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William Turner en 2 minutes

En bref

Peintre et aquarelliste britannique, membre de la Royal Academy, Joseph Mallord William Turner (1775–1851) fut en avance sur son temps. Précurseur dans la représentation des effets atmosphériques, et donc de l’impressionnisme, il est couramment qualifié de « peintre de la lumière ». Turner appréhende le genre du paysage avec l’énergie romantique qui sied à son époque, mais en atteignant des qualités d’abstraction encore inédites dans l’histoire de la peinture. Son influence sera déterminante sur des peintres comme Claude Monet ou Mark Rothko.

Joseph Mallord William Turner, Autoportrait
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Joseph Mallord William Turner, Autoportrait, vers 1799

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Huile sur toile • 74,3 × 58,4 cm • Coll. Tate, Londres • © Eileen Tweedy/Aurimages

Il a dit

« Mon style, c’est l’atmosphère. »

Sa vie

La naissance de Turner reste entourée d’un certain mystère. Fils d’un barbier-perruquier et d’une mère psychologiquement fragile, le petit garçon est élevé par son oncle près de Londres. Il se passionne pour le dessin et reproduit des paysages.

Soutenu par son père dès ses jeunes années, William Turner travaille comme coloriste dans une boutique d’estampes à Covent Garden. À 14 ans, il entre comme dessinateur chez un architecte. L’art le passionne, et il prend des cours afin de rendre la perspective et la topographie. C’est à cet âge précoce que Turner entre à la Royal Academy (dont l’enseignement est gratuit). Le peintre Joshua Reynolds, spécialisé dans les portraits, exerce sur lui une certaine influence, tout comme les maîtres anciens qu’il admire et copie. Chose assez étonnante en vertu de son jeune âge, Turner commence à exposer ses aquarelles.

Bien qu’il travaille en atelier, Turner aime le plein air. Il voyage dans le pays et découvre des variétés nouvelles de paysages. L’artiste cultive une veine romantique, appréciant les scènes nocturnes, les ciels tourmentés et orageux. Déjà, il montre une tendance à saisir et magnifier les effets lumineux.

En 1799, à 24 ans, William Turner est admis comme membre associé de la Royal Academy. Il s’illustre dans le genre du paysage, ce qui reste moins prestigieux que la peinture d’histoire (qu’il pratique sporadiquement). Le jeune artiste parvient à vendre sa peinture à des personnalités riches et influentes. En 1802, il devient académicien royal, un titre prestigieux. Il y deviendra même professeur une vingtaine d’années plus tard, puis président de l’institution en 1845.

L’artiste a effectué de nombreux voyages : dans son propre pays, mais aussi en Italie (notamment à Venise), en France, aux Pays-Bas… Londres reste cependant l’un de ses sujets de prédilection. En 1834, l’artiste assiste à l’incendie du Parlement de Londres. Il peint alors une série de toiles et d’aquarelles d’une fascinante dramaturgie, qui présentent d’étonnantes qualités d’abstraction, une touche libre et évanescente qui le distingue de ses contemporains.

Turner est aussi passionné par la modernité : les bateaux à vapeur, la naissance du chemin de fer… En 1844, il peint sa toile la plus célèbre, considérée comme le chef-d’œuvre du pré-impressionnisme : Pluie, vapeur et vitesse.

Personnalité réputée difficile, le peintre pourtant célébré demeure un grand solitaire. Son plus proche parent, et assistant, n’est autre que son père. La mort de celui-ci, en 1826, est un événement tragique. Turner décède en 1851 du choléra. Par son testament, il lègue tous ses tableaux à la National Gallery of British Art (future Tate Britain).

Ses œuvres clés

Joseph Mallord William Turner, Le Naufrage
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Joseph Mallord William Turner, Le Naufrage, 1805

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Huile sur toile • 170,5 × 241,6 cm • Coll. Tate, Londres • © Tate, Londres

Le Naufrage, 1805

William Turner donne ici libre cours à son goût pour les scènes tragiques. Sur une mer déchaînée, un bateau fait naufrage. Les canots de sauvetage sont malmenés par la tempête… L’issue de la scène est incertaine. La composition est marquée par de fortes diagonales qui accentuent l’effet dynamique. À l’instar des grands peintres de paysage du XVIIIe siècle et de l’époque romantique, Turner cherche à traduire le caractère « sublime » de la nature, dont les forces s’imposent aux hommes, réduits à l’impuissance.

Joseph Mallord William Turner, Incendie de la Chambre des Lords et des Communes
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Joseph Mallord William Turner, Incendie de la Chambre des Lords et des Communes, 1835

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Huile sur toile • 92 × 123 cm • Coll. Philadelphie Museum of Art • © DeAgostini/Leemage

Incendie de la Chambre des Lords et des Communes, 1835

 Turner a observé cette scène d’apocalypse survenue dans la nuit du 16 octobre 1834. La toile appartient à une série d’aquarelles et de quatre huiles qu’il a peintes sur le sujet, fasciné, et posté sur un bateau sur la Tamise. L’incendie monumental embrase le ciel, comme un puissant coucher de soleil. Au loin, les flammes consument les bâtiments, en particulier la Chambre des Communes. Turner a pris quelques libertés avec la réalité, accentuant l’échelle du pont de Westminster et l’effet d’oblique afin de conférer à cette scène une plus grande dramaturgie.

Joseph Mallord William Turner, Pluie, vapeur, vitesse
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Joseph Mallord William Turner, Pluie, vapeur, vitesse, 1844

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huile sur toile • 91 × 121,8cm • Coll. National Gallery, Londres

Pluie, vapeur, vitesse, 1844

Enjambant la Tamise, un train file sur des rails de fer au cœur d’un paysage brumeux. William Turner rend admirablement l’effet de vitesse, ce qui contraste avec le caractère statique de la ville et du pont de pierre à l’arrière-plan. En représentant ce train, le peintre rend hommage à la modernité, à la fois celle de la locomotive (l’une des plus performantes de l’époque) et celle de l’infrastructure ferroviaire, qui permettait de relier Londres à Bristol. Cette toile est considérée comme la première à avoir représenté le motif du train dans la peinture. Elle est un symbole de la société née de la révolution industrielle.

Par • le 16 septembre 2019

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