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Aix-en-Provence

Vasarely avant l’Op Art : une facette méconnue de l’artiste à la fondation Vasarely

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Avant de devenir le maître de l’art optique au milieu des années 1950, Vasarely est en quête de l’étincelle qui lui ouvrira les portes de la modernité. Cet été, une exposition à la fondation Vasarely, conçue en partenariat avec le Centre Pompidou, retrace le contexte dans lequel l’artiste s’inscrit dans les années 1940 et dévoile des amitiés artistiques oubliées.
Vue de l’exposition “Vasarely avant l’Op. Une abstraction européenne 1945-1955” à la Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
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Vue de l’exposition “Vasarely avant l’Op. Une abstraction européenne 1945-1955” à la Fondation Vasarely, Aix-en-Provence

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© Stéphanie Pioda / © Adagp, Paris, 2023

Victor Vasarely (1906–1997) n’est pas un génie né hors-sol. C’est ce que rappelle cette exposition qui se concentre sur la période moins connue de l’artiste, juste avant qu’il ne devienne le maître de l’Op Art en 1955. Si son vocabulaire plastique innovant est bien en germe dès les années 1930, alors qu’il travaille pour la publicité, il a besoin d’une étincelle pour véritablement basculer. Ce sera les années d’après-guerre.

En 1944, il décide de devenir artiste et œuvre à la direction artistique de la galerie Denise René, qu’il a rencontrée en 1939. Là, alors qu’il est encore un inconnu dans le monde de l’art, il nourrit une position à la fois d’observateur privilégié et d’acteur de cette nouvelle page qui est en train de s’écrire, partageant les réflexions et les préoccupations d’une génération pour qui la modernité est synonyme d’abstraction.

Portrait de l’artiste dans l’exposition « Vasarely avant l’Op. Une abstraction européenne 1945-1955 » à la Fondation Vasarel, Aix-en-Provence
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Portrait de l’artiste dans l’exposition « Vasarely avant l’Op. Une abstraction européenne 1945–1955 » à la Fondation Vasarel, Aix-en-Provence

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© Stéphanie Pioda / © Adagp, Paris, 2023

« Je suis mûr à éclater. Je possède tout pour œuvrer, mais la clé me manque encore et je vais la trouver bientôt. »

Les expositions seront l’occasion de confrontations entre les artistes qui ont déjà abandonné la figuration – Hans Hartung, Richard Mortensen, Émile Gilioli, Robert Jacobsen, César Domela, Gérard Schneider – et les plus jeunes qui se réunissent autour du critique Charles Estienne.

Un vivier d’artistes en pleine réflexion

Alors qu’ils se retrouvent le samedi soir à la galerie pour de longues discussions, Vasarely semble garder toujours une certaine distance : « Dewasne est vert et mûr à la fois. Il n’est pas bête loin de là. J’ai eu des conversations intéressantes avec lui. Hartung est plus fermé. Schneider est nerveux, pressé. Deyrolle distant. Je me sens très différent d’eux, très supérieur et très inférieur à la fois. J’observe l’animal peintre de près pour la première fois. Je suis mûr à éclater. Je possède tout pour œuvrer, mais la clé me manque encore et je vais la trouver bientôt. »

À gauche, “Sans titre” de Serge Poliakoff (1952). À droite, “Hô II” de Victor Vasarely (1948-1952)
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À gauche, “Sans titre” de Serge Poliakoff (1952). À droite, “Hô II” de Victor Vasarely (1948-1952)

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Huiles sur toile • 130,3 x 89 cm / 130 x 81 cm • Coll. du Centre Pompidou, Paris Musée national d'art moderne / Centre de création industrielle • © Adagp, Paris, 2023 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / image Centre Pompidou, MNAM-CCIM-CCI / Dist. RMN-Grand Palais – Droits réservés

Il lui faudra trois chocs visuels : la découverte des formes biomorphiques des galets à Belle-Île, de l’imposant village aux contours cubistes de Gordes et le souvenir des craquelures des carrelages de la station Denfert-Rochereau, autant d’étapes qui l’amèneront à créer ses unités plastiques (un vocabulaire universel influencé par Herbin) et l’art optique.

Le commissaire de l’exposition, Michel Gauthier, met en scène ce moment où les artistes partagent un certain formalisme, ce qu’introduit parfaitement la vidéo d’Edgard Pillet, Genèse (1950), véritable matrice d’un répertoire de formes en mouvement que l’on retrouve au fil de l’exposition.

Jean Dewasne, Barbara
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Jean Dewasne, Barbara, 1949

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Peinture sur contreplaqué • 152 × 248 cm • Coll. du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle • © Adagp, Paris, 2023 © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Philippe Migeat / Dist. RMN-GP

Il rappelle également que, avant que les divisions entre les tenants des abstractions géométrique et lyrique n’apparaissent, les artistes partagent beaucoup : une même fascination pour Alberto Magnelli, véritable figure tutélaire, des amitiés – à Gordes se retrouvaient Vasarely, Jean Dewasne et Jean Deyrolle – mais aussi des cimaises. C’est pourquoi l’exposition propose un rapprochement difficilement envisageable ailleurs, avec, sur un même mur, Vasarely, Pierre Soulages et Jean-Michel Atlan.

Dans cette relecture d’un moment très court (autour de l’année 1950) et rarement mis en évidence sans les cristallisations des mouvements, la démonstration est fluide et évidente. Belle même. On peut juste regretter l’absence de Marie Raymond, rare femme qui participait de cette émulation nourrie à la galerie Denise René.

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Vasarely avant l'Op. Une abstraction européenne 1945-1955

Du 17 juin 2023 au 15 octobre 2023

www.fondationvasarely.org

Retrouvez dans l’Encyclo : Victor Vasarely Op art

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