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En partenariat avec Transfo - Emmaüs solidarité

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Transfo – Emmaüs Solidarité, envahi par l’épatant Pascale Marthine Tayou

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Publié le , mis à jour le
Transfo, situé dans le 10e arrondissement de Paris, est un lieu hybride, à la fois hébergement d’urgence et centre d’art. Il fallait donc pour l’investir un artiste à la pratique engagée, puissante et interculturelle comme celle de Pascale Marthine Tayou. S’y lit un regard acéré sur les exils, le colonialisme, les révoltes sociales… Visite.
Pascale Marthine Tayou, Plastic Bags
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Pascale Marthine Tayou, Plastic Bags, 2024

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© Hafid Lhachmi - ADAGP Paris

Sur la façade classée monument historique de cet ancien transformateur électrique, des milliers de sacs plastiques comme une joyeuse nuée polluante. L’outil transporte, il se démultiplie à foison, contamine les sols. Pascale Marthine Tayou (né en 1966), lui, les recycle en œuvre d’art, non sans poésie ni couleurs.

Belgo-camerounais, l’artiste se revendique citoyen du monde. S’il ne s’estime pas militant, il a pourtant tôt dans sa carrière défié les conventions en changeant son nom et en féminisant ses prénoms. Insoumis, il intervient là où on ne l’attend pas, derrière une porte, au pied d’un escalier…

Une inversion des regards sur les migrations

« Pascale Marthine Tayou propose une autre forme d’invasion, culturelle et artistique. »

« Qui est migrant dans cette société ? Qui a envahi qui en premier ? », nous questionne-t-il d’un sourire malicieux pendant l’installation de son exposition. Pour l’occasion, il a créé une carte en velours de l’Afrique, plantant des fléchettes sur lesquelles figurent les drapeaux des pays colonisateurs.

Pascale Marthine Tayou, À gauche : « Invasion », 2024 ; À droite : Colorful Stones, depuis 2015
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Pascale Marthine Tayou, À gauche : « Invasion », 2024 ; À droite : Colorful Stones, depuis 2015

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© Hafid Lhachmi – ADAGP Paris

Questionner, inverser les regards, c’est primordial dans ce centre qui cultive la mixité culturelle et sociale, faisant de l’art, un trait d’union solidaire. A chaque exposition, des résidents se joignent aux bénévoles pour devenir médiateurs et accompagner les visiteurs.

Images de vie camerounaise

Pascale Marthine Tayou, Game Station
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Pascale Marthine Tayou, Game Station, 2024

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© Hafid Lhachmi – ADAGP Paris

Pour certains, il s’agit de provoquer la rencontre, pour d’autres, d’être transportés ailleurs, dans le quotidien de l’artiste à Yaoundé (Cameroun) grâce aux télés cathodiques qui diffusent des scènes de vie collectées là-bas. C’est la première fois que cette installation intitulée « Game Station » (qui avait su capter les regards lors de la Documenta 11 en 2002) est exposée en France. L’artiste y montre aussi sa série de photographies des « petits métiers » – vendeurs de rue capturés depuis un balcon –, ses sculptures totémiques en cristal. Il y dissémine des drapeaux africains, des pavés colorés (outils des révoltes populaires), des écrans. En somme, « Pascale Marthine Tayou propose une autre forme d’invasion, culturelle et artistique », conclut le commissaire Martin Kiefer à la fin de notre visite. On en ressort un poil plus léger, empli d’un espoir bienvenu en ces temps troublés.

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Invasion, Pascale Marthine Tayou

Du 10 octobre 2024 au 23 novembre 2024
Du mardi au samedi de 14h à 19h. Le jeudi jusqu’à 21h.

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