et réseaux en tout genre lancés sur notre intimité… Un récit visuel en plus de 450 œuvres et objets divers. Alors préparez-vous à regarder par le trou de la serrure… SF

L'intime, de la chambre aux réseaux sociaux

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19. À Orléans, l’atelier de Guido Reni, ruche à chefs-d’œuvre

Guido Reni, dit aussi "Le Guide", David tenant la tête de Goliath
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Guido Reni, dit aussi « Le Guide », David tenant la tête de Goliath, entre 1604 et 1606

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Huile sur toile • 237 × 137 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Dist. GrandPalaisRmn – presse / Photo Michel Urtado

Les cours européennes s’arrachaient ses peintures suaves et vibrantes au style complexe entre caravagisme et classicisme. Pour répondre à ses innombrables commandes, Guido Reni (1575–1642) gouvernait un atelier prolifique à Bologne qui, selon son premier biographe Malvasia, pouvait réunir jusqu’à 200 élèves et apprentis venus de toute l’Europe. Visite privée au cœur de ce haut lieu de la création, véritable ruche artistique où le maître butinait d’un tableau à l’autre, laissant aux plus doués le soin de parachever ses compositions. Avec, au cœur des réflexions, les différentes versions de David tenant la tête de Goliath qui a marqué au fer rouge la peinture occidentale du XVIIe siècle. DB

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Dans l’atelier de Guido Reni

Du 30 novembre 2024 au 25 mars 2025

www.museescentre.com

20. Au musée d’Art moderne de Paris, une exposition explosive !

Bruce Conner, Bombhead
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Bruce Conner, Bombhead, 2002

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Impression numérique avec ajouts de peinture acrylique • 80.8 × 63.8 cm • Coll. MoMA, New York • © ADAGP, Paris 2024 / © Conner Family Trust, San Francisco – ADAGP 2024 – photo Courtesy Magnolia Editions, Oakland, CA

Alors que la peur nucléaire est sinistrement revenue à l’ordre du jour, le musée d’Art moderne de Paris nous rappelle combien cet imaginaire a traversé l’histoire de l’art récent. Les premières découvertes sur les mystères de l’atome inspirent les pionniers de l’abstraction, de Kandinsky à Hilma af Klint. Le souffle terrible d’Hiroshima et Nagasaki emporte dans des abysses de doute Lucio Fontana, Yves Klein ou Francis Bacon. Dans les années 1970, monte en revanche l’activisme des mouvements anti-nucléaires, rejoints par nombre d’artistes à l’instar de Gustav Metzger. D’échappées psychédéliques en archives tragiques venues du Japon, 250 œuvres atomisent nos cœurs. EL

L'Âge atomique. Les artistes à l'épreuve de l'histoire

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21. À Nantes : passion transat

Jules Lefranc, Le Lancement du Normandie
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Jules Lefranc, Le Lancement du Normandie, 1933

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Huile sur toile marouflée sur panneau • 11 × 73 cm • Coll. musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers, Laval • © Ville de Laval

Pendant trois décennies, ils furent tout autant des machines à rêve – de modernité – que le lieu d’invention d’un certain art de vivre, ô combien luxueux, où s’élabora notamment l’esthétique Art déco. Nombreux furent les artistes à avoir vécu l’expérience hors du commun du voyage transatlantique (Duchamp, Le Corbusier…) ou à avoir œuvré pour la création des décors de ces palaces flottants (Jean Dunand), influençant la naissance d’un style croisière ou transat, dans la mode ou le mobilier. Cette exposition en deux temps, à Nantes puis au Havre (en 2025), revient sur la grande épopée des paquebots, véritables enjeux de compétition entre nations avant qu’ils ne soient supplantés par le voyage en avion, et sur tout ce qu’elle a apporté à la création. SF

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Paquebots 1913-1942. Une esthétique transatlantique

Du 25 octobre 2024 au 23 février 2025

museedartsdenantes.nantesmetropole.fr

22. Au musée Bourdelle : ça va sculpter !

Antoine Bourdelle, Tête d’Apollon
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Antoine Bourdelle, Tête d’Apollon, entre 1900 et 1909

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Moulage en plâtre • 32 × 21,7 × 28,5 cm • Coll. musée Rodin, Paris • © musée Rodin

Rien ne pousse à l’ombre des grands arbres, vraiment ? Le musée parisien consacré au sculpteur Antoine Bourdelle (1861–1929) entend prouver le contraire en le confrontant à celui qu’il admirait et dont il fut le praticien pour la taille des marbres, Auguste Rodin (1840–1917), ogre génial de vingt ans son aîné. Un duel monumental en prise avec les enjeux plastiques de la modernité, sous les yeux grands ouverts de leurs contemporains Matisse, Brancusi, Giacometti, Richier, Chana OrloffDB

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Rodin / Bourdelle. Corps à corps

Du 2 octobre 2024 au 2 février 2025

www.bourdelle.paris.fr

23. À Lyon, une biennale monumentale

Mona Cara, La Mer poubelle [détail]
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Mona Cara, La Mer poubelle [détail], 2022

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Tissage jacquard, filet de pêche • 230 × 800 × 100 cm • Coll. particulière • © Biennale de Lyon / ADAGP, Paris 2024 / Photo Adrien Thibault

Déménagement d’envergure pour la biennale qui investit les Grandes Locos, immense friche SNCF récemment désaffectée. Fidèle à son mantra, la commissaire de cette 17e édition, Alexia Fabre (actuellement à la tête des Beaux-Arts de Paris), a misé sur une toute nouvelle génération d’artistes. Parmi ces jeunes espoirs, retenons le duo des Iraniennes Tirdad Hashemi & Soufia Erfanian ou la metteuse en scène Lorraine de Sagazan. Pour les entourer, des figures bien connues comme feus Chantal Akerman et Christian Boltanski, mais aussi Oliver Beer, Iván Argote ou Hans Schabus. Autre nouveauté, la collaboration avec la Cité internationale de la gastronomie. À suivre ! EL

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17e biennale de Lyon

Du 21 septembre 2024 au 5 janvier 2025

www.labiennaledelyon.com

24. À la Conciergerie, on est 100 % Bénin

Emo de Medeiros, Série Vodunaut Hypercyber
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Emo de Medeiros, Série Vodunaut Hypercyber, 2015

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Acrylonitrile butadiène styrène, coquilles de cauris, smartphone, acier, étiquette NFC, chlorure de polyvinyle, peinture, vidéo HD • 32 × 32 × 35 cm • Coll. galerie Nationale du Bénin, Cotonou • © ADAGP, Paris 2024

Dévoilé l’hiver dernier à la fondation Clément, sur l’île de la Martinique, ce panorama de l’art béninois traverse l’Atlantique pour enflammer les voûtes gothiques de la Conciergerie. Une belle évocation de la vivacité de cette scène, portée par les anciens comme Georges Adéagbo ou Meschac Gaba, et renouvelée fièrement par la jeune génération des Chloé Quenum ou Moufouli Bello, stars du pavillon du Bénin à la Biennale de Venise. EL

Révélation ! Art contemporain du Bénin

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25. Au musée de l’Orangerie, de marchand à collectionneur

Pablo Picasso, Nature morte face à une fenêtre à Saint Raphaël
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Pablo Picasso, Nature morte face à une fenêtre à Saint Raphaël, 1919

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Gouache et crayon graphite sur papier • 30,5 × 22,5 cm • Coll. Musée Berggruen, Berlin • © Staatlichen Museen zu Berlin

Exilé en Californie dès 1936 pour fuir l’Allemagne nazie, Heinz Berggruen a combattu sous l’uniforme américain en 1942 avant de revenir en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à Berlin d’abord puis à Paris, où il s’installe définitivement. Il y ouvre une première galerie d’art place Dauphine, puis une seconde rue de l’Université ; y côtoie les artistes – Picasso avec qui il se lie d’amitié –, les poètes et les écrivains. Pendant 40 ans, il aura aussi constitué l’une des plus grandes collections d’art moderne autour de ses artistes fétiches, Picasso donc, mais aussi Klee, Matisse ou Giacometti. Son musée berlinois étant en restauration, ses chefs-d’œuvre font le voyage cet automne à l’Orangerie. SdB

Heinz Berggruen, un marchand et sa collection. Picasso – Klee – Matisse – Giacometti. Chefs-d’œuvre du Museum Berggruen / Neue Nationalgalerie Berlin

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Retrouvez plus d'expos à voir cet automne dans le dernier numéro de Beaux Arts Magazine actuellement en kiosque

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