William Turner, The Rising Squall, Hot Wells, from St Vincent’s Rock, Bristol, 1792–1793
© Sotheby's
C’est un tableau exceptionnel qui vient de ressurgir de l’ombre : restée introuvable pendant un siècle et demi, cette huile sur toile du célèbre peintre britannique William Turner (1775–1881) n’est autre que la toute première à avoir été exposée du vivant de l’artiste.
Intitulée The Rising Squall, Hot Wells, from St Vincent’s Rock, Bristol et peinte alors que Turner n’avait que 17 ans, cette pépite sera mise aux enchères par la maison de vente Sotheby’s, après avoir été exposée dans ses locaux londoniens du 28 juin au 1er juillet.
L’adolescent avait peint ce paysage lors de son tout premier voyage d’artiste, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Typique de Turner qui affectionnait les bateaux aux prises avec les éléments, cette scène théâtrale représente par temps d’orage un décor pittoresque : les anciennes sources chaudes situées au pied de St. Vincent’s Rock à Clifton (non loin de Bristol) et leur spa du XVIIe siècle, Old Hotwell House. Au premier plan, une embarcation est ballottée par les eaux agitées de la rivière Avon, à l’emplacement où se situe aujourd’hui le pont suspendu de Clifton.
Prise à tort pour une aquarelle, cette toile n’avait de surcroît pas été incluse dans le catalogue raisonné de peintures de Turner.
Pendant plus d’un siècle, ses propriétaires ont ignoré qu’il s’agissait d’un Turner, car la signature du peintre s’était effacée et n’a été révélée que l’an dernier, lors du nettoyage de l’œuvre. Prise à tort pour une aquarelle, cette dernière n’avait de surcroît pas été incluse dans son catalogue raisonné de peintures. Exposée à la Royal Academy de Londres en 1793, trois jours après les 18 ans de Turner, elle avait eu pour premier acheteur le pasteur Robert Nixon, client du salon de barbier du père de l’artiste dans la capitale anglaise. Le fils du prêtre en avait ensuite hérité, puis elle était tombée dans l’oubli après avoir été exposée une dernière fois en Tasmanie (Australie) en 1858.
D’une valeur estimée à 300 000 livres sterling (environ 356 000 euros), l’œuvre témoigne de « l’ambition » et du « talent » précoces du jeune Turner, a souligné Julian Gascoigne, expert chez Sotheby’s, qui la décrit comme « un aperçu fascinant et très instructif du style de ses débuts », lorsque l’artiste, déjà habile aquarelliste, commençait à expérimenter la technique de la peinture à l’huile. Elle détrône ainsi le tableau Pêcheurs en mer (1796), conservé à la Tate Britain, qui fut longtemps présenté comme sa première peinture exposée. Une redécouverte qui tombe à pic, en plein 250e anniversaire de la naissance du peintre britannique !
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