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Pape de la peinture rococo, spécialiste des sujets libertins à la cour de Louis XV, François Boucher (1703 – 1770) est l’un des grands maîtres français du XVIIIe siècle. Le philosophe et critique d’art Denis Diderot ne l’aimait guère, lui reprochant sa frivolité. Mais la marquise de Pompadour l’adulait ! Ses Vénus et Odalisques l’ont rendu célèbre. Boucher fut un pinceau prolixe, mais aussi un grand graveur.
Gustaf Lundberg, Portrait de François Boucher, 1741
Pastel sur papier bleu • 65 × 50 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Fine Art Images/Heritage Images/ Coll. Christophel
« Boucher est un de ces hommes qui signifient le goût d’un siècle, qui l’expriment, le personnifient et l’incarnent. » Les frères Goncourt
Fils de Nicolas Boucher, peintre membre de l’Académie de Saint-Luc, François Boucher se prédestine naturellement à la carrière artistique. Son père, d’ailleurs, lui donne ses premières leçons. Le jeune homme entre ensuite dans l’atelier d’un peintre réputé, François Lemoyne. Sans fortune, il se met à la gravure d’illustration pour survivre.
Antoine Watteau est l’une des premières sources d’inspiration de Boucher, qui se spécialise dans les scènes galantes et aimables. La mythologie n’a pas de secrets pour lui. Preuve de son émancipation et de son talent, il parvient dès l’âge de 20 ans à intégrer le cercle fermé de l’Académie royale de peinture et de sculpture.
Bien sûr, le graal pour un jeune peintre de cette époque est de faire son séjour à Rome. Boucher y parvient en 1727 et y demeure jusqu’en 1731. Ces quatre années dans la Ville éternelle représentent une étape essentielle de son parcours d’artiste.
Agréé puis reçu à l’Académie en 1734, l’artiste se spécialise dans le genre mondain. Les clients (et les clientes !) sont nombreux à se disputer ses talents, mais la marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, remporte le privilège : il réalise d’elle plusieurs portraits. En 1765, François Boucher devient peintre du roi, succédant à cette fonction à Carle van Loo.
Les châteaux de Versailles et de Fontainebleau, la manufacture des tapisseries des Gobelins, la manufacture royale de Sèvres… Boucher réalise de nombreux décors et crée des motifs pour les arts décoratifs.
Bien que sa peinture soit réputée libertine, Boucher, père de famille, n’adopte pas ces mœurs. Il eut trois enfants avec sa femme, Marie-Jeanne Buseau, épousée en 1733 et qui fut une aide précieuse, gravant pour son mari quelques-uns de ses dessins. Bien que le rococo passe de mode avec l’avènement du néo-classicisme de Jacques-Louis David, vers 1760, Boucher conserve son style jusqu’à sa mort en 1770.
François Boucher, Diane sortant du bain, 1742
Huile sur toile • 57 × 73 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images
Diane sortant du bain, 1742
Cette œuvre met en scène la déesse Diane, se reposant après la chasse, accompagnée d’une nymphe. Le thème mythologique est un prétexte à l’exposition du nu féminin. Le tableau fut peint pour un cabinet d’amateur : c’est une peinture de type érotique, même si la nudité est chaste. Ceci dit, certains historiens de l’art ont avancé qu’il pourrait s’agir d’une scène saphique. Tout comme le gibier qui se trouve à ses pieds, n’est-ce pas aussi la beauté de la jeune nymphe que Diane convoite ?
François Boucher, L’Odalisque blonde, portrait présumé de Marie-Louise O’Murphy, 1751
Huile sur toile • 59 × 73 cm • Coll. Alte Pinakothek, Munich • © Artothek / LA COLLECTION
L’Odalisque blonde, portrait présumé de Marie-Louise O’Murphy, 1751
Cette œuvre a fasciné Louis XV au point qu’il voulut faire de mademoiselle O’Murphy sa maîtresse. La jeune femme aurait été introduite à la cour de France par le célèbre Giacomo Casanova. Le thème de l’Odalisque, qui renvoie à l’imaginaire de la captivité et de la jouissance charnelle, est puissamment érotique : l’Odalisque est représentée allongée sur le ventre, offrant ses cuisses ouvertes. Si Boucher ne montre pas le sexe de la jeune personne, les plis des drapés évoquent par la métaphore les replis secrets du corps.
François Boucher, Madame de Pompadour, 1756
Huile sur toile • 201 × 157 cm • Coll. Alte Pinakothek, Munich • © Bridgeman Images
Portrait de la marquise de Pompadour, 1756
Cet élégant portrait en pied représente la favorite du roi Louis XV, la marquise de Pompadour, dans l’intimité de son cabinet. Elle est immortalisée comme une femme d’esprit, entourée de ses livres, d’un carton à dessins, une plume à ses côtés. Elle apparaît comme la protectrice des arts. Le traitement de la robe atteste de la virtuosité de Boucher à représenter les étoffes. L’artiste eut un rival dans l’art du portrait mondain : Quentin de La Tour, qui réalisa lui aussi un portrait de la favorite. Ce tableau fut exposé au Salon de 1755.
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