Alma Thomas, The Eclipse (détail), 1970
Acrylique sur toile • 157,5 × 126,4 cm • Coll. Smithsonian American Art Museum, Washington • © Adagp, Paris 2025
80 ans, c’est l’âge auquel l’Américaine Alma Thomas a vu ses œuvres présentées pour la première fois dans un grand musée – le Whitney Museum. Jamais une femme africaine-américaine n’avait alors exposé son travail dans la fameuse institution new-yorkaise. Une double consécration pour cette artiste née en 1891 dans l’État de Géorgie et qui a fui à 16 ans la violence ségrégationniste du sud des États-Unis en s’installant à Washington. Elle a pu ainsi s’inscrire à la prestigieuse Université Howard, où elle suivi les enseignements du département d’arts.
Professeure d’arts plastiques pendant plus de 35 ans dans un lycée, Alma Thomas a complètement délaissé la peinture. Jusqu’à un beau jour où, âgée d’une soixantaine d’années, elle a repris les pinceaux. Au lendemain de sa retraite, elle entame donc une nouvelle carrière de peintre abstraite couronnée de succès.
Michael Fischer, Portrait d’Alma Woodsey Thomas devant une de ses oeuvre, 1976
Coll. Smithsonian American Art Museum, Washington
L’heure est alors aux combats pour les droits civiques et, bien qu’elle soit restée en dehors des mouvements politiques, Alma Thomas est devenue un exemple pour une nouvelle génération d’artistes afrodescendants. Elle s’est éteinte en 1978 dans la maison où elle a vécu avec ses parents à Washington. En 2015, sa toile Résurrection a rejoint la collection de la Maison-Blanche sous l’impulsion du couple Obama.
Alma Thomas, The Eclipse (détail), 1970
Acrylique sur toile • 157,5 × 126,4 cm • Coll. Smithsonian American Art Museum, Washington • © Adagp, Paris 2025
Alma Thomas s’est d’abord essayée à la peinture figurative avant de se tourner vers l’abstraction, encouragée par son professeur James V. Herring et l’artiste Lois Mailou Jones. Rattachée au Color Field painting de la Washington Color School, son œuvre se distingue d’abord par ses couleurs vibrantes, appliquées par petites touches qui évoquent autant le pointillisme de Georges Seurat que les mosaïques byzantines. L’artiste s’est toujours tenue éloignée des combats politiques de son temps, y compris en peinture : « Je voulais faire quelque chose de beau qu’on ait envie de passer du temps à regarder », expliquait-t-elle. Elle puisait dans la nature, la musique et la danse ses principales sources d’inspiration.
Les œuvres d’Alma Thomas sont principalement conservées dans des musées américains : au Brooklyn Museum à New York, ainsi qu’au Smithsonian American Art Museum à Washington, ou encore au National Museum of Women in the Arts, institution exclusivement consacrée aux artistes femmes.
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