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NOUVEAU REGARD

Charles Guyot : « Il faut que les artistes sachent que la Fondation des Artistes est là pour les aider »

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Créée en 1976, la Fondation des Artistes soutient et accompagne les artistes tout au long de leur carrière, de la sortie d’école à la fin de vie. Elle aide ainsi à la production d’œuvres d’art, organise des expositions dans son centre d’art – la MABA, à Nogent-sur-Marne –, envoie des artistes en résidences et défend le bien vieillir dans son EPHAD spécialisé. À l’aube de son 50e anniversaire, rencontre avec son nouveau président Charles Guyot.
La Maison nationale des artistes à Nogent-sur-Marne
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La Maison nationale des artistes à Nogent-sur-Marne

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© Fondation des Artistes

La Fondation des Artistes, une structure unique en son genre, célèbrera ses 50 ans en 2026. Comment est-elle née ? Et dans quel but ?

Charles Guyot : L’histoire de la Fondation des Artistes est assez extraordinaire et a véritablement débuté il y a une centaine d’années grâce à la générosité de plusieurs donatrices au profit des artistes : la baronne Adèle de Rothschild, qui a légué l’hôtel Salomon de Rothschild, et les sœurs Madeleine et Jeanne Smith, qui ont quant à elles légué leur domaine de Nogent-sur-Marne. Ces deux beaux actifs sont au départ détenus par l’État. En 1976, le ministère de la Culture crée la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques qui a un statut semi-public semi-privé. On la dote de moyens financiers qui reposent non seulement sur ce patrimoine immobilier mais aussi sur des dons et des legs.

Quelles sont ses principales missions ?

La mission de la Fondation des Artistes est d’accompagner les artistes plasticiens tout au long de leur parcours. Cela passe d’abord par une bonne gestion de son patrimoine pour pouvoir ensuite redéployer ses ressources au profit des artistes. Cet accompagnement commence dès la sortie d’école par l’attribution de bourses, mais aussi d’ateliers – nous disposons d’une centaine. La fondation alloue un budget de 500 000 € par an à l’aide à la production d’œuvres d’art, ce qui en fait le premier sponsor privé. Nous organisons aussi trois expositions par an à la MABA, notre centre d’art à Nogent-sur-Marne : une dédiée à la photographie et la vidéo, une autre au design graphique et enfin une carte blanche à des artistes.

Madeleine Smith-Champion, Autoportrait
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Madeleine Smith-Champion, Autoportrait, vers 1920

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Huile sur toile • Coll. & © FNAGP

La Fondation contribue aussi au rayonnement international en subventionnant des résidences d’artistes à l’étranger. Nous intervenons enfin sur la fin de vie en accueillant des artistes dans notre maison de retraite à Nogent-sur-Marne qui leur est entièrement dédiée, ce sans condition de revenus. On y a beaucoup investi dans la programmation culturelle en proposant notamment des activités quotidiennes. On met aussi à disposition des résidents le nécessaire afin qu’ils puissent continuer à créer.

Vous avez pris la présidence de la Fondation en novembre 2024. Quel est votre parcours ?

Portrait de Charles Guyot
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Portrait de Charles Guyot

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© Fondation des Artistes

J’ai toujours vécu deux vies parallèles. Cela fait maintenant 16 ans que je travaille chez Principe, une société familiale d’investissement et de conseil immobilier mais parallèlement à cela, j’ai une grande passion pour l’art. Je visite assidument les musées, les galeries, les foires et je collectionne à un bon rythme. En 2005, j’ai fondé le Contemporary Art Club, qui regroupait environ 400 jeunes collectionneurs. Pendant 15 ans, on a organisé des visites d’expositions en compagnie de galeristes ou d’artistes afin de faciliter l’accès à l’art contemporain. Cette expérience m’a permis d’acquérir une solide connaissance du monde de l’art et de ses institutions.

J’ai par ailleurs aussi été administrateur de la Maison Rouge, mais aussi des Amis des Beaux-Arts de Paris et je suis au Comité de la création contemporaine du musée d’Art moderne de Paris. J’ai rejoint le conseil d’administration de la Fondation des Artistes en 2018, puis en suis devenu le trésorier. En fin d’année dernière, j’ai été élu président à la suite de Guillaume Cerutti et suis très honoré de lui succéder.

Comment la fondation finance-t-elle ses actions ?

La Fondation des Artistes a été créée par le ministère de la Culture. Elle est reconnue d’utilité publique, mais c’est une entité privée. Nos moyens proviennent principalement de notre patrimoine immobilier, tandis que d’autres ressources proviennent de la maison de retraite. La bonne gestion de la fondation et de ses actifs nous permet d’être en mesure de redéployer le plus de ressources possibles au profit des artistes.

Quel bilan faites-vous après 50 ans d’accompagnement des artistes ?

La Fondation des Artistes est très fière de ce qu’elle a accompli ces dernières années et, en tant que nouveau président, je souhaite véritablement m’inscrire dans les pas de mes prédécesseurs. Mon but est de pérenniser les actions de la Fondation et de réfléchir à la manière de trouver des moyens d’augmenter notre soutien aux artistes. Nous devons travailler sur la visibilité : il faut que les artistes sachent que la Fondation existe, qu’elle est là pour les accompagner, et que les gens nous identifient pour nous attribuer des dons et des legs. C’est un axe très important que nous souhaitons développer. Nous venons aussi d’intégrer la résidence Moly-Sabata, qui est la plus ancienne résidence en France (et donc notre première résidence en France). Nous avons récemment réalisé un partenariat entre la MABA et le Stedelijk Museum de Schiedam aux Pays-Bas afin d’accueillir des expositions dans notre centre d’art : c’est aussi une chose que nous souhaitons poursuivre.

Vue de l’exposition « Laure Albin Guillot : artisane d’art de la photographie »
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Vue de l’exposition « Laure Albin Guillot : artisane d’art de la photographie », 2018

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© Raphaël Chipault / Jeu de Paume

Les artistes sont en première ligne face à un contexte incertain, marqué par des coupes budgétaires massives dans le secteur culturel et un marché de l’art au ralenti. Comment la fondation envisage-t-elle cette période ?

Ce contexte fait peser une pression supplémentaire sur les artistes qui ont encore plus besoin de nous. Il faut donc que la fondation se mobilise d’avantage et augmente son soutien. Nous l’avions déjà fait durant le Covid, qui a été un moment difficile pour de nombreux artistes. Nous avions alors proposé une dotation supplémentaire afin de leur venir en aide. Cela demande un vrai travail de gestion de nos actifs, d’optimisation des ressources.

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MABA - Maison d'Art Bernard Anthonioz

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