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À Paris, l’iconique fontaine des Innocents renaît après une restauration très attendue

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Restauration de la fontaine des Innocents, Paris
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Restauration de la fontaine des Innocents, Paris, 2024

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© Joséphine Brueder / Ville de Paris

Paris vient de retrouver l’un de ses joyaux ! Monument emblématique du quartier des Halles, situé place Joachim-du-Bellay dans le 1er arrondissement, la fontaine des Innocents a bénéficié d’une restauration complète.

Après un an de travaux débutés à l’été 2023, les palissades ont enfin été retirées pour dévoiler de nouveau, rafraîchi de pied en cap, ce bijou de la Renaissance construit en 1549. Inscrit aux monuments historiques dès 1862, ce dernier avait grand besoin de cette cure de jouvence, réclamée depuis des années par les riverains…

Un témoignage de la splendeur de la Renaissance

John James Chalon, Le Marché et la fontaine des Innocents
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John James Chalon, Le Marché et la fontaine des Innocents, 1822

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Huile sur toile • 106 × 152 cm • Coll. musée Carnavalet – Histoire de Paris • CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

Déplacée et modifiée plusieurs fois au fil des siècles, cette fontaine avait à l’origine été érigée pour fêter l’entrée du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis dans la capitale en 1549. Pour cette folle parade, les plus grands artistes de l’époque, français comme italiens (tels Tintoret, Jean Cousin l’Ancien, Le Primatice et Jean Goujon), avaient créé d’extraordinaires décors, dont des obélisques et des arcs de triomphe aux ornements foisonnants, ainsi que des chars fantasques, tirés par des éléphants et des chevaux déguisés en licornes. Ces réalisations étaient éphémères, à l’exception de la fontaine des Innocents, qui fut la seule à demeurer ensuite de façon permanente dans la ville.

Une exposition au musée Carnavalet

« Après des années d’abandon, elle a enfin retrouvé son panache. Jadis noircie et sale, la structure en pierre dévoile désormais sa clarté lumineuse. »

La fontaine, dont l’eau ne coulait plus depuis 2017, avait en effet été « abîmée par des décennies de pollution, d’intempéries et de corrosion du système hydraulique », a rappelé la mairie de Paris Centre – dégâts auxquels s’étaient ajoutés de nombreux graffitis et autres incivilités. Après des années d’abandon, elle a enfin retrouvé son panache. Jadis noircie et sale, la structure en pierre dévoile désormais sa clarté lumineuse. Sa coupole constituée de feuilles de métal imitant les écailles de poisson est nettoyée, tandis que ses huit nymphes sculptées par Jean Goujon (1510–1567) et Augustin Pajou (1730–1809), reproduites en atelier pour les unes, soigneusement restaurées pour les autres, y versent comme autrefois leur eau !

Cette remise en beauté est complétée par une exposition présentée au musée Carnavalet depuis le 24 avril (et jusqu’au 25 août), qui décortique l’histoire de la fameuse fontaine et ses transformations à travers 150 œuvres, accompagnées de dispositifs numériques détaillant sa restauration. Le visiteur peut y admirer pour la première fois de près les nymphes originales restaurées de Jean Goujon, déposées du monument à l’occasion du chantier (où elles ont été remplacées par des copies en résine pour des raisons de préservation), mises en dialogue avec ses reliefs aux décors marins, retirés au XIXe siècle de l’édifice et prêtés par le Louvre. Les mercredis, jeudis et vendredis, on peut également y observer un restaurateur travaillant en direct sur des épreuves anciennes en plâtre des reliefs de Goujon.

Jean Goujon, Nymphe et Triton entourés de deux petits génies
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Jean Goujon, Nymphe et Triton entourés de deux petits génies, 1548–1549

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Pierre. Relief du soubassement de la fontaine des Innocents • 73,5 × 19,5 × 12,5 cm. Poids 320 kg • Coll. musée du Louvre, Paris • © GrandPalais Rmn (presse) / Stéphane Maréchalle

À la faveur de ce chantier d’un coût de 6 millions d’euros, la place où se trouve la fontaine a également été végétalisée. Cette restauration figure parmi les nombreuses autres (dont celle de l’arc de triomphe du Carrousel, datant de 1806–1808, qui vient elle aussi de s’achever) réalisées en vue des Jeux olympiques de Paris 2024 afin d’offrir « un décor de carte postale » aux visiteurs venus du monde entier. Un petit coup de fouet tardif mais salutaire pour le patrimoine de la Ville lumière !

La Fontaine des Innocents. Histoires d’un chef-d’œuvre parisien

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Retrouvez dans l’Encyclo : École de Fontainebleau

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