Article réservé aux abonnés
Tout droit sorties d’un film gore, les coques « aliennes » d’Agata Ingarden − dont on ne sait si elles sont visqueuses ou en train de se rigidifier − sont suspendues, comme par miracle, à de minces tuyaux de canalisations auxquelles elles s’agrippent avec ténacité comme pour survivre. Composés d’un caramel fait maison tirant vers une couleur noir pétrole, ces embryons à l’agonie dégoulinent lentement sur une moquette écrue installée pour l’occasion. Née en 1994 en Pologne, Agata Ingarden est étudiante aux Beaux-Arts de Paris.
Agata Ingarden, Have a seat, 2017
Metal, peinture, moquette, fauteuil, éponge, caramel • © Agata Ingarden
L’univers dionysiaque tout de rouge et de rose d’Athena Papadopoulos, installée à Londres, respire l’excès et le grotesque. Née en 1988, la Canadienne « tatoue », coud et colle des éléments disparates, glanés ici et là, sur des vêtements, toiles, nappes, draps et divers tissus rembourrés, qu’elle considère comme des secondes peaux. Colorées par des teintures pour cheveux, des vernis à ongles, des rouges à lèvres, du vin… les peintures et sculptures de cette artiste ont la saveur d’une fin de soirée. À Paris Internationale, deux jambes longilignes, atrophiées et évoquant des pièces de viande, semblent avoir été prélevées sur des poupées géantes et dépravées.
Athena Papadopoulos, Gurney I & II, 2017
Transfert d’images sur tissus, coloration capilaire, vernis à ongle et fil sur laine, daim, cuir, rembourrage et chevilles de bois • 277 × 47 × 38 cm chacun • Courtesy Galerie Emalin, Londres / Photo Jean-Michel Pancin
À la surface de toiles miniatures dépassant rarement 20 cm de hauteur, la touche éthérée, minutieuse et naïve d’Alexandra Noel, qui vit et travaille à Los Angeles, révèle dans des tons crayeux des scènes d’intérieur, de rêve, de tendresse et des paysages métaphysiques. Presque phosphorescentes, comme chargées de la puissance lumineuse des écrans numériques, les peintures de la jeune femme, née en 1989, fenêtres exiguës sur l’intimité d’un esprit, luisent comme de précieux bijoux aux pouvoirs mystérieux.
Alexandra Noel, Clouds that mind the trees, 2017
Huile et laque sur bois • 15,2 x 20,3 cm • Courtesy Alexandra Noel et la galerie Bodega, New York
La pratique sculpturale de Piotr Lakomy est à la fois intime et glaciale. Né en 1983, cet artiste polonais insuffle la vie à des matériaux contemporains et austères, notamment utilisés dans l’architecture et les industries aéronautiques. Colonisés par le monde organique, ces matériaux épousent des formes paradoxales, humaines ou animales. Dans son travail, l’aspérité de l’aluminium en dentelle évoque souvent des cellules. Des œufs doux, presque rassurants émergent parfois de ses sculptures. Symbole d’une fusion (im)possible entre l’organique et l’industrie, l’œuvre de Piotr Lakomy suggère à la fois une absence, une violence étouffée et l’espoir d’une renaissance.
Piotr Lakomy, Towers, 2017
Aluminium alvéolaire, tissus (pantalon de survêtement), béton, œuf d’autruche • 70 × 55 × 35 cm • Courtesy Piotr et la galerie The Sunday Painter, Londres / Photo © artviewer.org
Histoire de l’art occidentale et orientale, science-fiction, archéologie, vie urbaine, design… les œuvres de Yu Honglei, monuments plastiques, reflètent et synthétisent une diversité d’influences esthétiques. Cet artiste, né en 1984, qui vit et travaille à Pékin, compile, assemble et hybride des éléments tirés de sources hétérogènes et imagine des sculptures à la fois familières et étranges. Les objets du quotidien sont souvent le point de départ de toute création. Traités puis reconstruits par cet artiste bercé par la culture digitale, ils s’acquittent alors de fonctions nouvelles.
Yu Honglei, A Week Of Hers (6 Pieces), 2017
30 × 30 × 211 cm • Courtesy Yu Honglei et Antenna Space
Paris Internationale
du 18 au 22 octobre 2017
11, rue Béranger, 75003 Paris
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique