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Charles-François Daubigny en 2 minutes

En bref

Peintre rattaché à l’école de Barbizon et du paysage pur, Charles-François Daubigny (1817–1878) est un maître de l’émotion. Il aime peindre les bords de l’Oise, les alentours d’Auvers, les bois et les lacs. La beauté appelle, selon lui, à la simplicité. Le paysage est rendu avec vérité, mais aussi pittoresque, dépeignant le monde des campagnes. Son but n’est pas de copier la nature, mais d’en rendre l’âme visible, avec réalisme et poésie. Peignant en plein-air, Daubigny est considéré comme l’un des annonciateurs de l’impressionnisme. Son style et son état d’esprit, en revanche, le rattachent davantage au réalisme.

Portrait de Charles-François Daubigny
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Portrait de Charles-François Daubigny

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© Wikimedia Commons

Il a dit

« Les meilleurs tableaux sont ceux qui ne se vendent pas. »

Sa vie

Un Parisien qui grandit au milieu d’artistes

Né à Paris en 1817, Charles-François Daubigny est d’abord l’élève de son père, Edmé-François Daubigny, puis de Paul Delaroche. Il habite sur l’île Saint-Louis, dans un quartier qui réunit alors de nombreux artistes tels que Meissonnier et Daumier. Mais Daubigny s’intéresse très jeune à la nature et au paysage, davantage qu’à la ville et son peuple. Pour vivre, il travaille dans le domaine de l’illustration et de la gravure.

À Fontainebleau, la peinture de plein-air

C’est à Barbizon et dans la forêt de Fontainebleau que Charles-François Daubigny rencontre son sujet. Il place ainsi ses pas dans ceux de son aîné et ami, Camille Corot. L’artiste y séjourne fréquemment dans les années 1840, peignant en plein-air. En 1857, il se confectionne un bateau-atelier, le Botin, préfigurant celui de Monet. Cet atelier sur l’eau lui permet de sillonner les bras de l’Oise, et de trouver de nouveaux points de vue. Daubigny est également proche de Gustave Courbet. Il expérimente aussi de nouvelles techniques dans le domaine de l’estampe.

Un grand paysagiste français

Charles-François Daubigny met un certain temps à être apprécié comme un artiste de valeur. Dans les années 1860, autour de la quarantaine, il est reconnu comme l’un des grands paysagistes français, aux côtés de Théodore Rousseau et de Camille Corot.

La rencontre de Monet en Angleterre

Daubigny se rend en Angleterre au cours des années 1860, mais ne parlant pas la langue, il est un peu embarrassé. Il y retourne toutefois en 1870, au moment de la guerre franco-prussienne, et y fait la connaissance de Claude Monet. Daubigny est apprécié par les jeunes peintres de l’école moderne, en particulier Vincent van Gogh, qui lui a rendu hommage en peignant son jardin à Auvers-sur-Oise.

Un style simple et original

Ses paysages charment la critique par leur caractère à la fois naïf et réaliste. L’artiste est un adepte des scènes rustiques, représentant les moissons, les mules qu’on charge, les faneurs au travail. Mais il sait trouver un angle original : le peintre saisit dans le paysage ce qui relève à la fois de la simplicité et du pittoresque. Cette simplicité se révèle toutefois au prix d’un travail de grande finesse sur les couleurs, le traitement des ciels en particulier. D’aucuns lui reprochent parfois sa propension à esquisser et à ne pas achever suffisamment ses toiles.

Auvers-sur-Oise : sa dernière demeure

En 1878, à l’âge de 62 ans, l’artiste s’éteint à Auvers-sur-Oise, où sa maison-atelier se visite encore aujourd’hui, et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Son fils, Karl Daubigny, devient également peintre.

Ses œuvres clés

Charles-François Daubigny, Moisson
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Charles-François Daubigny, Moisson, 1851

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huile sur toile • 135 × 196 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris

Moisson, 1851

La palette de Charles-François Daubigny est différente des autres paysagistes de son époque, car l’artiste aime les teintes claires, lumineuses, ce qui le positionne parfois aux yeux des historiens de l’art comme un précurseur de l’impressionnisme. Cette toile représente son premier succès au Salon de 1852. La critique salue son interprétation vivante de la campagne, la beauté de son ciel, même si elle pointe déjà une observation souvent faite au peintre par la suite : celle de rester dans l’esquisse, de ne pas suffisamment aboutir ses compositions.

Charles-François Daubigny, Soleil couchant sur l’Oise
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Charles-François Daubigny, Soleil couchant sur l’Oise, 1865

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Huile sur bois • 39 × 67 cm • Coll. Musée D’Orsay, Paris • © RMN Grand Palais / Benoît Touchard

Soleil couchant sur l’Oise, 1865

Cette œuvre a le cachet d’une esquisse, prise sur le motif, toute vibrante de couleurs. L’artiste se montre un merveilleux peintre des ciels de fins de journée et des crépuscules. Il aime travailler sur l’horizontalité du paysage, mais aussi magnifier l’harmonie entre les éléments aquatiques et aériens. Comme à son habitude, nous décelons la présence d’une petite silhouette, presque confondue dans le paysage. Daubigny se plaît en effet à placer un personnage, un pêcheur ou une blanchisseuse par exemple, dans l’immensité d’une nature placide et émouvante.

Charles-François Daubigny, La Neige
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Charles-François Daubigny, La Neige, 1873

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Huile sur toile • 100 × 200 cm • Coll Musée D’Orsay, Paris • © Musée D’Orsay, Dist. RMN Grand Palais / Patrice Schmidt

La Neige, 1873

Exposé au Salon de 1873, ce tableau de la maturité de l’artiste est vivement critiqué. On lui reproche son caractère d’esquisse, son manque de soin. Il s’agit pourtant d’un beau morceau de peinture, dépouillé, enlevé, représentant la plaine d’Auvers-sur-Oise sous la neige. Des corbeaux s’affairent dans le ciel, à la recherche sans doute d’une maigre pitance. Daubigny est ici en phase avec le réalisme de Courbet mais aussi les recherches des impressionnistes qu’il fréquente, notamment Monet. S’il peut exposer alors que ses jeunes amis sont refusés au Salon, Daubigny le doit au fait d’avoir été précédemment médaillé et donc d’échapper au rejet par le jury d’admission.

Par • le 14 août 2023

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