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SECRETS D’ARTISTE

Ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur Jean-Michel Basquiat

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Publié le , mis à jour le
Il est avec Keith Haring de ceux qui ont fait entrer le street art au musée ! Figure incontournable du New-York underground, mariant comme personne culture urbaine, références classiques et traditions vaudoues. L’imagerie de Jean-Michel Basquiat (1960–1988) parle à tout le monde. Beaux Arts vous dévoile six infos qui éclairent d’un jour nouveau le parcours de cette comète de l’art, membre du triste club des 27.

1. Il est marqué à vie par un accident de voiture à sept ans

Sensibilisé à la culture par sa mère qui l’emmène régulièrement au MoMA, Basquiat dessine dès son plus jeune âge. En mai 1968, alors qu’il joue au ballon avec des copains dans la rue, Jean-Michel est renversé par une voiture. Son bras est cassé, il souffre de lésions internes et on lui ôte la rate. Durant sa longue hospitalisation à Brooklyn, il s’occupe en feuilletant l’incontournable manuel d’anatomie, Gray’s Anatomy, que lui confie sa mère. Plus tard, dans sa peinture, les motifs de crânes, de squelettes et de vaisseaux sanguins sont récurrents…

Jean-Michel Basquiat, Untitled (Black Skull)
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Jean-Michel Basquiat, Untitled (Black Skull), 1982

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182,9 × 152,4cm • Coll. privée / © Christie’s Images / Bridgeman Images / © The estate of Jean-Michel Basquiat / Adagp, Paris 2022

2. La chanteuse Debbie Harry est sa première acheteuse

Si Basquiat est déjà connu dans l’underground new-yorkais au seuil des eighties, exposant par exemple au « Times Square Show » de 1980 en compagnie de Keith Harring et Jenny Holzer (entre autres), ce n’est qu’en 1981 qu’il vend sa première peinture, et pas à n’importe qui ! Debbie Harry, la charismatique chanteuse du groupe Blondie, gravite dans le même milieu et, séduite par l’artiste aux multiples talents, l’engage pour figurer dans le clip de Rapture. Visitant l’atelier du Basquiat après le tournage, Debbie tombe amoureuse de la toile Cadillac Moon et, pour 200 dollars, devient de fait sa première acquéreuse. Quand on sait qu’en 2017 Sans titre fit sauter tous les records, à plus de 110 millions de dollars, on peut dire que c’est une bonne affaire !

Victor Bockris, William Burroughs, Jean-Michel Basquiat et Debbie Harry ; série Burroughs Reloaded
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Victor Bockris, William Burroughs, Jean-Michel Basquiat et Debbie Harry ; série Burroughs Reloaded

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© Victor Bockris

3. Il a eu une liaison passionnée avec Madonna

Basquiat et Madonna se rencontrent au début des années 1980 : le coup de foudre est immédiat. La chanteuse s’en rappelle avec émotion : « Je me souviens de m’être réveillée au milieu de la nuit et de ne pas le voir couché à côté de moi ; il était debout, peignant à quatre heures du matin, si près de la toile, en transe. J’en ai été époustouflée, par ça et par le fait qu’il travaillait quand il se sentait ému. » L’idylle est brève : Madonna y met fin, lasse de l’addiction du peintre à l’héroïne. Lors de la séparation, Basquiat repeint en noir toutes les toiles qu’il avait offertes à son égérie.

Madonna et Jean-Michel Basquiat
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Madonna et Jean-Michel Basquiat

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© DR

4. Il est le premier artiste noir à figurer en une du New York Times

Jean-Michel Basquiat était un militant actif de la cause noire. Suzanne Mallouk, qui a été sa compagne la plus grande partie des années 1980, se souvient d’une visite au MoMA où Basquiat, s’émouvant qu’aucune œuvre de peintre noir ne soit exposée, exécute en protestation un rituel vaudou en déversant de l’eau dans les galeries. Il tient une première revanche le 10 février 1985. Sur la une du New York Times Magazine, on le découvre assis nonchalamment dans son atelier, en costume-cravate noir et nu pieds, dominant le titre de l’article de Cathleen McGuigan : « New Art, New Money ». Il est ainsi le premier artiste noir affiché sur les unes mythiques du magazine.

Basquiat à la Une du New York Times
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Basquiat à la Une du New York Times

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© DR

5. Il était aussi musicien et a produit un morceau de rap

Il avait plus d’une corde à son arc : on croise souvent Basquiat une guitare électrique sous le bras à la fin des années 1970. L’artiste joue aussi de la clarinette et du synthétiseur pour le groupe Channel 9, bientôt rebaptisé Gray, pratiquant un noise rock dans l’esprit de Sonic Youth avec des influences hip-hop. En 1983, il produit le morceau Beat Bop des rappeurs Rammellzee et K-Bop. Il leur offre une pochette mémorable avec sa couronne et son « blaze », et peint également les macarons des deux faces. Si les albums originaux sont moins chers que les toiles de Basquiat, il vous faudra tout de même compter environ 2 000 euros pour en devenir l’heureux propriétaire.

Jean-Michel Basquiat, RAMMELZEE AND K-ROB / BEAT BOP
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Jean-Michel Basquiat, RAMMELZEE AND K-ROB / BEAT BOP, 1983

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© Artcurial. Œuvre vendue aux enchères à Artcurial

6. Il est très difficile de distinguer les dessins originaux des faux

Basquiat était connu pour donner facilement ses dessins, mais aussi pour ne pas systématiquement les signer… Ajouté à sa cote vertigineuse, cela en a fait un modèle de choix pour les copistes du monde entier. Les experts du peintre ont de quoi être sceptiques lorsqu’on annonce l’exposition de 35 dessins « originaux » de l’artiste dans une galerie de Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, en septembre 2020. « Je n’ai même pas besoin d’aller voir les dessins, ils sont tellement puérils ! » s’offusque le collectionneur Richard Rodriguez, qui avait déjà démasqué trois faux à la Fiac de 1994. L’exposition de Nuits-Saint-Georges est naturellement écourtée. Plus récemment, en juin 2022, le FBI a saisi 25 tableaux douteux exposés au musée d’Orlando (Floride), également parce que les experts n’étaient pas d’accord sur leur authenticité. Affaire à suivre !

Jean-Michel Basquiat, Untitled (Self-Portrait or Black Skull with a Crown inscribed with the word Milk)
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Jean-Michel Basquiat, Untitled (Self-Portrait or Black Skull with a Crown inscribed with the word Milk), 1982

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© DR / © The estate of Jean-Michel Basquiat / Adagp, Paris 2022

Retrouvez dans l’Encyclo : Jean-Michel Basquiat

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