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Dégradations, avaries, surfréquentation : la situation du Louvre inquiète sa présidente

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Visiteurs et touristes faisant la queue pour entrer au musée du Louvre
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Visiteurs et touristes faisant la queue pour entrer au musée du Louvre

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© Marcin Rogozinski / Alamy Stock Photo / hémis

Rien ne va plus au Louvre… C’est en tout cas ce que laisse entendre une note confidentielle rédigée par sa présidente en personne, Laurence des Cars, à l’attention de la ministre de la Culture Rachida Dati. Dans ce document daté du 13 janvier 2025 et dont le contenu a été partiellement révélé ce mercredi 22 janvier dans les colonnes du Parisien, celle qui est pourtant aux manettes du plus grand musée du monde depuis septembre 2021 dresse un bilan de santé morose de son établissement.

Le texte pointe d’abord « une multiplication d’avaries dans les espaces du musée, parfois très dégradés ». « Certains ne sont plus étanches », ajoute la présidente, « quand d’autres connaissent d’inquiétantes variations de températures, mettant en danger la conservation des œuvres ».

« Visiter le Louvre constitue une épreuve physique »

Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre
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Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre

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© Musée du Louvre / Nicolas Guiraud

L’ancienne directrice du musée d’Orsay poursuit en soulignant « l’insuffisance des services offerts au public ». « Visiter le Louvre constitue une épreuve physique », avoue-t-elle sans mâcher ses mots. « Accéder aux œuvres prend du temps et n’est pas toujours chose aisée. Le visiteur ne dispose d’aucun espace lui permettant de faire une pause. L’offre alimentaire ou les sanitaires sont en volume insuffisant, largement en-deçà des standards internationaux. La signalétique doit être entièrement repensée ».

Pour ne rien arranger, « la conception de la pyramide révèle d’importantes lacunes », ajoute-t-elle. « Lors des journées de forte chaleur, l’effet de serre, créé par la verrière, rend cet espace très inhospitalier pour le public qui le traverse et les agents qui y travaillent. En outre, le traitement phonique de cet espace demeure médiocre ».

Ce sont en effet près de neuf millions de visiteurs qui ont afflué au Louvre en 2024, et jusqu’à plus de dix millions en 2018, alors que le musée, tel qu’il fut repensé dans les années 1980, avait été conçu pour seulement quatre millions de visiteurs annuels. Face à cette situation, Laurence des Cars avait imposé début 2023 une jauge de 30 000 visiteurs par jour, préférant le confort de visite à la course aux records.

En 2016, sous la présidence de Jean-Luc Martinez, le hall d’entrée avait été entièrement repensé pour un coût de 53,5 millions d’euros, avec une réorganisation de l’espace, une signalétique épurée, un nouveau mobilier, une entrée dédoublée, un vestiaire automatique flambant neuf et une multiplication par deux du nombre de sanitaires. Mais, à en croire Laurence des Cars, ces travaux effectués il y a presque dix ans se révèleraient insuffisants, tout comme la jauge en place depuis deux ans.

L’emplacement de la Joconde de nouveau remis en question

Dans sa note adressée à la ministre, la présidente du musée s’attarde également sur un autre problème de taille : « la présentation de la Joconde en salle des États » qui, « de l’avis de tous », « doit être interrogée ». « Le public afflue dans la salle sans que lui soient données les clefs de compréhension de l’œuvre et de l’artiste », déplore-t-elle.

La foule devant « la Joconde » de Léonard de Vinci au Louvre
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La foule devant « la Joconde » de Léonard de Vinci au Louvre, 2023

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© Bertrand Gardel / hemis

Cette question avait déjà été évoquée par le Louvre en avril 2024, suite à la révélation le 26 mars 2024 des résultats d’un sondage qui avait désigné la Joconde comme « le tableau le plus décevant du monde », selon les touristes. En effet, 80 % des visiteurs font la queue pour admirer Mona Lisa, soit 25 000 personnes par jour, toutes frustrées par l’expérience : alors qu’il faut jouer des coudes pour l’apercevoir, elle apparaît dans cette vaste salle aussi petite qu’« un timbre-poste », avait admis Vincent Delieuvin, conservateur en chef chargé de la peinture italienne du XVIe siècle au Louvre.

De grands travaux nécessaires

La présidente Laurence des Cars avait alors évoqué la possibilité de « déplacer la Joconde dans une salle à part ». Mais son projet pharaonique consistant à ouvrir un nouvel accès au Louvre et à creuser sous la Cour carrée deux nouvelles salles pour accueillir le tableau de manière plus adaptée, nécessiterait la somme astronomique de 500 millions d’euros.

Dans le Parisien, le journaliste Yves Jaeglé s’interroge sur la possibilité de réaliser de grands travaux « en une période où la notion même de budget de l’État est devenue acrobatique, alors que les gouvernements peuvent tomber n’importe quand, et que les enveloppes financières allouées aux musées se réduisent comme peau de chagrin ». Le journaliste rapporte cependant que, d’après une source proche, le président de la République Emmanuel Macron compterait « se saisir de ce dossier prochainement ». Affaire à suivre…

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