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L’école de Fontainebleau en 2 minutes

En bref

Composée d’anonymes influencés par des maîtres italiens de renom, l’école dite de Fontainebleau est un témoignage précieux du mécénat au temps des Valois. Depuis la fin du XVe siècle, la France découvre les talents de la Renaissance et souhaite rivaliser avec les cours italiennes. C’en est fini du gothique ! François Ier, en 1530, appelle des artistes italiens à Fontainebleau (Le Primatice, Léonard de Vinci) et fait travailler des artistes français qui adoptent un style maniériste alors synonyme de modernité. Cette influence, à l’origine d’une mode pleine d’élégance et d’exubérance décorative, s’étend jusqu’au règne du premier Bourbon, Henri IV.

Anonyme français (École de Fontainebleau), Vénus à sa toilette
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Anonyme français (École de Fontainebleau), Vénus à sa toilette, vers 1550

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Huile sur toile • 97 × 126 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © akg-images / Erich Lessing

Histoire du mouvement

La naissance de l’école de Fontainebleau est intimement liée à la personnalité de François Ier. Le monarque appelle en France des artistes italiens ayant fui Rome après le sac de 1527 et le siège de Florence deux ans plus tard. Il les invite à travailler au château de Fontainebleau qu’il préfère à ceux de la Loire. C’est le temps d’un épanouissement culturel et artistique qui se perpétue jusqu’au règne d’Henri IV. Le mécénat royal et aristocratique se développe sur le modèle italien.

À Fontainebleau, le chantier décoratif d’envergure est confié à partir de 1530 à un artiste italien, Le Rosso, assisté par Le Primatice. Avec l’aide de stucateurs, doreurs, peintres et sculpteurs, ils introduisent en ces lieux des décors maniéristes dignes de la cour des Médicis à Florence. Grâce à ces deux artistes, les modes italiennes s’importent dans l’art français, que ce soit dans la peinture ou dans l’architecture, profanes comme sacrées. Des artistes comme le peintre Agnolo Bronzino exerce une importante influence sur des artistes français tels que François Clouet. Il faut également souligner l’impact des écoles flamandes, qui se traduit par la précision des détails et des effets de réalisme dans le rendu des atmosphères.

L’idéal bellifontain se résume par des figures élégantes et allongées, revisitant le canon antique, et une prédilection pour la ligne sinueuse. Les thèmes mythologiques ont les faveurs des artistes, qui y trouvent matière à flatter leurs commanditaires. L’ornementation est abondante, tout comme les effets de trompe-l’œil.

La plupart des artistes de Fontainebleau demeurent des anonymes. Pour autant, certaines signatures sont connues comme celle d’Antoine Caron. L’expression « école de Fontainebleau » n’est en usage que depuis le XIXe siècle, désignant la Renaissance française et plus spécifiquement son courant maniériste.

L’école de Fontainebleau correspond aussi au temps du développement de la gravure d’art en France, sous l’impulsion du Primatice dans les années 1540, ainsi que de la tapisserie.

Des œuvres clés

Anonyme français (École de Fontainebleau), Vénus à sa toilette
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Anonyme français (École de Fontainebleau), Vénus à sa toilette, vers 1550

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Huile sur toile • 97 × 126 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © akg-images / Erich Lessing

Anonyme français, Vénus à sa toilette, vers 1550

Dans une pose élégante et maniérée, Vénus est assise au bord d’une baignoire de pierre. D’après les rideaux verts relevés à l’arrière-plan, nous assistons à une scène intime. Vénus se regarde dans un miroir à main (symbole de la connaissance de soi mais aussi métaphore de la peinture), tandis qu’une servante l’assiste dans ses soins et que Cupidon lui tend un flacon à parfum. Les deux moments, celui du bain et de la toilette, sont réunis, dans ce qui précède peut-être les retrouvailles de Vénus avec Mars. S’occuper du corps relève à cette époque du privilège des dames de la cour.

Anonyme (attribué à Luca Penni), Diane chasseresse
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Anonyme (attribué à Luca Penni), Diane chasseresse, vers 1550

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Huile sur toile • 191 × 132 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • Gianni Dagli Orti / Aurimages

Anonyme, Diane chasseresse, vers 1550

S’agit-il d’un portrait allégorique de Diane de Poitiers, maîtresse d’Henri II ? Dans ce cas, l’œuvre tenterait de réhabiliter l’image de cette courtisane, de 20 ans plus jeune que le roi, marié à Catherine de Médicis. En effet, dans la mythologie, Diane est une déesse chaste et vierge. L’artiste a accusé cet effet en la représentant de manière pudique, dissimulant ses attributs sensuels, mais la chair est mise en valeur et le sourire mutin. L’œuvre est tout à fait dans l’esprit du maniérisme, tant dans le rendu des couleurs et des matières (riches) que de la physionomie de la déesse, très élancée et serpentine.

Anonyme français (École de Fontainebleau), Gabrielle d’Estrées et sa soeur Julienne-Hippolyte, la duchesse de Villars
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Anonyme français (École de Fontainebleau), Gabrielle d’Estrées et sa soeur Julienne-Hippolyte, la duchesse de Villars, vers 1594

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Huile sur toile • 96 × 125 cm • Coll. musée du Louvre, Paris

Anonyme français, Gabrielle d’Estrées et sa sœur Julienne-Hippolyte, la duchesse de Villars, vers 1594

Cette célèbre séance d’hydrothérapie de luxe représenterait Gabrielle d’Estrées, la favorite d’Henri IV, et l’une de ses sœurs. Cette dernière lui pince le téton. Ce geste évoque peut-être l’état de grossesse de la maîtresse royale, interprétation d’autant plus probable qu’à l’arrière-plan, une femme de chambre brode une layette. Gabrielle tient un anneau d’or, symbole du sexe féminin mais surtout allusion possible au projet de mariage avec le roi de France. Finalement, la favorite meurt quelques heures avant que cette union ne soit célébrée.

Par • le 4 mars 2020

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