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Compagnon de Pablo Picasso dans l’aventure cubiste qui a marqué l’histoire de l’avant-garde au début du XXe siècle, Georges Braque (1882 – 1963) a poursuivi un chemin plus solitaire après la Première Guerre mondiale. Son œuvre est marquée par une certaine gravité, et surtout le retour à un imaginaire classique dans les années 1920. Braque était même considéré comme l’un des chefs de file du retour à l’ordre.
Portrait de Georges Braque dans les années 1900–1910
© Roger-Viollet
« Avec l’âge, l’art et la vie ne font qu’un. »
Né à Argenteuil, le jeune Braque passe son enfance au Havre. Il aborde la peinture dans le sillage d’Henri Matisse. Il est fauve avant de devenir cubiste, un style qui a plus notablement marqué son œuvre. La rencontre avec Picasso s’effectue en 1907, alors que Braque est sous l’influence de la peinture de Paul Cézanne qu’il admire.
C’est à Braque et Picasso que l’on doit l’invention du cubisme, l’éclatement des volumes, le choix d’une palette restreinte. En 1908, alors que Picasso est lancé dans l’aventure des Demoiselles d’Avignon, Braque peint le Le Grand nu, exposé au Salon des Indépendants. L’œuvre témoigne du regard porté vers la sculpture dite nègre que Braque et Picasso collectionnent à cette époque.
Entre 1909 et 1911, les deux artistes mènent une « cordée cubiste ». Leurs œuvres sont très proches, ils travaillent à des thèmes restreints, notamment les natures mortes aux instruments (Braque était passionné par la musique). Leur art est qualifié d’analytique et d’hermétique, et il est en effet très conceptuel : le sujet est décomposé en une multitude de facettes géométrisées. Les deux artistes introduisent des fragments empruntés au réel dans leurs œuvres, à l’instar de bouts de papier journal. Braque invente les papiers collés.
En 1914, c’est la Grande Guerre. Braque part au front et se sépare de Picasso. Il est traumatisé par cette expérience où il a contracté une importante blessure à la tête. Après la guerre, l’artiste s’isole dans sa maison de Sorgues, dans le Vaucluse, puis s’installe à Varengeville-sur-Mer, en Normandie. Il compose des vitraux pour la chapelle locale.
Dans l’entre-deux-guerres, l’œuvre de Braque est marquée par son retour au classicisme. Il peint des paysages, des natures mortes et des vues d’atelier. En 1953, l’artiste réalise Les Oiseaux pour un plafond du Louvre. Atteint d’un cancer, il décède en 1963. Des funéraires nationales sont organisées sous l’égide d’André Malraux qui lui rend hommage devant la colonnade du Louvre.
Georges Braque, Le Grand nu, 1908
Huile sur toile • 142 × 103 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Bridgeman Images © ADAGP, Paris 2020
Le Grand nu, 1908
Ce grand format représente une femme, taillée abruptement, évoquant une sculpture primitive. La perspective est niée et les couleurs sont restreintes à des tonalités brunes. Cette œuvre annonce le cubisme que Braque est en train de mettre sur pied avec son comparse Picasso, rencontré l’année précédente.
Georges Braque, Le Guéridon, 1911
Huile sur toile • 116,5 × 81,5 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Bridgeman Images © ADAGP, Paris 2020
Le Guéridon, 1911
Œuvre du cubisme dit analytique, cette toile est complexe. On voit émerger le manche d’un violon et des partitions de musique. La palette est réduite à un strict minimum. Le réel tend à s’effacer au profit de la géométrisation des formes.
Georges Braque, Le Duo, 1937
Huile sur toile • 131 × 162,5 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Bridgeman Images © ADAGP, Paris 2020
Le Duo, 1937
Deux femmes se font face, séparées par le piano. La partition porte le titre de DEB, en référence au nom du compositeur Claude Debussy. La morphologie des personnages, au long cou, s’inspire des vases grecs de l’Antiquité. La couleur est revenue dans l’œuvre de Braque, qui s’est définitivement éloigné de Picasso. À cette époque, il réalise toute une série de toiles de grand format consacrées au thème de la femme.
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