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Édouard Manet, Olympia, 1863
Huile sur toile • 130 × 190 cm • Coll. musée d'Orsay • © Photo Josse Leemage
Édouard Manet, Olympia (détail), 1863
Un regard de défi
Plus choquant que sa seule nudité, Olympia n’a gardé que ses mules, un hibiscus dans les cheveux, et ses bijoux dont ce « fil de velour noir, qui selon Paul Valéry, l’isole de l’essentiel de son être ». Posé sur ce corps aguicheur, le visage, lui, est fermé. Il lance un regard plein d’affront et de dédain : Olympia est de celles qui assument avec panache l’amour qu’elle peut donner, mais aussi refuser…
Huile sur toile • 130 × 190 cm • Coll. musée d'Orsay • © Photo Josse Leemage
Édouard Manet, Olympia (détail), 1863
Madame est servie
L’odalisque blanche accompagnée, pour mieux rehausser sa pâleur, de son esclave noire est un topos du nu pictural que Manet s’approprie pour l’ancrer dans le cadre plus trivial d’une maison de rendez-vous. Surgissant de derrière les rideaux et des pièces obscures du bordel, la servante apporte un bouquet monumental, cadeau d’un client fortuné qu’Olympia, cependant, ignore royalement.
Huile sur toile • 130 x 190 cm • Coll. musée d'Orsay • © Photo Josse Leemage
Édouard Manet, Olympia (détail), 1863
Un minou inconvenant
La queue dressée, prêt à bondir, ce chat de caricature, « qui laisse l’empreinte de ses pattes crottées sur le lit » (Théophile Gautier), fut perçu comme une pure provocation de l’artiste. Animal réputé satanique et métaphore du sexe féminin, il ne fait qu’accentuer l’animalité farouche d’Olympia et offre une réponse ironique au chien reposant fidèlement au pied de la Vénus de Titien.
Huile sur toile • 130 x 190 cm • Coll. musée d'Orsay • © Photo Josse Leemage
Édouard Manet, Olympia (détail), 1863
Divine pudeur
Le rideau s’ouvre : sur un lit blanc sans doute surélevé, un nu pose triomphalement, telle une idole sur un autel, offerte et inaccessible à la fois. Tout comme son « mont de Vénus » (près de la ligne de fuite) vers lequel le regard est happé, et que la main, semblable à une araignée, cache et désigne à la fois. En plus d’être une fille tarifée, Olympia est maîtresse de sa sexualité qu’elle met en scène.
Huile sur toile • 130 x 190 • Coll. musée d'Orsay • © Photo Josse Leemage
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