Chassol
Photo Flavien Prioreau
« Action Comics One de Jean-Michel Basquiat est dans mon quotidien depuis vingt-cinq ans car elle appartient à ma belle-famille. Elle fait donc complètement partie de mon champ visuel. Même si je la vois régulièrement lors de dîners ou de fêtes, je ne me suis penché véritablement sur cette toile que récemment, dans le cadre d’une commande.
Au printemps dernier, la Philharmonie de Paris a présenté une grande exposition sur Basquiat et la musique, « Basquiat Soundtracks ». C’est à cette occasion que j’ai imaginé une pièce autour d’Action Comics One. J’ai d’abord demandé à une amie de lire des citations du peintre, puis grâce à ma technique d’harmonisation du langage parlé, j’ai obtenu une trame mélodique autour de laquelle j’ai imaginé un film mettant en scène mon fils et mes neveux, qui réagissent face à cette toile.
Jean-Michel Basquiat, Action Comics One, Nov. 1983
acrylique, crayon, craie grasse sur toile • 168 × 153 cm • © Estate Jean-Michel Basquiat / Photo Sotheby’s
Basquiat est l’un des rares peintres noirs à être très connu. Pour une personne noire, il fait en quelque sorte partie du paysage. Sans être particulièrement fan, je ressentais une forme d’injonction à aimer cet artiste. Suite à cette commande, je me suis vraiment immergé dans les textures, les phrases inscrites sur ses toiles… J’y ai trouvé une forme d’écho à mon travail.
Action Comics #1, juin 1938
© DC Comics
J’ai toujours aimé ce Superman représenté au centre d’Action Comics One, puis en travaillant véritablement sur cette toile, mes impressions de jeune homme sont venues percuter mon jugement esthétique. Tout à coup j’ai compris la charge qui pesait sur la figure du super-héros américain. Basquiat réinterprète la couverture du premier Action Comics paru en 1938, sur laquelle Superman apparaissait pour la première fois. L’image est ambiguë : on n’a pas vraiment l’impression que le Superman est en train de sauver les passagers de la voiture, mais plutôt qu’il est en train de la fracasser ! Lorsqu’il était très jeune, Basquiat s’est fait renverser et a eu les jambes éclatées. À l’hôpital, sa mère lui rapportait des livres d’anatomie, mais aussi des bandes dessinées. Selon moi, cette toile traduit son amour des comics, mais représente également une charge contre les super-héros qui incarnent, comme Captain America, un sentiment de domination de l’Amérique blanche. »
Les marguerites Gaumont par Chassol. Dialogue entre musique & films
Du 15 septembre 2023 au 22 décembre 2023
Gaîté Lyrique • 3bis Rue Papin • 75003 Paris
gaite-lyrique.net
La masterclass de Chassol
Discussion avec Stéphane Lerouge
Le 6 décembre à 19h
Tarif : 10€
Pour plus d’informations, c’est ici.
Le ciné-club de Chassol : "Le Chêne"
Projection suivie d’une discussion entre Chassol et Barthélémy Fougea
Le 16 décembre à 17h
Gratuit sur réservation, ici
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