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Le Primatice en 2 minutes

En bref

La Renaissance française a-t-elle des origines italiennes ? Le Primatice (1503–1570), sculpteur et peintre d’un immense talent, est le maître incontesté de l’école dite de Fontainebleau, subtil mélange d’influences italiennes, françaises, classiques et maniéristes, qui eut valeur de révolution esthétique. Le Primatice passa quarante ans au service des rois de France, en particulier de François Ier qui lui confia en grande partie les décors majestueux du château de Fontainebleau. Bien que l’Italien exerça une autorité sur l’art français, son œuvre a largement disparu ou n’est pas toujours authentifiée.

Giorgio Vasari, Francesco Primaticio, pittori et architetto dans Delle vite de’ più eccellenti pittori, scultori, et architetti
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Giorgio Vasari, Francesco Primaticio, pittori et architetto dans Delle vite de’ più eccellenti pittori, scultori, et architetti, 1648

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Wikimedia Commons

On a dit de lui

« Sa tête encyclopédique, sa vaste intelligence embrassa tous les genres de la haute peinture, et son inépuisable talent exécuta avec succès ce que son esprit avait conçu » A. Poirson

Sa vie

Né à Bologne, Francesco Primaticcio aurait dû être marchand mais son talent précoce pousse ses parents à le placer chez un peintre. Formé dans l’atelier de Jules Romain, disciple de Raphaël, il travaille au grand chantier décoratif du palais du Té à Mantoue. Le Primatice réalise une double frise en stuc, mais s’illustre aussi dans la peinture à fresque. Ce double talent attire l’attention de François Ier, roi bâtisseur, amateur et curieux, qui le fait venir à la cour par le biais de Romain.

François Ier a le désir de redonner toute sa splendeur au château de Fontainebleau, et fait appel à des maîtres italiens. Depuis le début de son règne, le roi souhaite donner une nouvelle impulsion à l’art français, émergeant tout juste du gothique. Rosso Fiorentino, vrai disciple de Michel-Ange, est l’un des premiers sur le chantier de Fontainebleau. Il est rejoint par le jeune Primatice, en 1532. Tous deux pétris de culture florentine composent pour l’intérieur du château des décors à fresque et en stuc d’une grande virtuosité, sur des thèmes mythologiques.

Si Rosso se voit confier la galerie François Ier, le Primatice a la charge de décorer la chambre du roi et celle de la reine. L’histoire veut que les deux hommes aient été rivaux, mais aucune source sérieuse ne permet de le confirmer. Ils travaillent d’ailleurs de concert sur plusieurs décors, tels que le pavillon de Pomone ou la salle du conseil.

Le jeune peintre bolonais est à l’origine d’un  canon de beauté bellifontain. Ses corps, sensuels, étirés, maniéristes s’inscrivent dans l’esthétique néoplatonicienne de la Renaissance italienne. Le Primatice est un artiste complet, dessinateur, peintre, stucateur et architecte (il organise notamment certains décors de fêtes). Il crée à Fontainebleau un véritable style décoratif.

Jusqu’au suicide tragique de Rosso en 1540, le Primatice travaille sous ses ordres. Mais il est considéré comme son égal par le roi, qui lui fait une entière confiance. La même année, François Ier confie au Primatice la mission d’aller à Rome exécuter plusieurs moulages d’antiques pour enrichir les collections de la couronne. L’artiste achète également un grand nombre d’œuvres d’art à la demande du roi, faisant de Fontainebleau la capitale des arts.

En 1559, à la mort du successeur de François Ier, Henri II, le Primatice prend la direction du chantier de Fontainebleau, et est nommé surintendant des bâtiments du roi. Supervisant une importante équipe de peintres et de sculpteurs, il achève différents décors du château et conduit notamment la réalisation, durant sept années, de la galerie d’Ulysse (détruite en 1738). Le Primatice devient l’un des peintres favoris de la famille de Guise, et l’un des protégés de Catherine de Médicis. Il s’éteint le 14 septembre 1570.

Ses œuvres clés

Salle de Psyché au palais du Té à Mantoue, Italie
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Salle de Psyché au palais du Té à Mantoue, Italie, 1525–1528

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© Peregrine / Alamy / Hemis

Palais du Té, Mantoue

Le Primatice s’est formé aux côtés de Jules Romain sur le chantier du Palais du Té, à Mantoue, commandé par Frédéric Gonzague. Le décor est pleinement maniériste, et envahit littéralement l’espace, donnant naissance à un monde illusionniste et imaginaire qui court des murs aux voûtes. C’est dans le cadre de ce chantier que le Primatice devient un véritable expert dans le domaine du stuc décoratif, décors en reliefs réalisés à partir de dessins de Jules Romain, qui encadrent de grandes peintures à fresque.

Primatice, Décor de la chambre de la Duchesse d’Étampes au château de Fontainebleau
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Primatice, Décor de la chambre de la Duchesse d’Étampes au château de Fontainebleau, 1541–1544

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© David Gee 4 / Alamy / Hemis

Chambre de la duchesse d’Étampes au château de Fontainebleau

Chambre réservée à la favorite du roi, qui est l’un des soutiens du Primatice, ce lieu est malheureusement transformé en escalier sous Louis XV. Toutefois, une partie du décor conçu par le maître italien entre 1541 et 1544 est conservée. Ainsi, Le Mariage d’Alexandre et de Roxane est de sa main, mais également les sublimes effigies en stuc, élégantes et sensuelles, qui rythment le décor. Les œuvres conçues par le Primatice pour le château de Fontainebleau ont, dans leur grande majorité, disparu, en raison des transformations opérées au cours des XVIIIe et XIXe siècles.

Primatice, Mascarade de Persépolis
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Primatice, Mascarade de Persépolis, XVI e siècle

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Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

Mascarade de Persépolis 

Il s’agit ici de l’un des nombreux dessins préparatoires du Primatice pour les décors du château de Fontainebleau. Le dessin, très complexe, est en relation avec une composition du cycle sur l’histoire d’Alexandre pour la chambre de la Duchesse d’Étampes. Le Primatice est reconnu comme un dessinateur de génie. Ses dessins, sous forme d’esquisses ou plus achevés, sont nécessaires pour mener les grands chantiers décoratifs placés sous sa direction et parfois la seule trace qui nous reste aujourd’hui pour juger de ce que fut sa peinture.

Par • le 4 juillet 2022

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