Article réservé aux abonnés

Le topo

Bronzino en 2 minutes

En bref

Peintre de la Renaissance florentine, Agnolo di Cosimo, dit Bronzino (1503–1572) – ainsi nommé peut-être en raison de son teint basané –, est l’un des plus célèbres noms du maniérisme italien, mouvement qui cultive la belle manière, l’artificialité, la ligne serpentine. Connu pour ses portraits de riches personnalités, ses scènes religieuses et son impressionnant décor pour la chapelle d’Éléonore de Tolède au Palazzo Vecchio à Florence, Bronzino est aussi l’auteur d’une célèbre allégorie érotique intitulée Vénus et Cupidon.

Alessandro Allori, Portrait de Bronzino
voir toutes les images

Alessandro Allori, Portrait de Bronzino, vers 1567–1571

i

fresque • Chapelle San Luca, Florence

On a dit de lui

« Si naturels qu’ils semblent vraiment vivants. » – Giorgio Vasari

Sa vie

Né près de Florence, Agnolo di Cosimo s’est formé auprès d’artistes de grande réputation, en particulier Jacopo da Pontormo, l’un des initiateurs du maniérisme. Le jeune peintre s’intéresse aux œuvres de Léonard de Vinci et de Michel-Ange. Conformément aux goûts des intellectuels et des humanistes de son temps, il est un grand amateur de poésie.

Après avoir quitté Florence au moment où y sévissait la peste, Bronzino travaille avec son maître à la chartreuse du Galluzzo et l’assiste dans la technique de la fresque. Dix ans plus tard, au début des années 1530, l’artiste revient à Florence et commence à travailler pour la cour de la puissante famille des Médicis, en 1539. L’époque est complexe, marquée par des crises religieuses et politiques, mais cela n’affecte pas directement la commande aux artistes.

Bronzino a livré de nombreux portraits, des Médicis comme des aristocrates florentins. D’une grande élégance, ils ont fait sa renommée dans l’Europe entière. Bronzino, accentuant la singularité et le noblesse de ses modèles, cultive une distance avec le spectateur. On a même pu évoquer un rendu d’émail et une certaine froideur.

L’artiste maniériste est aussi peintre religieux, à une époque où la commande pour les églises est forte. Les artistes doivent répondre à des programmes contraignants, mais Bronzino parvient à innover en introduisant des nudités dans les décors, ce qui fait de lui un peintre de la chair, voire de l’érotisme. Il est couramment admis que le peintre était homosexuel.

Très proche de l’érudit et peintre Giorgio Vasari – qui le considérait comme l’un des plus modernes de son temps –, Bronzino participe activement à la fondation de l’Académie du dessin, la première du genre en Europe.

Bronzino meurt avant d’avoir pu achever sa grande œuvre, une fresque à l’intérieur de la basilique San Lorenzo à Florence. C’est son élève, Alessandro Allori, qui la terminera.

Ses œuvres clés

Agnolo Bronzino, Portrait d’Ugolino Martelli
voir toutes les images

Agnolo Bronzino, Portrait d’Ugolino Martelli, vers 1536

i

Huile sur bois • 102 × 85 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin

Portrait d’Ugolino Martelli, vers 1536

Ce portait d’un jeune humaniste italien est aussi un hommage à Michel-Ange, dont on reconnaît un marbre à l’arrière-plan. Nous sommes dans un milieu lettré (le personnage tient deux ouvrages de philosophie antique), mais aussi progressiste. Les portraits de Bronzino présentent généralement une part énigmatique, l’artiste ne donnant pas accès aux sentiments des personnages qui semblent porter des masques.

Agnolo Bronzino, La Déploration sur le Christ mort
voir toutes les images

Agnolo Bronzino, La Déploration sur le Christ mort, 1540–1545

i

Huile sur panneau • 268 × 173 cm • Coll. musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon • © Bridgeman Images

La Déploration sur le Christ mort, 1540–1545

Retable conçu pour une chapelle florentine (ce qui explique sa forme), cette image représente le Christ mort dans les bras de la Vierge. Il s’agit donc d’une Pietà. De nombreux personnages bibliques les entourent. Tous expriment leur tristesse et leur douleur, et adoptent des postures serpentines typiques du style maniériste. Dans la partie supérieure et arrondie, des anges remisent la croix. La tonalité bleue intense, obtenue à l’aide du lapis-lazuli (pigment très coûteux), confère à cette œuvre une grande préciosité.

Agnolo Bronzino, Vénus et Cupidon
voir toutes les images

Agnolo Bronzino, Vénus et Cupidon, vers 1545

i

Huile sur bois • 57,5 × 45,7 cm • Coll. National Gallery, Londres • © akg-images

Vénus et Cupidon, vers 1545

Allégorie réservée à la sphère privée de François Ier, roi de France, ce tableau à la symbolique complexe et érudite représente Vénus entourée de sept personnages. Son corps à la ligne serpentine répond aux canons du maniérisme italien. Elle tient la pomme d’or, qui la désigne comme la plus belle des déesses. L’œuvre peut sembler choquante dans la mesure où Vénus accepte le baiser intime, avec la langue, de son fils Cupidon. Cependant, il ne s’agit pas là d’un inceste. Vénus est surtout en train de tromper l’amour, dont Cupidon est une allégorie. Pendant qu’elle l’embrasse et le distrait par sa beauté et ses charmes, elle vole une flèche de son carquois.

Par • le 5 mars 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Maniérisme Agnolo Bronzino

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi