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Frans Hals en 2 minutes

En bref

Contemporain de Rembrandt et de Johannes Vermeer, Frans Hals (1582–1666) est l’un des plus grands portraitistes du baroque flamand. Bien que ses portraits de groupe soient assez typiques de son temps (banquets d’officiers, réunions de confréries…), la liberté et la vivacité de sa touche sont d’une impressionnante modernité. Cette fougue est le corollaire d’un tempérament particulièrement original, voire provocateur. Son style évoluera plus tard vers une plus grande acuité psychologique et une parfaite connaissance du travail des ombres et de la lumière.

D'après Frans Hals, Portrait de l’artiste
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D’après Frans Hals, Portrait de l’artiste, vers 1650

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Huile sur bois • 33 × 25,4 cm • Coll. Indianapolis Museum of Art, Newfields / The Clowes Collection • © Bridgeman Images

On a dit de lui

« J’ai surtout admiré les mains de Hals, des mains qui vivaient, mais qui n’étaient pas « terminées », dans le sens que l’on veut donner maintenant par force au mot « finir ». » Vincent van Gogh

Sa vie

Probablement né à Anvers, Frans Hals est le fils d’un marchand de draps. Ayant fui la ville après l’arrivée des Espagnols, la famille s’installe à Haarlem. Le jeune Frans Hals entre dans l’atelier d’un peintre maniériste et devient membre d’une guilde locale.

En 1616, Frans Hals commence à obtenir d’importantes commandes des corporations et des notables de la ville, auxquelles il répond par des portraits de groupes d’un réalisme quasi photographique. Il connaît quelques déboires judiciaires liés à des impayés à ses fournisseurs. Frans Hals poursuit son travail au service des confréries, mais aussi pour la ville d’Haarlem, qui lui confie la restauration d’un précieux retable.

Sédentaire et foncièrement attaché à cette ville, Frans Hals ne quitta quasiment jamais Haarlem. À la différence d’autres peintres de son temps, il refuse de suivre ses mécènes à Amsterdam ou de se déplacer en Europe. Très brillant portraitiste, il connaît pourtant régulièrement des difficultés financières.

Comme le soulignait Vincent van Gogh, Frans Hals est unanimement admiré pour sa représentation des mains de ses personnages, souvent esquissées, libres, d’une modernité qui annonce déjà Édouard Manet et Pablo Picasso. Bien sûr, l’artiste demeure célèbre pour ses portraits de groupes, masculins, dans l’esprit de Rembrandt. Mais leur technique diffère dans le traitement de la lumière, Rembrandt se montrant plus dramatique et Frans Hals plus franc dans les oppositions brutales entre clarté et obscurité.

Dans la dernière partie de la carrière du peintre, ses toiles sont marquées par une palette plus sombre, où le noir occupe une place centrale. Les personnages sont dignes, austères. Cette forme de minimalisme est alors peut-être liée à ses problèmes financiers, qui lui imposent de réduire les couleurs. On estime autour de 200 le nombre de ses œuvres peintes sur l’ensemble de sa carrière, qui s’achève en 1666 avec sa disparition.

Ses œuvres clés

Frans Hals, Le Bouffon au luth
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Frans Hals, Le Bouffon au luth, vers 1624

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Huile sur toile • 70 × 62 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © Photo Josse / Bridgeman Images

Le Bouffon au luth, vers 1624

Un jeune homme, représenté à mi-corps, joue d’un instrument de musique. Le personnage non identifié est très expressif, un sourire ironique aux lèvres. Ce portrait de genre, qui concerne un comédien de classe populaire, fonctionne également comme une allégorie du sens auditif et plus largement des plaisirs de la fête, qui semblent dangereux, trompeurs. Ce bouffon n’inspire guère la confiance. On reconnaît dans les effets d’éclairage une influence du caravagisme, connu par Frans Hals grâce à l’école d’Utrecht.

Frans Hals, Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Adrien
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Frans Hals, Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Adrien, 1627

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Huile sur toile • 183 × 266,5 cm • Coll. Musée Frans Hals, Haarlem • © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images

Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Adrien, 1627

Ce portrait de groupe représente les membres de l’une des trois gardes civiles de la ville d’Haarlem. Réunis autour d’un banquet, moment convivial typiquement masculin, les notables sont vêtus de manière presque identique, avec chapeaux et écharpes de différentes couleurs, tous portant la fraise. Chaque personnage y est identifiable.

Frans Hals, Une Néerlandaise
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Frans Hals, Une Néerlandaise, vers 1643

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Huile sur toile • 115 × 85,8 cm • Coll. National Galleries of Scotland • © Bridgeman Images

Une Néerlandaise, vers 1643

Dans ce portrait de femme sur fond neutre, le peintre joue du contraste entre le noir et le blanc, couleurs qui caractérisent son vêtement et ses dentelles. En gantant une seule de ses mains, Frans Hals attire notre attention sur cette partie du corps. Il montre une grande modernité dans le traitement de l’étoffe, rapidement brossée. Les noirs, eux aussi, sont particulièrement travaillés et révèlent toute une gamme de tonalités. Le modèle n’est pas identifié, mais il s’agit de toute évidence d’une riche habitante d’Haarlem, dont le mari serait représenté dans le pendant, également conservé dans le même musée.

Par • le 15 juillet 2019
Retrouvez dans l’Encyclo : Baroque Frans Hals

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