Série – Ces questions que vous vous posez sur l’art

Depuis quand truque-t-on les photos ?

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Publié le , mis à jour le
À l’heure de l’intelligence artificielle génératrice d’images, on s’en méfie comme jamais : les photos ne disent pas toujours la vérité ! Mais depuis quand ces dernières sont-elles manipulées ? Beaux Arts vous dit tout dans le cadre de sa série quotidienne de la rentrée sur ces questions que vous posez sûrement sur l’art !
À droite, la photographie originale de Joseph Staline et Nicolas Yeshov, ancien commissaire politique du Thoulak devenu ennemi du dictateur. À gauche, la photographie retouchée dans laquelle l’officier a été effacé après son exécution en 1940
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À droite, la photographie originale de Joseph Staline et Nicolas Yeshov, ancien commissaire politique du Thoulak devenu ennemi du dictateur. À gauche, la photographie retouchée dans laquelle l’officier a été effacé après son exécution en 1940

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© Akg-images

Les images n’ont pas attendu les deepfakes et Photoshop pour être truquées ! Les historiens de l’art affirment en effet que les photographies sont manipulées depuis qu’elles existent ! Auteur de plusieurs livres sur les images et les nouvelles technologies, André Gunthert, enseignant-chercheur et spécialiste de l’histoire de la photographe rappelle que « la retouche remonte au début de la photographie et en a toujours accompagné la production ».

Dès l’époque de la révélation du premier daguerréotype, en 1839, on ajoute de la couleur, on dissimule les imperfections en repassant par exemple à l’encre de Chine. La censure et la propagande à travers l’Histoire reprendront d’ailleurs l’idée.

Quand Gustave Le Gray bluffait sur les couleurs…

En 1841, la première photographie retouchée est attestée. C’est l’année où est breveté par William Henry Fox Talbot le calotype, ancêtre du négatif argentique, qui va permettre de multiplier les prises de vue. De quoi ouvrir de nouveaux horizons esthétiques aux photographes !

Gustave Le Gray, Brick au clair de lune
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Gustave Le Gray, Brick au clair de lune, 1856

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Tirage à l’albumine • 32.07 × 40.64 cm • Coll. musée d’Art Nelson-Atkins, Kansas City • © Wikimedia Commons

Un pionnier de l’image tel Gustave Le Gray (1820–1884) truque ses clichés. Dans les années 1850, pour restituer ses clairs de Lune (qui nécessite un temps de pause différent des modèles terrestres), cet immense photographe de paysage procède à des montages et superpose deux décors issus de photos prises séparément.

Retoucheur, un métier du XIXe siècle

Article de Sir Arthur Conan Doyle révélant l’existance des fées, publié dans The Strand Magazine
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Article de Sir Arthur Conan Doyle révélant l’existance des fées, publié dans The Strand Magazine, Mars 1921

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© Getty / Glenn Hill

La photographie ayant une visée journalistique, scientifique et archéologique, l’exigence est plus que de rigueur. Pourtant, les journaux abusent depuis plus d’un siècle des retouches ! Dès la fin du XIXe siècle, en plein boom de la presse qui se vend à des millions d’exemplaires, les rédactions des journaux intègrent le métier de retoucheur photo. Nul désir de flouer le lecteur avec un coup de ciseau ou de gouache bien placé, juste l’envie de rendre l’image plus flatteuse et, pourquoi pas, un vêtement plus désirable…

Mais où commence la tromperie ? De manipulations politiques (la guerre froide s’en fera une spécialité) en complotisme, les images retouchées sont capables d’en berner plus d’un. L’affaire des fées de Cottingley ayant défrayé la chronique en 1917 offre un bel exemple de supercherie : les clichés de ces deux cousines photographiées au milieu de petites fées ont rencontré un tel succès que Sir Arthur Conan Doyle les a lui-même popularisés dans ses articles.

Retrouvez dans l’Encyclo : Gustave Le Gray

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