Giuseppe Pietro Bagetti, Au-dessus des cimes, v. 1816
Aquarelle • 60 x 90 cm • Courtesy Galerie Michel Descours, Paris
Antoine Caron, Étude de costume, sans date
Antoine Caron et l’art de la fête à la Renaissance
Peintre de premier plan en France dans la deuxième moitié du XVIe siècle, récemment remis en lumière grâce à une exposition dévoilée au musée national de la Renaissance – château d’Écouen en 2023, Antoine Caron (1521–1599) marque de sa présence ce nouveau cru du Salon du dessin. Cette belle étude de costume est loin d’être isolée dans la production de l’artiste et témoigne, une nouvelle fois, des multiples interventions d’un peintre de cour et son atelier au XVIe siècle, allant jusqu’à la réalisation de décors éphémères, pour des festivités ou événements.
Lavis brun sur traits de pierre noire • Courtesy Galerie Tarantino, Paris
Joseph-Victor Ranvier, Prométhée délivré, v. 1874
Deux Prométhée pour un Lyonnais
Formé à Lyon auprès d’Irénée Richard et de Louis Janmot dans les années 1850, Joseph-Victor Ranvier (1832–1896), s’est spécialisé en peinture d’histoire à Paris, où il connaît quelques beaux succès. Au Salon de 1874, il présente une vaste toile de près de deux mètres de long mettant en scène Prométhée délivré, et que le musée des Beaux-Arts de Lyon l’acquiert quasi instantanément (l’œuvre est aujourd’hui visible dans la cage d’escalier du palais de justice de la ville). Trois ans plus tard, il reprendra à l’aquarelle cette composition synonyme, pour lui, de consécration. Résultat : une impressionnante feuille à ne pas manquer sur le stand de la galerie Terrades.
Aquarelle • 63 x 93 cm • Courtesy Galerie Terrades, Paris
Ossip Zadkine, Composition cubiste : Quatre Femmes, 1924
Zadkine en dessinateur cubiste
Quatre femmes stylisées s’épanouissent dans un décor géométrique aux tonalités vertes. C’est le témoignage du virage cubiste que prend brièvement Ossip Zadkine, en pleines recherches et tâtonnements, entre 1921 et 1925. Des années prospères pour l’artiste, qui obtient à ce moment-là la nationalité française et voit notamment son Tigre en bois doré entrer dans les collections du musée de Grenoble.
Gouache, pastel et fusain sur papier marouflé sur toile • 64 x 51 cm • Courtesy Stern Pissarro Gallery, Londres
Élisabeth Vigée Le Brun, Étude de ciel avec un arbre, dans la vallée de la Meuse, 1826
Vigée Le Brun, au-delà du portrait de cour
Difficile en voyant cette feuille presqu’impressionniste de penser à Élisabeth Vigée Le Brun (1755–1842). Pourtant, c’est bien elle, l’autrice de quelques-uns des plus iconiques portraits de la cour de Marie-Antoinette, qui croque ce doux paysage au pastel de 1826. Si sa production avant la Révolution a été largement commentée, celle du début du XIXe siècle reste méconnue. Vigée Le Brun a toutefois joué un rôle de premier plan dans le développement des paysages au pastel en plein air. Son père, le portraitiste mondain Louis Vigée (1715–1767), usait d’ailleurs presque exclusivement de cette technique, d’où sa maîtrise de ce médium exigeant.
Courtesy Härb Nuti
Mykhailo Zhuk, Étude pour un vase, 1912
Les belles courbes d’un moderniste ukrainien
James Butterwick présente cette année une sélection de feuilles de cinq artistes du modernisme ukrainien (1900–1930), dont le public français est peu familier. Parmi ceux-ci, figure Mykhailo Zhuk (1883–1964). Formé en partie à Kiyv, l’artiste illustre des périodiques, publie des nouvelles mais surtout portraiture la société intellectuelle ukrainienne de la première moitié du XXe siècle. Artiste touche-à-tout, il travaille également en association avec plusieurs usines à la conception de céramiques. Cette belle étude à l’aquarelle pour un vase, datée de 1912, témoigne de cette précieuse production aux accents Art nouveau.
Aquarelle sur papier • 42 x 19,5 cm • Courtesy James Butterwick
Félicien Rops, Le Maillot, issue de la série « Les Cent Légers Croquis sans prétention pour réjouir les honnêtes gens », 1878–1881
L’effeuillage tout en provocation de Félicien Rops
En 1878, le bibliophile Jules Noilly propose à Félicien Rops (1833–1898) de concevoir un corpus spectaculaire de 100 dessins (qui devinrent finalement un total de 114, soit la plus importante commande passée à l’artiste), conçu comme un manifeste dénonçant l’hypocrisie des mœurs sexuelles de son temps. Pour ce faire l’artiste imagine « Les Cent Légers Croquis sans prétention pour réjouir les honnêtes gens » (1878–1881) d’où provient cette feuille intitulée « Le Maillot ». Une jeune femme nue en train d’enfiler ses bas est couverte du regard concupiscent d’un vieil homme distingué tenant son chapeau plié, lequel prend ainsi la forme, à peine dissimulée, d’un phallus en érection. Une scène subtile par sa touche mais dont l’ambiguïté n’est pas sans rappeler la Nana (1877) de Manet. Une œuvre typique de l’esprit subversif de Rops…
Craie noire, aquarelle, rehaussée de blanc • 21,5 x 15 cm • Courtesy Onno Van Seggelen, Pays-Bas
Paul Borel, L’Ange, sans date
L’Ange grave de Paul Borel
Il se détache tout en légèreté sur un fond noir et laisse entrevoir la touche si reconnaissable de Paul Borel (1828–1913). Ayant entretenu des liens forts avec une large partie de l’écosystème artistique lyonnais de la deuxième moitié du XIXe siècle (Louis Janmot, Joseph Trévoux, François-Auguste Ravier ou encore Joseph-Victor Ranvier cité plus haut), Paul Borel se fait une spécialité des sujets religieux. Du décor de la basilique d’Ars-sur-Formans à celui de l’église Saint-Paul à Lyon en passant par le programme décoratif de la chapelle de l’école Saint-Thomas-d’Aquin à Oullins, son grand œuvre, la région lyonnaise reste marquée par ses réalisations.
Pierre noire et rehauts de craie blanche • 95,5 x 66 cm • Courtesy Galerie Michel Descours
Otto Dix, Akt auf Stuhl (Nu sur la chaise), 1931
Ébouriffante sanguine d’Otto Dix
Voilà une feuille tout à fait inattendue : Otto Dix (1891–1969) trône en majesté sur le stand de la galerie milanaise Bottegantica. Dessinée en 1931 par l’artiste allemand, une jeune femme apparaît nue, le regard cerné, plongée dans ses pensées sur une chaise. Les rehauts de blanc savamment employés soulignent son imposante chevelure défaite. Otto Dix livre ici une grande feuille (57 par 38 cm) aux traits vifs, entre sanguine et mine de plomb, qui n’est pas sans rappeler les œuvres sur papier des maîtres de la Renaissance nordique comme Albrecht Dürer.
Sanguine et mine de plomb sur papier • 57,9 x 38 cm • Courtesy galerie Bottegantica, Milan
Jean-Claude Courtat, Chou de Milan, années 1990
Le chou sur feuille de Courtat
La texture de ses grosses feuilles gaufrées et généreuses ne peut laisser indifférent. Les variations de vert, simplement agrémentées de quelques touches d’orange et de bleu lui confèrent son apparence réaliste. Voilà un véritable portrait au pastel, dans le sens noble du terme ! Ce savoureux chou de Milan, dessiné par Jean-Claude Courtat (né en 1941) attend les visiteurs sur le stand de la galerie Fabienne Fiacre.
Pastel sur papier • 36 x 45,8 cm • Courtesy galerie Fabienne Fiacre, Paris
33e Salon du dessin
Du 26 mars 2025 au 31 mars 2025
Palais Brongniart • 16 Place de la Bourse • 75002 Paris
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Giuseppe Pietro Bagetti, un virtuose au sommet
La feuille promet d’attirer les regards. Par son cadrage audacieux, elle fascine. Giuseppe Pietro Bagetti (1764–1831), peintre, ingénieur et architecte turinois connu notamment pour ses vues topographiques à destination de l’armée, dévoile ici un tout autre univers à travers les cimes d’une large forêt brumeuse. Où est placé le spectateur ? Dans le ciel ? Au sommet d’une montagne ? L’artiste use de son style précis et minutieux, portant une attention particulière aux effets de lumière et aux textures végétales, pour créer une atmosphère singulière, réduisant la figure humaine à une minuscule présence en bas à gauche de la composition…