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Paul Véronèse en 2 minutes

En bref

Maître du grand décor, Paul Véronèse (1528–1588) est un artiste à l’univers foisonnant et coloriste de génie. L’auteur des Noces de Cana est considéré comme un représentant du courant maniériste né sous l’impulsion de Michel-Ange, et plus particulièrement de la Renaissance tardive vénitienne aux côtés de Tintoret et Titien. Les œuvres de Véronèse se caractérisent par leur monumentalité et leur théâtralité. Il incarne le contre-exemple de la peinture classique, un art de démesure où les jeux de clair-obscur annoncent la dramatisation caravagesque. Outre d’audacieuses œuvres religieuses, Véronèse s’est illustré dans la peinture de nus mythologiques particulièrement sensuels et de portraits aristocratiques.

Paul Véronèse, Autoportrait
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Paul Véronèse, Autoportrait, 1558–1563

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Huile sur toile • 63 × 51 cm • © FineArtImages/Leemage

 

Il a dit

« Nous autres peintres, nous prenons de ces licences que s’autorisent les poètes et les fous. »

Sa vie

De son vrai nom Paolo Caliari, le peintre tire son surnom de sa ville natale : Vérone, cité italienne en plein essor. Venant d’une famille d’artistes, il entre tout naturellement en apprentissage dans l’atelier de son père. Mais ce dernier est sculpteur et Véronèse désire être peintre. Il devient donc l’élève de peintres locaux et cultive une admiration pour les maniéristes de son temps, en particulier Le Parmesan et Le Corrège.

Reconnu très jeune pour son talent, le jeune artiste travaille pour l’Église à Vérone, mais aussi à Trieste. Ses retables lui valent d’être appelé à Venise, la cité des Doges. Il se fait remarquer en gagnant un concours pour le plafond de la bibliothèque Saint-Marc. Sa notoriété et sa fortune sont assurées : travaillant dès lors pour les grandes fortunes de l’Italie du nord, décorant leurs palais, Véronèse devient le peintre préféré de la noblesse.

La mort de Titien, en 1576, assure à Véronèse la première place dans l’école de peinture vénitienne. Des commandes importantes lui sont confiées, notamment pour le palais des Doges. Le peintre y déploie une gamme chromatique vibrante. À la fin des années 1550, il s’attaque à des formats monumentaux. En 1563, il peint les Noces de Cana, puis, dix ans plus tard, La Cène, une immense composition de 13 mètres de large pour le réfectoire de la basilique San Zanipolo de Venise. Véronèse fut inquiété par le tribunal du Saint-Office car son œuvre fut jugée par les autorités religieuses comme relevant d’une interprétation fantaisiste de la Bible (notamment en raison de la présence d’un chien au premier plan). Pour autant, Véronèse refusa de modifier son œuvre et l’a renommée Le Repas chez Lévi.

On dit de Véronèse qu’il était un maniériste. Son art joue sur les effets de séduction, le trompe-l’œil, les décors chargés. Il affectionne aussi le grand format, accueillant de nombreux personnages dans des architectures souvent théâtrales. L’artiste, dont la palette est reconnue comme exceptionnellement riche, accorde notamment une prédilection à la représentation des ciels et des nuages. 

Ses œuvres clés

Véronèse, La Tentation de Saint-Antoine
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Véronèse, La Tentation de Saint-Antoine, 1552

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huile sur toile • 198,2 × 149,5 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Caen • © Bridgeman Images

La Tentation de saint Antoine, 1552

Tableau d’autel pour un retable, cette scène représente Saint Antoine littéralement écrasé par un démon – dont le torse est probablement inspiré d’un chef-d’œuvre de l’art antique, le Torse du Belvédère d’Apollonios , sous l’œil d’une tentatrice. Les figures sont monumentales et paraissent s’entasser dans l’espace de la toile. Exposé à l’origine dans une chapelle de la cathédrale de Mantoue, ce tableau a construit la réputation de Véronèse. L’œuvre est emportée par les troupes napoléoniennes en 1804 et versée au musée de Caen.

Paul Véronèse, Portrait de femme dit La Belle Nani
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Paul Véronèse, Portrait de femme dit La Belle Nani, vers 1560

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Huile sur toile • 119 × 103 cm • Paris, musée du Louvre • © Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

La Belle Nani, vers 1560

C’est l’un des rares portraits de femmes réalisés par Véronèse. Propriété de la famille Nani, il représente peut-être l’une de ses membres. Une femme parée des plus belles richesses, porte une robe ouvragée et des perles au cou, conformément à la mode vénitienne. L’éclat de sa beauté est mis en valeur par le fond de la toile, travaillé en couleurs sombres. Véronèse se positionne ici comme le digne continuateur du Titien.

Paul Véronèse, Les Noces de Cana
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Paul Véronèse, Les Noces de Cana, 1563

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Huile sur toile • 677 × 994 cm • Paris, musée du Louvre • © Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

Les Noces de Cana, 1563

Ce tableau monumental (près de 10 mètres de long) conservé au musée du Louvre représente le Christ et sa mère assistant à un repas de mariage au cours duquel se manifeste son premier miracle, celui de l’eau changée en vin. Véronèse n’hésite pas à prendre ses distances avec l’iconographie traditionnelle en théâtralisant la scène. Il peint une centaine de personnages bibliques et profanes dans une architecture antiquisante saturée de détails. On suppose ainsi qu’il s’y représente lui-même, tout comme des artistes qu’il admirait : Titien, Bassano et le poète Pierre l’Arétin, figure irrévérencieuse et auteur de vers très libres.

Par • le 5 mars 2020

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