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Surnommé le « peintre des anges », l’Italien Guido di Pietro dit Fra Angelico (vers 1395–1455) est l’un des artistes majeurs du Quattrocento florentin, au même titre que ses contemporains Masaccio et Filippo Lippi. Très religieux, il a consacré son talent aux thèmes bibliques et a travaillé particulièrement les effets de lumière comme expression de la spiritualité dans l’art. Le grand biographe des artistes de la Renaissance, Giorgio Vasari, a vu en lui l’un des peintres les plus parfaits de son temps. La pureté de son style sera très admirée par les peintres de la rénovation de l’art chrétien à la fin du XIXe siècle, en particulier par Maurice Denis.
Fra Angelico, Ange de l’Annonciation, 1450–1455
Tempera et feuille d’or sur panneau de bois • 33 × 27 cm • Coll et © Detroit Institute of Art, Detroit / © Bridgeman Images
« Jamais ne peigna-t-il un crucifix sans que les larmes coulent au long de ses joues, et la bonté de son âme sincère peut être jugée par les attitudes de ses personnages. » Giorgio Vasari
Né vers 1395 sous le nom de Guido di Pietro dans un petit village proche de Florence, le futur peintre n’apparaît pas dans les registres des corporations avant 1417. On ne sait quasiment rien de son enfance, ni de sa formation précoce. À cette époque, il entame son parcours religieux, s’attachant au couvent San Domenico de Fiesole. Il prend alors un nom religieux : Fra Giovanni (frère Jean). Plus tard, on le surnommera Fra Angelico (frère des anges), mais peut-être seulement à titre posthume, selon certains historiens.
Fra Angelico s’épanouit au contact d’un guide : Lorenzo Monaco, auteur du Couronnement de la Vierge pour le cloître de Santa Maria degli Angeli, à Florence, en 1414. Sous l’impulsion des peintres siennois et du style gothique international, ce dernier développe un art proche de la miniature, où la lumière joue un rôle essentiel. Souvent irréelle, elle traduit le mystère de la religion. Fra Angelico subit également l’influence de Lorenzo Ghiberti, important sculpteur florentin.
Les tableaux d’autels et les fresques constituent la production exclusive de Fra Angelico. Il travaille donc pour des cathédrales, des couvents, des chapelles et peu pour le monde laïque. La perspective, inventée vers 1420 à Florence, nourrit les œuvres de l’Angelico, souvent emplies d’architectures (notamment les motifs d’arcades). Mais son inspiration première réside dans la prière et la méditation.
Après avoir sillonné l’Italie, Fra Angelico revient à Fiesole en 1418 et y demeure jusqu’en 1436. Il rencontre alors le peintre Masaccio, qui l’influence. À partir de 1436, Fra Angelico travaille à Florence pour le couvent de San Marco, dont la restauration est financée par Cosme de Médicis. À destination de ses frères dominicains, son style est sobre et dépouillé, comme il convient à cet ordre.
Sa notoriété s’établit fermement vers 1440. Fra Angelico poursuit ensuite sa carrière à Orvieto, puis au Vatican, avant de finir sa vie dans le couvent de Fiesole. Il meurt cependant à Rome en 1455.
Fra Angelico, L’Annonciation, vers 1430
Tempera et or sur panneau • 194 × 194 cm (avec les prédelles) • Coll. musée national du Prado, Madrid • © Bridgeman Images
L’Annonciation, vers 1430
Il s’agit de l’une des trois Annonciations peintes par Fra Angelico. De grandes dimensions, cette tempera sur panneau fut peinte pour le couvent San Domenico de Fiesole. Il s’agit d’une scène typique de l’iconographie biblique, mettant en scène Marie avec l’ange, décrite dans l’Évangile de saint Luc. L’architecture est très présente et montre la maîtrise par Fra Angelico de la perspective fuyante, mais également ses talents de miniaturiste à travers les détails de la nature luxuriante. Le jardin clos de la Vierge, qui symbolise sa virginité, renvoie également au paradis terrestre d’où sont chassés Adam et Ève. Le musée du Prado vient de révéler les couleurs éclatantes de ce chef-d’œuvre grâce à une campagne de restauration.
Fra Angelico, Le Jugement Dernier, vers 1431
Tempera sur bois et or • 105 x 210 cm • Coll. Musée de San Marco, Florence • © Luisa Ricciarini / Leemage
Le Jugement dernier, vers 1431
Cette œuvre peinte à la détrempe représente la scène du Jugement dernier au cours de laquelle, selon le Nouveau Testament, les damnés sont séparés des justes. La composition est compartimentée : Jésus, au ciel et entouré des prophètes et de saints, préside au jugement ; à gauche figurent les bienheureux (promis au paradis), et à droite les damnés (condamnés à l’enfer, dont on voit un terrible aperçu). En bas, au premier plan, on aperçoit le tombeau ouvert du Christ.
Fra Angelico, Le Couronnement de la Vierge, vers 1430–1432
Le Louvre a la chance de posséder cette œuvre hors norme, peinte pour l’église San Domenico à Fiesole, où elle faisait pendant à L’Annonciation, aujourd’hui au Prado. Angelico y expérimente une audacieuse perspective, entièrement guidée par le somptueux escalier, en haut duquel le Christ couronne sa mère.
tempera sur bois • 209 × 206 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais / Photo Angèle Dequier
Le Couronnement de la Vierge, vers 1430–1432
Il s’agit d’un retable peint par Fra Angelico pour le couvent de Fiesole. L’épisode, mentionné par des textes apocryphes et La Légende dorée de Jacques de Voragine (une source très prisée à l’époque), suivrait l’assomption de la Vierge. Elle est représentée recevant une couronne des mains de son fils, le Christ, dans une architecture de style gothique. À ses côtés figurent saints (souvent dominicains) et saintes. La prédelle comporte des scènes relatives au fondement de l’ordre dominicain.
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